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Publié par roger

Copyright Harcourt

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Je me prends pour Pierre Dac. Parce que la meilleure façon d'être en avance sur tout le monde, c'est d'anticiper le 18 juin.


Au début de la seconde guerre mondiale, la résistance à l’occupant nazi s’est d’abord faite par les ondes. C’est d’ailleurs depuis Londres que le général de Gaulle a lancé, en 1940, son fameux appel du 18 juin, au micro de Radio Londres, hébergée dans les locaux de la BBC.
 

A ses côtés, une poignée de Français qui, ralliés au chef de la France libre, ont mené une guerre d’une extrême violence avec Radio Paris, antenne entièrement contrôlée par les Allemands. « Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand… », lançait Radio Londres avant ses émissions. Pierre Dac était de ceux-là.
 

Chaque soir à 21 h 15, sur les premières notes de la Cinquième sym­­phonie de Beethoven, Radio Londres diffusait « Les Français parlent aux Français », où chacun tentait de déchiffrer les « quelques messages personnels » qui n’étaient que des messages codés.
 

Parmi les voix lisant ces messages laconiques, celle de l’humoriste Pierre Dac, le président fondateur de la SDL (Société des loufoques) et créateur, avant la guerre, du journal humoristique L’Os à moelle.
 

De son vrai nom André Isaac, Pierre Dac, juif, alsacien et résistant de la première heure, fut, à partir de 1943, un des piliers de Radio Londres, où il intervint quotidiennement jusqu’au débarquement des alliés en Normandie.
 

Avec son esprit burlesque, son humour subtil et ses mots cinglants, il mena une impitoyable guerre des mots contre Radio Paris, et particulièrement contre un des plus virulents ténors de la collaboration, Philippe Henriot, que les Allemands appelaient le « Goebbels français », et dont Pierre Dac, le 28 juin 1944, annonçait la mort sur Radio-Londres ainsi : "Mort pour Hitler, exécuté par des Français".
 

Pierre Dac,, cet écrivain, ce comédien, ce poète et journaliste, non pas à ses heures, mais à toute heure, chaque jour que Dieu faisait, était inimitable, drôle et sublime dans la dérision.
 

Il nous laisse quelques bons mots autour  de la table* :
 

- "Le rire est à l'homme ce que la pression est à la bière".
 

- "De tous les arts, l'art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme ".
 

- "Greffez des plants de rosiers sur des plants de vigne, ça fera du vin rosé".
 

- "Le gros-qui-tache est au mouton-rothschild ce que la brebis galeuse est à l'agneau pascal".
 

- "Plus un citron est pressé, plus il se dépêche".
 

- "Si la vérité est dans le vin, qu'elle y reste".
 

- "Si l'on donnait du café aux vaches, elle trairait du café au lait".
 

- "La goinfrerie est à la gastronomie ce que la muflerie est à la courtoisie".
 

- "L'érotisme est à la sexualité ce que la gastronomie est à la nourriture : un supplémentaire d'âme".
 

- "Les bons crus font les bonnes cuites".
 

- "Je me suis souvent demandé pourquoi l'argent liquide ne peut pas être tiré à la pression".
 

- "Pour les daltoniens, le homard est rouge quand il est cru et devient vert quand il est cuit".
 

- "Ivrogne cherche embouteillage pour cuver son vin".
 

- "A vendre casseroles carrées pour empêcher le lait de tourner".
 

Bon appétit et large soif !

*Dans ces citations, j'ai en glissé une qui n'est pas de son cru. J'attends vos réponses...

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