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Publié par toutnestquelitresetratures

Guide Michelin France 2019 : 2 nouvelles tables à 3 étoiles et 5 à 2 étoiles, encore un palmarès un brin décevant !

 

Le verdict est tombé. Ce sera une petite promotion pour les 3 et 2 étoiles Michelin 2019.

A 3 étoiles, Mauro Colagreco au Mirazur à Menton (Alpes-Maritimes), ce qui est quand même une surprise, et Laurent Petit au Clos des Sens. Il n’y a désormais plus que 27 trois étoiles en France contre 28 l’an dernier. En effet, trois chefs ont perdu la troisième étoile, Marc Veyrat à La Maison des Bois à Manigod (Haute-Savoie) alors qu’il l’avait obtenue en 2018, Marc Haeberlin à L’Auberge de l’Ill à Illhaeusern (Bas-Rhin) et Pascal Barbot à L’Astrance à Paris 16e.

On notera que en regard de ceux qui étaient en droit d'attendre le graal de la troisième étoile, la région Bretagne continue d'être orpheline alors qu'Alexandre Couillon à La Marine à Noirmoutier l'aurait méritée, que Jean-François Piège l'attend depuis des lustres, même s'il est contesté par beaucoup d'observateurs, que Paris n'a plus connu de nouvelle troisième étoile depuis 2009 et que l'Alsace et la Lorraine n'ont plus de tables triplement étoilées.

Il y aura, pour les deux étoiles, de manière inattendue, Hugo Roellinger, le fils d’Olivier Roellinger, à Cancale (Ille-et-Vilaine), et plutôt annoncés, Christophe Hay dans La Maison d’à Côté à Montivaulty (Loir-et-Cher), Stéphanie Le Quellec à La Scène de l’Hôtel Prince de Galles dans le 8e à Paris, David Toutain (enfin) à Paris 7e, et Alexandre Mazzia à Marseille (Bouches-du-Rhône).

En revanche, le Guide Michelin a fait très fort – d’aucuns diraient qu’il « déconne » - avec la promotion à 2 étoiles de Sébastien Bras à Laguiole (Aveyron) qui avait pourtant demandé l’an passé de ne plus y figurer. D’ailleurs, dans un communiqué à l’Agence France Presse (AFP), il dénonce cette nouvelle situation :

« Le 20 septembre 2017, nous avons demandé au guide Michelin à ne plus paraître dans leurs éditions, et ce, dès 2018. Notre requête a été acceptée puis effective. Aussi, nous avons appris avec étonnement que nous réapparaissons dans le guide 2019 (avec 2 étoiles). Cette décision contradictoire nous laisse dubitatifs, même si, de toute façon, nous ne nous sentons plus concernés, ni par les étoiles, ni par les stratégies du guide. J’ai exprimé ma position l’an passé et suis toujours dans le même état d’esprit, avec encore et toujours la confiance de nos clients. »

Par ailleurs, le prix Michelin du service et de l’accueil en salle a été attribué à Sarah Benhamed au Crocodile à Strasbourg qui, ici, a pris de façon remarquable la succession de la grande Monique Jung qui a longtemps été la maîtresse d'œuvre du service de cette belle maison. Celui de la gastronomie durable à Christopher Coutanceau à La Rochelle (Charente-Maritime), alors que ce dernier espérait la troisième étoile. Quant à celui de la sommellerie, il est attribué à Albert Malongo Ngimbi de La Table Saint-Crescent à Narbonne (Aude).

Que bilan faut-il tirer de cette 110ème édition du Guide Michelin ? « Le révolutionnaire en costard » Gwendal Poullennec, comme le site Atabula nomme le nouveau Directeur international des Guides Michelin, n’a quand même pas pris trop de risques. Mais a-t-il imprimé sa marque à 100 % pour ce millésime 2019 ? Ce n’est pas certain. Donc, pour l'heure, un palmarès un brin décevant. 

La gastronomie française est-elle ici honorée, en pleine ascension ? Onze restaurants de plus dans cette édition annuelle seulement – 632 contre 621 -, un trois étoiles de moins, cinq restaurants à deux étoiles promus contre cinq rétrogradés. Le bilan est maigre, même si 68 tables ont obtenu leur première étoile – parmi lesquelles on note la présence d’endroits valorisés voilà déjà longtemps par le Fooding, dont il faut rappeler qu’il est désormais dans le giron du Michelin - alors que 57 l’ont perdue.

Et quid, de la part – toujours congrue – accordée aux cheffes ? Cette année, une dizaine a été promue à une étoile (parmi lesquelles Nolwenn Corre à Plougonvelin et Virginie Giboire à Rennes en Bretagne, Amélie Darvas chez Änonem à Vailhan dans l’Hérault, Julia Sedefdjian chez Baïeta à Paris 5e et Noëlle d’Hainault à Pontoise dans le Val d’Oise) et une à deux étoiles (Stéphanie Le Quellec à La Scène au Prince de Galles à Paris). Mais bien d’autres sont encore oubliées, telles Beatriz Gonzalez chez Neva à Paris 8e et les sœurs Katia et Tatiana Levha au Servan à Paris 11e.

Mais, pour l’instant, Gwendal Poullennec – qui a été nommé en septembre 2018 – se place comme une nouvelle tête bien faite qui pourrait bien faire son chemin à la tête de l’institution. Gageons que sa marque sera plus prégnante sur l’édition 2020, avec laquelle il pourrait remettre encore plus de pendules à l’heure et dépoussiérer le Guide des scories qui restent à nettoyer. Faute de quoi, le "grand bond en avant" claironné depuis des semaines resterait lettre morte.

A suivre, le palmarès complet des tables nouvellement étoilées. Bon appétit et large soif !

Guide Michelin France 2019 : 2 nouvelles tables à 3 étoiles et 5 à 2 étoiles, encore un palmarès un brin décevant !
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