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Publié par toutnestquelitresetratures

La Brousse du Rove devient la 46ème AOC fromagère
La Brousse du Rove devient la 46ème AOC fromagère

 

Le décret confirmant l'inscription à l'AOC de la Brousse du Rove a été publié au Journal Officiel de la République Française le 8 juin . C'est désormais la 46ème AOC fromagère.

C'est à l'issue d'un combat de vingt ans mené par André Gouiran, un éleveur emblématique de la race que l'AOC a été attribuée.

Il faut dire que le contenu exemplaire du cahier des charges proposé a été pour beaucoup dans la décision. Le rôle des élevages caprins dans ce secteur - avec une dizaine d'éleveurs seulement - notamment en termes d’entretien des territoires et de prévention des incendies a aussi joué un grand rôle.

Cette nouvelle vient donc couronner le fruit d’un travail démarré sous l’impulsion d’André Gouiran, chevrier du Rove, qui avait créé au début des années 2000 sous l'impulsion du mouvement international Slow Food, l'Association de défense des caprins du Rove*.

A cette époque, la chèvre du Rove est la seule race mixte française. Elle se signale par de magnifiques cornes torsadées. Elle n'est pas adaptée à la stabulation. Le lait de la chèvre du Rove est réputée le meilleur pour faire la brousse du même nom. Il est chauffé jusqu'à 82-85°, puis retiré du feu. On y ajoute du vinaigre blanc dilué à 1/5ème et on tourne avec une écumoire jusqu'à ce que la brousse prenne et remonte à la surface. Elle est alors récupérée avec une écumoire et moulée en faisselle qu'on laisse égoutter.

Les faisselles sont longues et coniques. Les bergers qui descendaient à Marseille pour vendre leur brousse étaient des personnages du folklore local. Le goût de la brousse est très fin, celui du lait et des herbes que mangent les chèvres. La brousse se consomme dans la semaine de production, soit avec du sucre, du miel ou un coulis de framboise, soit de l'huile d'olive, du poivre et du sel.

Du fait de la faible productivité de la véritable brousse pur chèvre du Rove, elle était concurrencée par des imitations à base de lait de chèvre d'autres races, de lait de vache, voir même de lait en poudre.

A l'époque, seuls quatre producteurs s'attachaient à maintenir la tradition. Classée dans les "races à faible effectif", elle comptait moins de 5.000 femelles. Sa sauvegarde dépendait de la reconnaissance qu'obtiendraient les produits qui en seraient issus. C'est aujourd'hui chose faite avec l'obtention de l'AOC.

Il a fallu définir une aire géographique (compris dans les départements des Bouches du Rhône, du sud du Vaucluse à l’Ouest du Var), établir un cahier des charges très strict (lait cru, race du Rove uniquement, alimentation en pâturage, aucune alimentation à base d’OGM, etc).

Tout cela a pris du temps : la première demande pour l'AOC a été faite en 2007. Les contraintes ont été nombreuses, et il a fallu beaucoup de détermination de la part des éleveurs pour ne pas se décourager.

Car il faut garder à l’esprit le caractère tout à fait exceptionnel de l’AOC Brousse du Rove, la plus petite de France et seulement la 46ème dénomination d’origine de fromage. Elle est la 15ème AOC au lait de chèvre, la 4ème AOC dans la région méditerranée et la seule AOC dans les Bouches-du-Rhône.

L’obtention de l'AOC Brousse du Rove est une nouvelle exceptionnelle pour le patrimoine local, pour le village du Rove ainsi que pour toutes les communes concernées. Elle est un gage de qualité supplémentaire et une formidable reconnaissance pour les familles d’éleveurs.

Au Rove, elle a un écho particulier, car elle renvoie à des siècles d’histoire, à des centaines de familles de bergers, à tous ces hommes et ces femmes qui ont perpétué cette tradition ancestrale. Elle renvoie à une multitude de récits, d’anecdotes, de souvenirs pour beaucoup de rovenains.

Le village du Rove est le berceau de la race caprine du Rove. Au fil des siècles, la chèvre s’est façonnée dans ses collines y puisant son caractère et sa rusticité. C’est la seule race à avoir pris le nom de son terroir. Le passé pastoral du Rove est riche et a connu son apogée au début du XXème siècle où près de 4.000 chèvres étaient recensées pour 400 habitants. Il a fallu la persévérance du maire, Georges Rosso, pour permettre la réintroduction des caprins dans le massif. Aujourd'hui, à la Bergerie de la Varune d'André Gouiran, ce sont notamment plus de 400 chèvres du Rove qui sont installées en plein cœur du massif. 

La famille Gouiran (André, Marie-Ange, Frank, Miryan et Marc) continue la voie tracée par leurs ancêtres avec l'élevage de caprins du Rove et surtout la fabrication de la Brousse du Rove et des fromageons pur chèvre, dans le pur respect de la tradition locale et du consommateur. 

Ainsi, depuis la mi-janvier, plusieurs centaines de cabris sont nés dans l'exploitation de la famille Gouiran, à la Bergerie de la Varune. Ces naissances marquent le début de la saison des brousses du Rove et des fromageons qui va durer jusqu'à mois d'octobre prochain. Bon appétit et large soif !

Bergerie de la Varune, Famille Gouiran. Vente à la fromagerie au 17, rue Adrien Isnardon (13740 Le Rove). Tél. : 04.91.09.92.33. Tous les jours de 8 h à 12 h et de 17 h à 19 h 30.

* Association de défense des caprins du Rove, même adresse et même téléphone.

 

La Brousse du Rove devient la 46ème AOC fromagère
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