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Publié par toutnestquelitresetratures

Ce jour-là, c’est soirée électorale à Paris. Le général Boulanger dîne entouré de son état-major politique chez Durand, un restaurant célèbre de la place de la Madeleine. Il a toutes les chances d’être élu député de la Seine. Au fur et à mesure de l’avancement de la soirée et des résultats prometteurs pour lui, la foule parisienne se manifeste au cri de « Boulanger ! A l’Elysée ! ». Peu avant minuit, Boulanger est largement élu avec 245.236 voix avec plus de 80.000 voix sur son concurrent. Dans un salon attenant, la maîtresse du général, Marguerite de Bonnemain, une comédienne de la Comédie française, dîne seule, dans l’attente des événements. Le général finit par lui demander conseil abandonnant un moment ses invités. Lorsqu’il revient, la décision est annoncée sans effets de manche et ses partisans sont consternés. « A l’Elysée, dit le général, non ! Pourquoi voulez-vous que je m’empare du pouvoir illégalement, alors que je suis sûr d’y être porté avant six mois légalement ? Messieurs, je rentre chez moi. » Et que fut-il servi à ce dîner ? Une poule-au-pot tout simplement, et non une des spécialités du restaurant Durand. C’est la marquise d’Uzès – qui avait abondé la campagne du général pour 500.000 francs-or – qui avait fait le menu en souvenir d’Henri IV auquel, prétendait la marquise, Boulanger ressemble. En fait, le général Boulanger n’ira jamais à l’Elysée, il dut même fuir à l’étranger, en Belgique où il se suicide en 1891 à Ixelles sur la tombe de sa maîtresse décédée.

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