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Publié par toutnestquelitresetratures

Paul Bocuse : la mort de l'Empereur des gueules
Paul Bocuse : la mort de l'Empereur des gueules

La gastronomie française est en deuil, la France aussi. Le plus grand chef, consacré par le Guide Michelin trois étoiles depuis 1965, Paul Bocuse, est mort à l'âge de 91 ans.

L'Empereur des gueules est né le 22 février 1926 à Collonges-au-Mont-d'Or (Rhône) dans l'auberge de ses grands-parents alors réputée pour ses fritures.

A l'âge de 20 ans, l'influence de son père Georges est déterminante, lui qui a appris dans les plus grandes brigades de l'époque, de l'Hôtel de Paris à Monte-Carlo en passant par Fernand Point à Vienne, le Royal à Evian et l'Impérial à Menton. Il suivra donc ce que ses aïeux ont fait avant lui, restaurer les gens depuis 1765.

Au retour de la guerre, il travaille chez la Mère Brazier (trois étoiles) qui l'avait embauché parce qu'il était monté chez elle, au Col de la Luère, à vélo : "Si tu es monté à bicyclette, c'est que tu es bien courageux. Petit, je t'embauche".

En 1948, Fernand Point refuse à son père Georges d'embaucher son fils. Ce dernier parvient à ses fins deux ans plus tard, cachant son identité. Plus tard, il part pour Paris chez Lucas-Carton pour parfaire son apprentissage. C'est là qu'il rencontre Jean Troisgros et son frère Pierre avant de revenir chez Point pour trois ans.

C'est en 1957 qu'il s'installe définitivement à Collonges-au-Mont-d'Or. La première étoile arrive en 1958, la seconde en 1960 alors que l'année suivante il est sacré Meilleur Ouvrier de France (MOF) avant d'obtenir la troisième en 1965, devenant le plus jeune chef de l'après-guerre ainsi distingué, à 39 ans. Les plats pour lesquels il avait obtenu cette troisième étoile, c'était le loup en croûte, le bœuf mode et la volaille à la broche qui étaient à la carte, et ceux indiqués par Michelin dans l'édition de 1965 : terrine de grives aux baies de genièvre, mousse de truite à la Constant Guillot, carré d'agneau à la broche aux herbes de Provence.

Lors de la remise au Palais de l'Elysée de sa légion d'honneur par Valéry Giscard d'Estaing, il créera un plat mythique qui fera le tour du monde, la soupe aux truffes VGE. Depuis, il n'a cessé d'être présent dans son restaurant de Collonges-au-Mont-d'Or, même s'il était sollicité dans le monde entier. Son œuvre est aujourd'hui perpétuée sur le plan patrimonial avec des plats de toujours, de ceux qui sont éternels, le restaurant va continuer, et Le Bocuse d'Or, concours de cuisine, aussi.

L'Empereur des Gueules est mort, vive Monsieur Paul, lui qu'un journaliste baptisa joliment "le braconnier de la gloire". Hommage. Bon appétit et large soif ! 

 

 

Paul Bocuse : la mort de l'Empereur des gueules
Paul Bocuse : la mort de l'Empereur des gueules
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