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Publié par toutnestquelitresetratures

Guide Michelin : des ventes qui plongent
Guide Michelin : des ventes qui plongent


En 1989, au moment des fêtes célébrant la Révolution de 1789, le Guide Michelin annonçait fièrement 600.000 exemplaires de vente. En 1996, 500.000 exemplaires. La situation s'est détériorée au fil du  temps jusqu'à atteindre un niveau estimé en 2017 à 51 639 exemplaires. Une chute vertigineuse.

Lorsque Jean-Luc Naret était le Directeur du Guide (il a démissionné en 2010), après les André Trichot, Bernard Naegelen et l'éphémère Derek Brown, il estimait les ventes à 380.000 exemplaires. Dans le même temps, pour "Livres Hebdo" le palmarès était beaucoup plus modeste à 139.000 exemplaires.

Un chiffre d'ailleurs plus réaliste, puisque les statistiques de vente publiées aujourd'hui par "Edistat" donnent 124.902 exemplaires pour 2005, 90.600 pour 2009, 54.672 pour 2013 et, comme nous l'avons indiqué en liminaire, 51.639 en 2017. 

Une plongée spectaculaire de 58,4 % en 12 ans qui est bien le signe d'une nette perte de vitesse des ventes. Bien sûr, la direction du Guide indiquera, qu'en revanche, le site Michelin affiche des visites à hauteur de 25 millions en 2014...

Dans le livre "A boire et à manger" (2006, Editions Labor/PAC), sous la direction de Roger Feuilly et Périco Légasse, Olivier Nanteau écrit un article intitulé "Michelin : chronique d'une mort annoncée".

Que raconte-t-il en guise de conclusion : "Les épisodes parfois tragi-comiques d'une plus vaste histoire, celle d'une France qui se relaxe, moins agitée du bocal dans la quête compulsive du meilleur, du plus beau, du plus cher. Signe de ce "nouvel hédonisme", on apprécie les ambiances plutôt que l'escalade amphigourique du luxe, on choisit d'être éclairé au lieu d'être ébloui. Les nouvelles technologie et leur usage croissant nous conduisent à redouter les jugements monolithiques d'un pavé annuel et parfois indigeste. Les comportements ont basculé avec le siècle, et l'idée même de se fier, pieds et poings liés, à un guide quel qu'il soit a trop déçu pour donner envie de recommencer. En gastronomie comme ailleurs ! Comme si les réseaux et la multiplicité des sources de confiance, auxquels chacun peut désormais s'alimenter, périmait d'emblée tout discours ex-cathedra."

Aujourd'hui, le Guide Michelin se médiatise tous les ans - en 2018, le 5 février - pour présenter, en grande pompe, les nouveaux promus au graal des tables étoilés. Mais il continuera d'oublier de nous informer sur ses méthodes de travail et d'attribution des fameuses étoiles, du nombre d'inspecteurs (on parle d'une quinzaine au plus pour 4.350 restaurants indiqués dans l'édition 2017) qui font le travail de visite, sans même parler des choix qu'il fait d'oublier nombre de tables qui mériteraient d'être cités. Tout comme de ne pas en promouvoir d'autres qui restent des années au pied du podium.

Mais le Guide Michelin, cette "bible" gastronomique, continue de faire recette... dans la presse écrite et audio-visuelle. Beaucoup moins chez les libraires. Bon appétit quand même et large soif !  

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