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Publié par toutnestquelitresetratures

Hommage à un ami rabelaisien
Hommage à un ami rabelaisien
Il nous a quittés hier. Je suis dans la tristesse. Ces quelques mots à son endroit : je suis sûr qu'il m'écoute. Voilà.
 
François Rabelais : l’homme présentait un langage truculent, un symbolisme évident et, surtout, une manière de vivre qui reste dans l’esprit de notre temps. Soyons aujourd’hui les thélémites du temps présent, de ceux dont il nous disait dans le Cinquième Livre, avec un ultime message délivré dans "L'Oracle de la Dive Bouteille" chère à l'Abbaye de Thélème - une communauté laïque qui est le contre-pied de l'institution monacale - que, « grâce à leur liberté, ils entrèrent en louable émulation de faire tout ce qu’ils voyaient plaire à un seul ».

Ainsi, si l’un disait «Buvons ! Tous buvaient !». Bien entendu, il s’agissait de boire à la source de la connaissance et du savoir. Alors, pour illustrer ce bon mot, faisons comme Rabelais, lui qui priaient les bigots, les hypocrites, les vieux matagots, les juristes insatiables, les juges d’officialité, les scribes et les pharisiens, les grippeminauds, les avaleurs de brouillard et autres courbés et camards de ne point entrer dans sa fameuse Abbaye de Thélème.
 
Dans Gargantua, il soulignait que c’était pour lui un honneur et une gloire que d’avoir une réputation de bon vivant et de joyeux compagnon. Rabelais était à la fois prêtre et chirurgien, humaniste et bambocheur. Il écrivait pour le peuple et les savants, pour les plus vilains et les plus gentilhommes, pour les humanistes austères et les amateurs frivoles d’histoire de haute graisse.
 
Autour de la bonne chère et du bon vin, nous participons tous de cet esprit car, vous le savez bien, la table arrondit la conversation. Elle est prétexte à célébration joyeuse plutôt qu’à la désolation que nous suggèrent ceux qui prêchent le sérieux dans la traversée d’une vallée de larmes.
 
Contre ceux, et ils sont nombreux, qui confondent efficacité et frénésie, nous proposons donc ensemble un vaccin : jouir sûrement, lentement, pleinement et sans excès (voire) des plaisirs de vivre. Alors faisons-le selon les bonnes règles de François Rabelais avec la triple acclamation : « Buvons, buvons, buvons ! ».
 
Hommage à un ami et à un frère qui vient de nous quitter, Jean-Claude D., et qui, là où il est désormais, va entretenir la fraternité autour de la table et du vin. Bon appétit donc et large soif !
Jean-Claude D., en juillet dernier, à l'Opéra Garnier de Paris.
Jean-Claude D., en juillet dernier, à l'Opéra Garnier de Paris.

Jean-Claude D., en juillet dernier, à l'Opéra Garnier de Paris.

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