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Publié par toutnestquelitresetratures

The World’s 50 Best Restaurants 2018, 5 chefs français, 3 cuisinières seulement dans les cinquante premiers : la farce continue !
The World’s 50 Best Restaurants 2018, 5 chefs français, 3 cuisinières seulement dans les cinquante premiers : la farce continue !

C'est sûrement inutile de polémiquer à propos de ce The Worlds 50 Best Restaurants qui, cette année, a désigné voilà trois jours à Bilbao le meilleur restaurant du monde. C'est celui du chef italien Massimo Bottura à "L'Osteria Francescana" à Modène en Italie (déjà 1er en 2016), prenant ainsi la place de Daniel Humm de "Eleven Madison Park" à New-York aux Etats-Unis , rétrogradé à la 4ème place, offrant ainsi un véritable jeux de chaises musicales.

A la 2ème place en effet se trouvent les frères Roca de "El Celler de Can" à Gérone en Espagne, qui avait déjà été 1er en 2013.

D’autres ont polémiqué avant moi, d’autres le feront après. François Simon, sur son blog, écrivait jadis : « on rejoue la farce ce soir… ». Mon ami chroniqueur du vin – et qui sait aussi se tenir à table -, Michel Smith, lui, avait été plus cru avec un retentissant, « un classement à la con ! ». Je partage leurs avis et j’enfonce le couteau là où le bât blesse. L’argent et ses enjeux financiers notoires ! Qui est à la manœuvre de cette opération de la revue britannique « Restaurant » : le groupe Nestlé, via plusieurs de ses produits, notamment l’eau minérale San Pellegrino (d'ailleurs boycottée par Edouard Loubet en sa "Bastide de Capelongue", 2 étoiles Michelin à Bonnieux dans le Vaucluse).

Le classement est établi par un groupe de chefs, de journalistes et de chroniqueurs gastronomiques qui ne sont pas moins d'un bon millier et dont on nous annonce qu'ils sont des "experts indépendants". Indépendant de qui et de quoi, aurait dit le Général de Gaulle !

Qui pourra nous faire croire que ces personnes ont mangé dans tous les établissements de ce classement ? Qui, surtout, pourra nous faire croire qu’ils peuvent – pour ceux qui y sont allés -, ce ne serait qu'apporter une preuve de paiement de l'addition ? Rien n’est en effet moins sûr !

A tel point que – comme s’il n’y en avait déjà pas assez – apparaît aujourd’hui un nouveau classement, "La Liste" qui se veut un concurrent direct du 50 Best Restaurants, qui a décerné son palmarès 2018 en décembre de l'an dernier (et été largement parrainée par Emmanuel Macron). Dans son Top 1000 mondial, c'est le Français Guy Savoy (Paris) qui arrivait 1er avec un score de 99,75/100 et deux  autres chefs français figuraient dans les 10 premiers, Alain Ducasse (Paris) et Arnaud Donckele (Saint-Tropez). Dans les 50 premiers, ce sont au total 17 cuisiniers français qui sont dans ce classement.

Autre nouveau classement à venir, les "World Restaurant Awards", le petit dernier qui ambitionne de rivaliser par le 50 Best. D'ailleurs, ce sont deux anciens du précédent, Andrea Petrini (ancien président France du 50 Best) et Joe Warwick, un des fondateurs du 50 Best en 2002, qui sont à sa tête. Le première cérémonie de remise des prix, une sorte d'"Oscars de la gastronomie" se déroulera en février 2019.

Si la France est représentée bien sûr avec cinq restaurants dans le top 50 du Best (c'est moins bien que l'Espagne qui en compte sept, et six autres de la 51ème à 100ème place contre seulement un pour la France) -, elle figure désormais dans le top 10.

Le premier restaurant français arrive ainsi à 3ème place, c’est le "Mirazur" de Mauro Colagreco à Menton (il a 2 étoiles au Michelin). Viennent ensuite "L'Arpège" d'Alain Passard (8ème), le "Plaza-Athénée" d'Alain Ducasse (21ème), "Ledoyen" de Yannick Alleno (29ème) et "Septime" de Bertrand Grebaut (40ème), tous les quatre à Paris.

On notera avec stupéfaction qu'il n'y a que trois cuisinières qui figurent dans le 50 Top du Best : l'Américaine Daniela Soto- Fuenca (25ème), l'Espagnole Elena Arzak (31ème) et la Thaïe Pin Techainamvivit (49ème). Même Clare Smyth du "Core" à Londres, qui avait pourtant été désignée Meilleure femme chef du monde par ce même classement en avril dernier, n'y figure pas. Tout comme du reste Nadia Santini, trois étoiles Michelin au  "Dal Pescatore" à Canneto-sull'Oglio en Italie, qui avait aussi reçu lce prix en 2013.

Je m'interroge aussi sur les 28 trois étoiles Michelin de 2018. En effet, 24 d'entre eux n'apparaissent pas dans le classement de la 1ème à la 100ème place. Parmi ceux-là, Anne-Sophie Pic qui avait aussi été désignée Meilleure chef de l'année par le 50 Best en 2012.

Enfin, pour compléter l'information sur les autres distinctions du 50 Best, sachez que le pâtissier Cédric Grolet, le chef-pâtissier du "Meurice" d'Alain Ducasse (2 étoiles Michelin), a été élu Meilleur pâtissier du monde et que "Azurmendi" à Larrabetzu en Espagne (43ème du 50 Best) a reçu le prix du développement durable (il l'avait déjà reçu en 2014) pour les 800 arbres qu'il a plantés autour de son restaurant.

Alors que nous finalement a réservé la publication du 50 Best ? Pas grand chose, la France est cantonnée, compte tenu de son patrimoine gastronomique, à la portion congrue. Les cuisinières, elles, continuent, avec une rare injustice, d'être ignorées.

Vous passerez donc votre chemin pour le 50 Best. En revanche, vous aurez  bon appétit et large soif là où la table arrondit la conversation, aiguise la gourmandise et entretient la bonne cuisine, la seule qui vaille.

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