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Publié par toutnestquelitresetratures

BobGiraud.jpgDans ma chronique précédente, j’évoquais le Dictionnaire d’argot moderne de l’ami Bob Giraud (photo, anonyme), qui fût un des grands habitués du bistrot à vins de la famille Navier « Les Négociants » (rue Lambert, Paris 18e). Bob n’est plus avec nous, mais les souvenirs restent, notamment ceux de ses articles sur les bistrots de la capitale dans "L'Auvergnat de Paris" et, surtout, son chef-d'oeuvre, "Le Vin des Rues" (Editions Le Dilettante). Et je veux spécialement dédier l’émouvante chanson qui terminera ce papier, celle de Bernard Dimey, « Ivrogne… et pourquoi pas ? » à Bob qui, quelque part, doit la fredonner avec nous, et à Jacques Berthomeau (voir son site : www.berthomeau.com) qui poussait hier un coup de gueule contre les œnologues en terminant par « ça commence vraiment à me chier l’œnologie ! ». Il dit en substance : « En parlant de tout je parle toujours du vin et surtout je m’adresse à un public bien plus large que le cercle étroit des amateurs de vin. En 3000 chroniques, et avec lectorat qui, en plein mois de juillet, va avoisiner la consommation de 40 000 pages, je poursuis sans me soucier de ceux qui ont le vin triste, à travailler à l’extension du domaine du vin. Alors, en ce mois d’août, je lâche la bride, vous ne me voyez pas gloser sur les mérites comparés du bouchage liège et du bouchage à vis. Sur les grands sujets qui font débat je m’enorgueillis d’avoir été souvent à l’avant-garde, alors de grâce qu’on ne vienne pas me chercher des poux dans la tête parce que je provoque une chroniqueuse à la plume bien pendue qui assimile la plaisir à la technique : ça ne vous rappelle rien cette façon de faire. C’est du genre les 10 conseils pour… Le Taulier que je suis devenu mène sa barque comme bon lui semble, plutôt joyeusement, préférant mettre les rieurs de son côté plutôt que de sacrifier à la dictature du sujet dit sérieux. Je n’ai jamais eu le vin triste et je n’ai pas l’intention de déroger à ma ligne de conduite. Toute une nouvelle génération de vignerons, depuis une petite dizaine d’années, fait des vins joyeux, de gais lurons, qu’ils affublent de noms plutôt jubilatoires alors pourquoi oublier la fête, faire du vin un objet central, unique, détaché de sa fonction d’allié du plaisir ? Moi j’écris pour le plaisir, pour me faire plaisir en tentant de vous faire plaisir alors comme le dirait le cultissime Robert Bidochon : ça commence vraiment à me faire chier l’œnologie ! ». Alors que voilà déjà plus de 30 ans qu’il nous a quittés Dimey chantait : « Ivrogne, c’est un mot qui nous vient de province – Et qui ne veut rien dire à Tulle ou Chateauroux – Mais au cœur de Paris je connais quelques princes – Qui sont selon les heurs, archange ou loup-garou – L’ivresse n’est jamais qu’un bonheur de rencontre – ça dure une heure ou deux, ça vaut ce que ça vaut – Qu’il soit minuit passé ou cinq heures à ma montre – Je ne sais plus monter que sur mes grands chevaux – Ivrogne, ça veut dire un peu de ma jeunesse – Un peu de mes trente ans pour une île aux trésors, - Et c’est entre Pigalle et la rue des Abbesses – Que je ressuscitais quand j’étais ivre mort… - J’avais dans le regard des feux inexplicables – Et je disais des mots cent fois plus grands que moi – Je pouvais bien finir ma soirée sous la table, - Ce naufrage, après tout, ne concernait que moi. – Ivrogne, c’est un mot que ni les dictionnaires – Ni les intellectuels, ni les gens du gratin – Ne comprendront jamais… C’est un mot de misère qui ressemble à de l’or à cinq heures du matin. – Ivrogne… et pourquoi pas , Je connais cent fois pire, - Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard, - Qui sont moches en troupeau et qui n’ont rien à dire. – Venez boire avec mois… On s’ennuiera plus tard. »

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Cours oenologie Paris 13/11/2018 11:18

Un vrai coup de gueule (de bois?) qu'on relit toujours avec plaisir... continuer à vous faire plaisir.