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Publié par toutnestquelitresetratures

Michelin : le 8 mars 1900, naissance du Guide et, aujourd'hui, journée de la femme qui en est quasiment absente
Michelin : le 8 mars 1900, naissance du Guide et, aujourd'hui, journée de la femme qui en est quasiment absente

André Michelin, ingénieur des Arts et Manufactures, après un stage au service des cartes du ministère de l’Intérieur, s’est lancé dans l’industrie du pneu. Pour soutenir sa marque, il a imaginé un petit guide qui porte son nom et qui paraîtra le 8 mars 1900. Et il écrit dans sa préface : « Cet ouvrage parait avec le siècle " (NDLR – Une totale inexactitude, puisque l’année 1900 est la dernière du XIXe siècle, le 1er janvier 1901, lui, ouvrant le XXe siècle). Il ajoute : « Il durera autant que lui", ce qui, heureusement pour lui, ne fût pas le cas, puisque son millésime 2018 est sa 108e édition. Une édition qui oublie quasiment de promouvoir les femmes en cuisine comme on le constatera avec une liste des femmes cuisinières oubliées à la fin de cet article.
 
L’automobilisme vient de naître. Il se développera chaque année et le pneu avec lui, car le pneu est l’organe essentiel sans lequel l’automobile ne peut rouler. A l’époque, cette idée pouvait paraître ambitieuse, puisqu’il n’y avait que 3.000 automobiles qui circulaient en France. Les faits lui ont néanmoins donné raison, peut-être même bien au-delà de ses espérances. La formule de ce Guide Michelin - tirée à 35.000 exemplaires - consiste alors à donner le maximum de renseignements dans le minimum d’espace possible, et ce sous la forme la plus claire.
 
Au début, on y trouve des épiciers, puisque c’est chez eux que l’on peut acheter de l’essence ; des mécaniciens pour réparer, et aussi, des hôtels et des restaurants. Les étoiles ne sont attribuées qu’aux hôtels, de une à trois, et elles ne sont pas la marque d’appréciation gastronomique de la table, mais d’une échelle de prix. Ce n’est que plus tard, en 1926, qu'apparaît "l'étoile de bonne table" alors qu'en 1931, ce sont les trois niveaux d’étoiles qui voient le jour pour la Province, puis pour Paris en 1933. En 1946, au lendemain de la guerre, c’est l’apparition de l’étoile blanche évidée (souvent appelée macaron) qui est toujours utilisée aujourd'hui.
 
Les indications de l'époque (qui datent, elles, de 1936), « Cuisine remarquable, cette table vaut le voyage » (3 étoiles), « Cuisine excellente, cette table mérite le détour » (2) et « Une très bonne table dans sa catégorie » (1), sont remplacées par  : "Une cuisine unique. Vaut le voyage !" (3 étoiles), "Une cuisine d'exception. Vaut le détour !" (2) et "Une cuisine d'une grande finesse. Vaut l'étape !" (1). Et cette formule est quasiment inchangée depuis, le guide Michelin introduisant simplement son « Bib Gourmand » en 2007, en rapport avec la qualité et le prix pour une cuisine qui, en Province, est le plus souvent de type régional. Et, depuis 2016, "L'Assiette" indiquant "Une cuisine de qualité".
 
En revanche, ce qui n'a guère changé, c'est l'absence des femmes cuisinières parmi les tables étoilées dans le Guide Michelin, si l'on excepte la Mère Brazier en 1933 au Col de la Luère et Anne-Sophie Pic aujourd'hui à Valence, toutes les deux 3 étoiles. 
 
Voici donc une petite liste non exhaustive des cuisinières parisiennes que le Michelin oublie :
 
Manon Fleury - Le Mermoz (8e)
Léa Fleuriot - Le Cadoret (19e)
Bérangère Boucher - Noanikai (12e)
Justine Pilaso - Le Cappiello ( 15e)
Julie Caute - Dame Jane (20e)
Dina et Maria Nikolara - Evi Evane Mézès (6e)
Graziella Buontempo - Da Graziella (10e)
Delphine Plisson - Maison Plisson (3e)
 
Bon appétit et large soif !
Michelin : le 8 mars 1900, naissance du Guide et, aujourd'hui, journée de la femme qui en est quasiment absente
Michelin : le 8 mars 1900, naissance du Guide et, aujourd'hui, journée de la femme qui en est quasiment absente
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