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Publié par roger

Les sot-l'y-laisse, ça vous dit quelque chose ?
 
" Monsieur de la Reynière, père, fermier-général et père du célèbre gourmand Grimod de la Reynière, partant en inspection en province, arriva à l'heure du dîner, dans la région de Melun. Il entre dans une auberge. Devant la cheminée, sept grosses dindes embrochées, offrent leur rotondité savoureuse à la flamme des sarments. Quelle merveille. Mais voilà que l’aubergiste prétend ne servir que des haricots et du lard… - Mais ces dindes, proteste Monsieur de la Reynière en grinçant les dents. – Elles sont toutes retenues par un voyageur. – Un voyageur. Un seul. Mais c’est Gargantua en personne. Conduisez-moi vers lui… La porte de l’homme aux sept dindes s’ouvre et le fermier-général se trouve en présence de… son fils, Alexandre-Balthazar. – Comment, c’est vous qui faites embrocher sept dindes pour votre dîner ? – Pardonnez-moi, mon père, dit Grimod, de m’abaisser à une si vulgaire nourriture, mais il n’y avait dans cette auberge ni chapon, ni poularde. – Soit, dit le père, en voyage, on se contente de ce que l’on peut. Et va pour les dindes. Je ne vous reproche pas de vous en contenter, mais d’en avoir exigé sept. Alors Alexandre-Balthazar Grimod de la Reynière, offusqué, se redressa : - Monsieur, je sais ce que je dois à ma naissance, et suivant une opinion que je vous ai souvent entendu exprimer, je me préparais à ne manger que les « sot-l’y-laisse »*.
 
L’histoire est racontée par Curnonsky, prince élu des gastronomes, qui reprend les souvenirs de la marquise de Créquis racontés par Decourchamps.
 
Ah mais alors, c’est quoi ce fameux sot-l’y-laisse que l’on doit d’ailleurs conjuguer au pluriel puisque, dans chaque volaille, ils sont en réalité deux morceaux de chair situés de chaque côté de la colonne dorsale, entre la base des cuisses et la base des ailes. A la découpe de la volaille, on les servira en premier lieu à l'invitée ou l'invité de votre choix. 
 
Bon appétit et large soif !
 
*Les synonymes sont nombreux, entre fou-l'y-laisse, huître de poulet, as de pique ou même bonnet d'évêque
.
- Les sot-l’y-laisse (sans s aucun) sont assez peu commercialisés. A Paris, vous les trouverez aussi bien chez un spécialiste de la basse-cour, « Le Coq Saint-Honoré » - 3, rue Gomboust (1er), tél. : 01 42 61 52 04, que chez « Les Boucheries Nivernaises » - 99, rue du Faubourg-Saint-Honoré (8e). Tél. : 01 43 59 11 02. 
Les sot-l'y-laisse, ça vous dit quelque chose ?
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