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Publié par roger

Michel Piccoli et La Grande Bouffe, ça vous dit quelque chose ?
Michel Piccoli et La Grande Bouffe, ça vous dit quelque chose ?
 
Une grande figure du cinéma français nous a quittés aujourd'hui : Michel Piccoli, 94 ans.
 
Il était à l'affiche de La Grande Bouffe (La grande abbuffata), un film franco-italien réalisé par Marco Ferreri en 1973 (Francis Blanche étant co-scénariste). Présenté en compétition au 26e festival de Cannes, il fait scandale , il remporte néanmois le prix FIPRESCI de la critique internationale, ex-æquo avec La Maman et la Putain de Jean Eustache.
 
Satire du consumérisme et de la décadence de la bourgeoisie, le film raconte l'histoire d'un groupe d'amis qui décident de manger jusqu'à la mort.
 
Quatre hommes (Michel Piccoli, Marcello Mastroiani, Philipppe Noiret, Ugo Tognazzi) au beau milieu de l'hiver, fatigués de leurs vies ennuyeuses et de leurs désirs inassouvis, décident de s'enfermer dans une villa pour ce qu'ils appellent un « séminaire gastronomique » pour en fait se livrer à un suicide collectif en mangeant jusqu'à ce que mort s'ensuive. 
 
Le premier protagoniste, propriétaire du restaurant « Le biscuit à soupe » et grand chef, s'appelle Ugo. Il passe son temps à imiter Don Vito Corleone. Il décide de se suicider, probablement à cause de nombreux malentendus avec sa femme. Le deuxième est Philippe, un magistrat de premier plan qui vit toujours avec sa nourrice, Nicole. Cette dernière le surprotège et l'empêche d'avoir des rapports sexuels avec d'autres femmes, se substituant à elles pour assouvir les besoins sexuels du juge. Le troisième personnage est Marcello, pilote d'avion pour la compagnie Alitalia ; véritable prédateur sexuel, il est détruit psychologiquement par le fait qu'il est devenu impuissant. Le quatrième personnage est Michel, un producteur et présentateur de télévision à la personnalité efféminée, divorcé et fatigué de sa vie monotone.
 
Après avoir fait leurs adieux, les quatre compères se rendent en voiture dans la villa, propriété de Philippe, dans laquelle le vieux domestique, Hector, a déjà tout préparé pour le grand festin sans savoir, lui-même, qu'ils souhaitent mourir. Dans la villa, un ambassadeur de Chine attend Philippe pour lui donner une œuvre d'art chinoise ancienne ; celui-ci la refuse poliment. La villa isolée du 16e arrondissement de Paris est parsemée d'œuvres d'art suggestives, tant dans le parc qu'à l'intérieur.
 
Une fois laissés seuls, ces quatre bourgeois blasés commencent leur frénétique festin (dans une scène on voit Marcello et Ugo se faire concurrence pour voir qui mangera le plus vite les huîtres, alors que défilent des diapositives érotiques anciennes). Ils sont interrompus par l'arrivée d'une institutrice, Andrea (Andrea Ferréol), qui veut faire visiter le jardin de la villa à sa classe pour voir le fameux « tilleul de Boileau », « arbre sous lequel le poète français avait coutume de s'asseoir pour trouver l'inspiration ». Les quatre amis acceptent spontanément et lui offrent de la nourriture. Andrea étant une jeune institutrice plantureuse, ils l'invitent à dîner le soir même. En fait, sous l'impulsion de Marcello, les quatre hommes pensent à inviter des femmes, Philippe étant toutefois le plus réticent.
Ugo se charge de la confection des plats tandis que Marcello fait venir trois prostituées. Michel, qui semble avoir été éduqué de manière très stricte dans son enfance s'interdit de flatuler bien qu'il souffre d'aérophagie. Ses amis l'aident à se décongestionner et à flatuler.
Effrayées par la tournure que prennent les événements, les prostituées s'enfuient l'une après l'autre et seule reste Andréa qui, fascinée, a deviné l'entreprise suicidaire des protagonistes.
 
Désignée par les quatre hommes comme « femme » contrairement aux « filles », elle accompagnera de manière maternelle les protagonistes jusqu'à leur mort.
Marcello, en colère lorsqu'il se rend compte que trop manger le rend impuissant, s'en va aux toilettes au moment où les canalisations des sanitaires, bouchées, explosent. La maison se retrouve inondée d'excréments. Michel en est absolument horrifié, ce qui provoque l'hilarité d'Ugo.
 
Le premier à mourir est Marcello. Exaspéré par son impuissance, il décide de quitter la maison pendant la nuit, au milieu d'une tempête de neige à bord d'une Bugatti Type 37 A des années 1920 gardée dans le garage de la villa. Ses amis le retrouvent le lendemain matin, mort, victime d'hypothermie. Sur les conseils de Philippe (sa fonction de juge lui interdit, plus encore que les autres, la dissimulation d'un cadavre), son corps est ramené dans la chambre froide de la maison, munie d'une baie vitrée.
 
Après Marcello, c'est le tour de Michel, victime d'une indigestion. À tel point qu'il ne peut même plus lever les jambes et danser, son passe-temps favori. Après avoir joué une dernière fois au piano, de plus en plus bruyamment pour essayer de couvrir ses pets, il se lève, s'écroule sur la balustrade, se vide, puis finit par s’effondrer sur la terrasse raide mort. Ses amis le mettent avec Marcello dans la chambre froide.
 
Peu de temps après c'est Ugo qui s'étouffe jusqu'à la mort, avec un plat composé de trois types de foies différents en forme de dôme de Saint-Pierre, qu'il a lui-même préparé. Sur les conseils d'Andréa, Ugo reste exposé sur la table dans la cuisine, son « royaume » en tant que restaurateur.
 
Le dernier « à partir » est le diabétique Philippe. Sur le banc, sous le tilleul de Boileau, après avoir mangé un gâteau en forme de paire de seins, préparé par Andréa, Philippe meurt dans ses bras. Le film se termine sur les chiens qui ont envahi le jardin, attirés par la viande laissée par des livreurs.
 
Le film est, après le scandale cannois, devenu culte.
 
Hommage à Michel Piccoli qui, par ailleurs, est une grande figure du cinéma français.
 
Et, évidemment, bon appétit et large soif !
Michel Piccoli et La Grande Bouffe, ça vous dit quelque chose ?
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