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Publié par toutnestquelitresetratures

Boycott des hôtels Plaza-Athénée et Meurice par George Clooney, quoi de neuf ce mercredi ?
Boycott des hôtels Plaza-Athénée et Meurice par George Clooney, quoi de neuf ce mercredi ?Boycott des hôtels Plaza-Athénée et Meurice par George Clooney, quoi de neuf ce mercredi ?

 

Chaque semaine, je vous donne des nouvelles de l’univers de la gastronomie et du vin. Ce mercredi donc, essentiellement sur l’affaire du boycott initié par Georges Clooney des hôtels du Sultan de Brunei à travers le monde et la position d’Alain Ducasse, chef de ses deux hôtels en France. Et aussi, l'introduction de la quatrième étoile Michelin...

 

Le monde découvre depuis quelques jours l’appel de l’acteur Georges Clooney qui demande de boycotter les hôtels du Sultan de Brunei à travers le monde, dont en France ceux des hôtels Plaza-Athénée et Meurice, dont la direction des cuisines est assurée par Alain Ducasse, trois étoiles Michelin dans le premier, et deux étoiles dans le second.

 

La liste des hôtels a été révélée :

Hormis le Plaza-Athénée et le Meurice à Paris, il y a le Dorchester et 45 Park Lane à Londres, le Coworth Park à Ascot, le Beverly Hills Hôtel à Beverly Hills, l’Hôtel Bel-Air à Los Angeles, l’Hôtel Eden à Rome et l’Hôtel Principe di Savoia à Milan.

 

En vérité, l’affaire n’est guère nouvelle. Déjà, en juin 2014, j’avais interrogé Alain Ducasse sur un appel à boycott des deux hôtels en question via ce blog. Voir le lien :

http://toutnestquelitresetratures.over-blog.com/search/boycott%20plaza%20athenee/

Cette interpellation n’avait eu aucune suite. Nous pouvions nous en étonner. Qu’en est-il aujourd’hui, près de cinq ans après ? A Brunei, la situation n’a guère évoluée dans le bon sens, voire même s’est dégradée par l’application effective de la charia.

Parce que depuis le 3 avril, le sultanat de Brunei va commencer à lapider et à fouetter à mort n’importe lequel de ses citoyens convaincus d’être adultère et homosexuel. Pour ceux convaincus d’apostasie, blasphème ou vol, ce sera l’amputation d’une main ou d’un pied.

C’est la raison de l’appel au boycott de George Clooney, aujourd’hui relayé dans ce combat par Elton John, ainsi que Michelle Bachelet, Haute-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU ainsi que par le Quai d’Orsay, via sa porte-parole Agnès von der Mühll. Déjà, en 2014, le mouvement lancé aux Etats-Unis s’honorait de la signature de stars de la presse et de la télévision comme les présentateurs Jay Leno et Ellle DeGeneres, d’Anna Wintour, la diva de la mode, du Commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, du comédien britannique Stephen Fry, et même de François-Henri Pinault, propriétaire du groupe de luxe Kering et président de la fondation « Kering for Women », qui a vocation de combattre les violences faites aux femmes. En Belgique, le quotidien Le Soir lance un appel au sultan de Brunei pour que cesse ces atteintes aux droits de l'homme : parmi les signataires Elisabeth Badinter, philosophe, Robert Badinter qui fît adopter l'abolition de la peine de mort, Marek Halter, écrivain, Pierre-Andrée Taguieff, philosophe, Elisabeth Roudinnesco, historienne de la psychanalyse, Eric-Emmanuel Schmitt, écrivain, Daniel Mesguich, acteur et metteur en scène, Daniel Salvatore Schiffer, son initiateur, philosophe, écrivain et éditorialiste, et Jacques De Decker, écrivain dramaturge, Secrétaire perpétuel de l'Acamédie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. 

« Soyons clair, indique George Clooney, chaque fois que nous prenons une chambre ou organisons une réunion ou dînons dans l’un des ces neuf hôtels, nous mettons de l’argent directement dans la poche d’hommes qui choisissent de lapider et de fouetter à mort leurs concitoyens homosexuels ou accusés d’adultère.

Tout comme les sept autres, les hôtels parisiens Plaza-Athénée et Meurice appartiennent au groupe Dorchester Collection. Celui-ci est un opérateur hôtelier de luxe appartenant à l’Agence d’investissement du Brunei, une branche du ministère des finances du Brunei.

 

« Brunei est une monarchie, ajoute Clooney, et un boycott n’aura certainement pas grand pouvoir pour changer ses lois. Mais allons-nous contribuer financièrement à ces violations des droits humains ? Après des années de pratique des régimes meurtriers, j’ai appris que vous ne pouvez pas leur faire honte. Mais vous pouvez faire honte aux banques, aux financiers et aux institutions qui font des affaires avec en choisissant de détourner le regard ».

 

Dans mon blog de juin 2014, j’avais déjà observé que le Plaza-Athénée avait subi de premiers désagréments financiers avec l’annulation de toutes les réservations du groupe international Cartier, pour un montant de 400.000 € et que le groupe Dorchester Collection a dû faire face à l’annulation de plusieurs centaines de réservations.

 

D’où la nouvelle interpellation d’Alain Ducasse, après celle de 2014 restée sans réponse, et que j'étends à toute la communauté gastronomique française - très absente sur ce débat - sur ce qu’ils comptent faire pour se désolidariser de ses pratiques condamnables qui sont une insulte à l'humanité. D’autant, que l’on se rappellera que l’homme est aussi un des acteurs du mouvement international Slow Food dont la philosophie est faite de tolérance, de partage et de fraternité. Sans réponse de sa part, ses assiettes n’auront plus le même goût.

 

  • L’Epi d’Or à Paris 1er rue Jean-Jacques Rousseau était en péril. Pascaline Pelletier qui tenait ce bouchon façon lyonnais depuis 1986 devait faire face à une clientèle qui se faisait de plus en plus rare et avait voilà quelques mois lancé un appel à sauver L’Epi d’Or. Les banquettes de moleskine, les globes en opaline, les mosaïques au sol, les vitres de verre gravé, le bar en ronce de noyer et en cuivre et sa cuisine de bistrot ne faisaient plus guère recette. Jean-François Piège vient, après La Poule au Pot, de le sauver. La réouverture est prévue, après travaux, à la fin de l’été.
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  • La mythique brasserie alsacienne Jenny, datée 1932, vient d’être vendue. Elle sera transformée en bouillon par les frères Moussié qui font déjà florès en le « Bouillon Pigalle ». Ici, ce sera « Bouillon République», tout en conservant les salons Spindler, sa collection de marqueteries et les banquettes de moleskine rouge, et aussi, un brin de cuisine alsacienne (39, boulevard du Temple, Paris 3e). Pour le souvenir d’antan, la succession aura lieu en automne pour une réouverture début 2020.

 

  • Le joli poisson du 1er avril, c’était celui du site Food & Sens qui indiquait que le Guide Michelin avait décidé l’introduction d’une quatrième étoile.

         Bon appétit et large soif !

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