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Publié par toutnestquelitresetratures

Belgique : une institution en faillite, Aux Armes (de Bruxelles) citoyens !
Belgique : une institution en faillite, Aux Armes (de Bruxelles) citoyens !
Belgique : une institution en faillite, Aux Armes (de Bruxelles) citoyens !

Proche de la Grand-Place, une institution historique de la capitale belge, "Aux Armes de Bruxelles", vient d'être déclarée en faillite. Elle a longtemps été familiale, tenue jusque voilà quelques années par les Veulemans. Reprise dans un premier temps par le groupe Flo, elle a ensuite été dirigée par les frères Beyaz, propriétaires d'une douzaine de restaurants à Bruxelles. C'est leur groupe qui a été mis en faillite et qui clot ainsi une histoire centenaire.
 
C’est au début du siècle que commence l’histoire de la famille Veulemans à Bruxelles. En 1902, Calixte Veulemans âgé de 14 ans, débarque de son petit village du Limbourg, Hoeleden. Arrivé dans la capitale, il travaille comme « garçon » dans plusieurs « cafés chantants ». Il est ensuite engagé comme commis à la Friture Henri, 1 Rue Rempart des Moines qu’il reprend quelques années plus tard et renomme Friture Henri « Chez Calixte ». Très vite, il apprend toutes les ficelles du métier, au niveau de la salle et de la cuisine. Sympathique, souriant, débonnaire, il crée rapidement autour de lui un réseau d’amis et de relations.

Au mois de juillet 1921, ce jeune homme audacieux mais courageux rachète le n°13 de la Rue des Bouchers, un établissement qui porte déjà le nom « Aux Armes de Bruxelles ». Cette taverne de quartier accueillait les cochers d’un ancien relais de poste situé rue de la Fourche, d’où son nom résonnant aux armoiries de la Capitale. Calixte, laborieux en diable, en fait rapidement un restaurant haut de gamme. A cette époque, les moules sont transportées par péniche sur le canal. Elles n’arrivent pas au quotidien. Calixte résout ce problème en passant un accord avec un Hollandais de Yerseke et fait venir des moules chaque jour par camion.
 
Il invente en 1921 la manière de servir les moules à tables en casserole individuelle. Cette habitude deviendra un des symboles truculents de la Belgique. Le génie créatif et commercial de Calixte ne s’émousse pas. Il crée également « les moules à l’escargot », une appellation purement belge qui désigne un plat de moules cuites au four avec un beurre à l’ail.
 
 
Belgique : une institution en faillite, Aux Armes (de Bruxelles) citoyens !
Belgique : une institution en faillite, Aux Armes (de Bruxelles) citoyens !
Calixte Veulemans aime faire son " petit tour " et se rend régulièrement à la taverne " L’Opéra " située à côté du théâtre de la Monnaie. C'est là qu'il rencontre, en 1933, Anne-Marie Moreau, âgée alors de 18 ans. Il l'engage comme aide-caissière pour les Armes. Très vite, la jeune fille prend le " virus " des Armes et s'intéresse activement aux affaires.
 
1940, la guerre et les Allemands débarquent. Les timbres de rationnement, les contrôles permanents de l'occupant, les difficultés d'approvisionnement font le quotidien de ce couple de restaurateurs. Chacun d'eux multiplie des trésors d'ingéniosité pour tenter de trouver un tant soit peu de marchandises afin de satisfaire le client.
 
Dans cette ambiance difficile, en 1941, Calixte Veulemans épouse Anne-Marie Moreau. De cette union naît, un an plus tard, leur premier enfant, Calixte Junior. Après la guerre, la famille Veulemans s'agrandira de 3 unités complémentaires, Jacques, Gaëtan, et Chantal.
Les 4 enfants s'imprègneront naturellement de l'atmosphère des Armes de Bruxelles et de l'esprit d'entreprise de leurs parents. Tous, ils travailleront dans ce restaurant traditionnel qui, au fil des années, va conquérir le coeur et les palais des familles bruxelloises.
 
Haut lieu de la restauration, Aux Armes de Bruxelles recevra de nombreuses personnalités qui lui sont souvent restées fidèles au fil du temps. Le roi Léopold III venait y déguster, une fois par mois, sa sole meunière et son plat de moules, en compagnie de son aide de camp. Les artistes de passage dans la capitale belge ont toujours aimé venir Aux Armes de Bruxelles. Jacques Brel, Pierre Brasseur, Fernandel, Michèle Morgan, Danielle Darrieux, Michel Simon, Toots Thielemans, Charles Aznavour, Paul Bocuse, Jean-Jacques Debout, Gérard Depardieu, Philippe Geluck, Nana Mouskouri, Line Renaud, Charles Trenet, Jean-Pierre Xiradakis, Johnny Halliday…
 
Aux Armes un jour, Aux Armes toujours
 
La réputation du restaurant ne s'est pas faite en un jour. A plusieurs reprises, les Veulemans n'ont pas hésité à le mettre " en chantier " pour mieux l'embellir et l'étendre.
 
En 1927, Calixte Veulemans achète une maison dans la Petite Rue des Bouchers. Les Armes de Bruxelles s'agrandissent et subissent une première cure de rajeunissement. Des travaux de transformation sont à nouveau mis en oeuvre en 1934. Les murs, très anciens, nécessitent bientôt un renforcement, entrepris entre 1947 et 1949.
 
En 1953, les époux Veulemans achètent le coin de la Petite Rue des Bouchers, qui, en ce temps-là, était un café. Ils transforment la salle en la décorant de lambris de chêne et conservent les vitraux antiques. Un style est né, qui rencontrera un succès fou dès l'ouverture.
 
 Anne-Marie Veulemans, comme son mari, a le goût des affaires. Toujours en 1953, elle " réquisitionne " la vitrine pour installer un traiteur. La fraîcheur des produits séduit une nombreuse clientèle. La même année, une nouvelle salle est ouverte à l'étage.
 
1963 voit se dérouler un véritable événement : le rachat de la Rose Noire, 30 Petite Rue des Bouchers, temple du jazz à l'époque. Les plus grands jazzmen y ont débuté et joué. De nouvelles transformations sont effectuées en 1964, pour l'aménagement des nouvelles cuisines et du nouveau traiteur, dans la Petite Rue des Bouchers. A l'époque, on sert à domicile 3.000 couverts en service-traiteur pour les 2 réveillons de Noël et Nouvel An.
 
En 1972, le quartier ayant pris une dimension piétonnière, le traiteur diminue d'intensité. On transforme, en juillet 1975, la pièce du traiteur Petite Rue des Bouchers en salle de restaurant, qui, comme les autres salles, fonctionne directement à plein rendement.
 
Voyage en Thalys
 
Voilà ce que j'en écrivais en juin 2012, ici même sur ce blog : "Au petit matin, vous prenez le Thalys jusqu’à Bruxelles, ça ne dure qu’une heure vingt minutes et vous voilà déjà sur le pavé de la ville. Et là, tout près de la Grand-Place, depuis 1921, une institution bruxelloise prend toute sa place au cœur de l’Îlot Sacré. Familiale dès l’origine, tenue par les Veulemans, elle a certes changé de mains (NDLR - Le groupe Flo venait de la reprendre), mais pas pour autant d’âme. Les huîtres, le waterzoï, l’anguille au vert, les moules–frites évidemment, mais aussi celles à l’escargot, spécialité de la maison, les croquettes aux crevettes grises de la Mer du Nord, la cervelle de veau meunière, le turbot sauvage grillé, la carbonade à la Gueuze, le filet américain (tartare en français) et bien d’autres plats emblématiques de la culture gourmande belge figurent en bonne place. L’ambiance est haute en couleurs, le service formidable et, en sus, vous avez là le Tout-Bruxelles, le très populaire bourgmestre de la ville en tête, Monsieur Freddy Thielemans, lui qui a obtenu le plus haut score jamais réalisé par un candidat aux élections municipales depuis la seconde guerre mondiale."

Aux Armes de Bruxelles, voilà c'était au 13, rue des Bouchers à Bruxelles. Aujourd'hui, une quarantaine de salariés sont hélas sur le carreau.
Belgique : une institution en faillite, Aux Armes (de Bruxelles) citoyens !
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