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Publié par toutnestquelitresetratures

A ceux qui ne connaissent pas le montagnieu...
A ceux qui ne connaissent pas le montagnieu...
A ceux qui ne connaissent pas le montagnieu...
 
Voilà quelques jours, je citais sur ce blog un commentaire de l'ami regretté Bernard Frangin qui fût jadis rédacteur en chef Le Progrès de Lyon. Il était extrait de son ouvrage Bistrots de Lyon, histoires et légendes : "Pour se laver la bouche, à l'apéro, le montagnieu ne sera pas excommunié systématiquement". Quid donc de ce fameux montagnieu que de nombreux lecteurs ne semblent pas connaître ? Comme je comprends bien que ce vin se situe à un carrefour de savoirs, "un rond de sciences" comme disait joliment Du Bellay, faisons, comme le recommandait Guillaume Budé, oeuvre d'"érudition circulaire" en vous racontant tout ce que vous n'avez jamais su sur le montagnieu.
 
Le montagnieu est un vin français produit dans le nord du vignoble du Bugey, sur les communes de Montagnieu, de Seillonnaz et de Briord, dans le département de l'Ain. Il s'agit d'une des dénominations géographiques au sein des appellations bugey et roussette du Bugey, dont le nom peut compléter celle des appellations sous les formes « bugey Montagnieu » et « roussette du Bugey Montagnieu ».

Les vins du Bugey sont reconnus par l'INAO comme vins de qualité supérieure (VDQS) par l'arrêté du 11 juillet 1958, puis comme appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du 20 octobre 20094. La dénomination porte le nom de la principale commune de l'aire de dénomination : Montagnieu. Les vignes produisant le montagnieu se trouvent dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, plus précisément dans le département de l'Ain, à 30 kilomètres au sud-est d'Ambérieu-en-Bugey, sur la rive droite du Rhône.

Si la formation des pré-Alpes et l'ère glaciaire ont eu pour effet de créer un sol chaotique très hétérogène en Bugey, celui du montagnieu est produit sur des terrains argilo-calcaires lourds présentant beaucoup de cailloux. Dans certaines situations, la roche-mère affleure en surface, avec un calcaire d'argile blanche blanc jonché chargé d'ammonites et d'autres mollusques de mer fossilisés.

Le Haut-Bugey est constitué de plusieurs petites montagnes. Cette région, dont les précipitations moyennes sont de 1 000 mm/an, possède un climat aux influences océaniques, mais les amplitudes de température élevées sont influencées par le voisinage de climats continentaux. Les hivers sont marqués par l'influence montagnarde, un peu adoucis par les dernières influences océaniques venant buter sur les montagnes, apportant des précipitations importantes au pied des reliefs.

Pour avoir la dénomination géographique montagnieu, la récolte des raisins, la vinification, l'élaboration, l'élevage et le conditionnement des vins mousseux et pétillants doivent être assurés sur le territoire des communes de Briord, Montagnieu et Seillonnaz, dans le département de l'Ain.

Le coteau sur lequel est planté la vigne forme un versant exposé d'abord au sud-ouest, puis plein sud, essentiellement à la limite entre le village de Montagnieu et le hameau de Vérizieu (sur la commune de Briord). 1,75 hectare est planté pour faire du vin rouge, 8 hectares pour du vin blanc, 22,1 hectares le sont pour faire du mousseux ou du pétillant.

Pour le bugey Montagnieu rouge, le seul cépage est la mondeuse noire. Pour le bugey Montagnieu mousseux ou pétillants, les cépages principaux sont l'altesse, le chardonnay et la mondeuse (les trois doivent former ensemble ou séparément 70 % de l'encépagement), complétés accessoirement par un peu de gamay, de jacquère, de molette, et de pinot noir. Pour la roussette du Bugey Montagnieu, le cépage est l'altesse.
 
Le rendement en rouge est fixé à 53 hectolitres par hectare, avec un rendement butoir à 61 hectolitres par hectare. Les rendements en blanc sont de 53 et de 58 hectolitres par hectare, tandis que pour les mousseux et les pétillants les rendements sont bien supérieurs, respectivement 71 et 78 hectolitres par hectare.
 
La production moyenne est de 105 hectolitres de vin rouge, appelé « mondeuse de Montagnieu », de 1 530 hectolitres de vin mousseux ou pétillant, appelé « montagnieu méthode traditionnelle » et de 315 hectolitres de vin blanc, appelé « altesse de Montagnieu » ou « roussette du Bugey Montagnieu ».
 
Le raisin est mis entier dans la cuve où le jus va prendre la couleur de la peau du raisin, à une température de 15 °C : après trois jours, la couleur est rosée, après quinze jours elle est rouge. Durant cette période a lieu la première fermentation alcoolique, les levures transformant le sucre du jus en alcool. Tout de suite après le soutirage, une deuxième fermentation s’enclenche, les bactéries malolactiques transforment l’acide malique en acide lactique. Ceci se fait sur une durée d'un à deux mois. L’embouteillage a lieu en mai.

Pour les vins pétillants, le raisin est pressé le jour même de la vendange et le jus est mis en cuve pour la première fermentation (fermentation alcoolique) pendant quinze jours. Puis jusqu'en avril, le vin peut être soutiré pour le séparer de ses lies. En mai, le vin est embouteillé avec un ajout de levure et de sucre, ce qui permet une seconde fermentation en bouteille similaire à celle en cuve, dégageant du gaz carbonique (créant la mousse caractéristique). Les bouteilles sont alors remuées le col en bas, pour amasser le dépôt des levures mortes au bord du goulot. Après un élevage minimum de douze mois, a lieu le dégorgement, qui consiste à décapsuler la bouteille pour éjecter le dépôt, les pertes en liquide étant complété par une dose de sucre, selon le type de mousseux qu'on souhaite obtenir (brut, demi-sec, etc.). La bouteille est alors refermée avec un bouchon maintenu par un muselet.

Pour la vinification en blanc, comme pour le mousseux, le raisin est pressé le jour même de la vendange et le jus est mis en cuve pour la première fermentation (fermentation alcoolique) pendant quinze jours. Puis jusqu'en avril, le vin peut être soutiré pour le séparer de ses lies. En mai, le vin est embouteillé, mais sans levure ni sucre.

Les titres alcoométriques volumiques naturels minimum sont respectivement de 9,5 % vol. pour les rouges et de 9 % vol. pour les mousseux ou les pétillants. Les titres alcoométriques volumiques totaux sont de 12,5 % vol. pour les rouges et de 12 % vol. pour les mousseux ou les pétillants.
 
Le montagnieu rouge est tannique, il a besoin de quelques années de garde avant de s'adoucir. Le montagnieu mousseux a des goût variant selon l'encépagement ; en général le goût d'amande et de fruits blancs du chardonnay domine. La roussette de Montagnieu est plutôt sur les agrumes (pamplemousse), s'adoucissant en vieillissant (miel).
 
Le rouge ira avec du gibier, des civets, des viandes en sauce ou des fromages forts ; le mousseux conviendra à l'apéritif (on le retrouve donc parfois dans les bouchons lyonnais, comme le suggère Bernard Frangin) ; tandis que le blanc accompagnera les poissons et les fromages pas trop forts.
 
On notera deux vignerons au-dessus du lot :
 
- Maison Yves Duport - Le Lavoir - 01680 Groslée. Tél. : 04 74 39 74 33 ou 06 87 38 75 29.
- Domaine Duport et Dumas - Pont Bancet - 01680 Groslée. Tél. :04 74 39 75 19.
 
Large soif et bon appétit !
 
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