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Publié par Roger Feuilly

Carlo Petrini, "croqué" dans "On va déguster l'Italie"

Carlo Petrini, "croqué" dans "On va déguster l'Italie"


Le Manifeste Slow Food pour la promotion d'une alimentation bonne, propre et juste a été signé en 1989 à l'Opéra-Comique de Paris (à quelques mètres d'un immeuble où vécut l'auteur de la Physiologie du Goût, Jean-Anthelme Brillat-Savarin).

Votre serviteur et quelques autres, ce jour-là, avec Carlo Petrini qui est toujours Président du Mouvement, ont aussi contribué à la création de l'antenne française du Mouvement.
Grand penseur et fédérateur de liens, Carlo a toujours défendu la légitimité des sciences de l'alimentation et a fait de la défense de la lenteur - symbolisée par l'escargot -  une des valeurs de l'association.

Parmi les missions : faire de l'alimentation une préoccupation anthropologique, philosophique et politique d'envergure internationale ; protéger, sauver et promouvoir des produits et des variétés locales, rares ou disparues, grâce aux Sentinelles (valorisation des terroirs, des métiers et des savoir-faire) et L'Arche du Goût (témoin de la biodiversité et de la richesse gustative).

Depuis 1989, le Mouvement a aussi créé une maison d'édition, Slow Food Editore, gère de nombreux salons (Salone del Gusto à Turin, Slow Fish à Gênes, Cheese à Bra, Slow Wine, Slow Meat, Slow Beer), et fait oeuvre de référence en matière universitaire avec l'UNISG, l'Università di Scienze Gastronomiche ouverte en 2004 à Pollenzo dans le Piémont (un second campus se trouve désormais à Colorno en Emilie-Romagne).

On oubliera pas Terra Madre, créée en 2004, une fondation qui est un réseau de producteurs, de chefs, d'universitaires visant à rendre possible une alimentation "bonne, propre et juste" au niveau local. Ce réseau est à l'origine d'une rencontre mondiale qui a lieu tous les deux ans, le Salone del Gusto, qui draine des centaines de milliers de visiteurs à Turin.

Slow Food, c'est 100.000 membres, 160 pays, 1.147 chefs, 5.175 produits dans L'Arche du Goût, 585 Sentinelles et 220.000 visiteurs au Salone del Gusto en 2018. 

Parmi les Sentinelles remarquables que recensent François-Régis Gaudry et ses amis (dont ma camarade Alessandra Pierini qui tient boutique dans le 9e à Paris) dans "On va déguster l'Italie" (dont j'ai fait la chronique sur ce blog)  : l'asiago stravecchio DOP de Vénétie qui est d'alpage à l'affinage long, voire même très long ; la pesca nel sacchetto que les producteurs de Leonforte en Sicile emballent sur l'arbre (les pêches sont protégées dans des sachets de papier de soie pour qu'elles mûrissent à l'abri du vent et des parasites) ; le fagiolo rosso di Lucca, le haricot rouge de Lucques que l'on retrouve autant dans les primi en soupe qu'en pasta e fagioli, ou comme garniture d'un secondo piatto ;  la mortadella classica qui est une valeur ajoutée de Slow Food parce que ce produit d'Emilie-Romagne a un cahier des charges bien plus exigeant que l'IGP, moins rose, voire presque grise, moins ostensiblement parfumée, c'est un produit de bouche rare et exceptionnel (un artisan en produit encore dans Bologne intra-muros).

Bon appétit et large soif !

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