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Publié par toutnestquelitresetratures

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CoteauxSalle.jpgEvelyne et Bernard Olry sont d'une autre époque : celle où le mot bouchon à Paris avait encore un sens. Voilà peu, leur père naturel, Jean Chanrion ("Le Vin des Rues") nous quittait le jour de la Saint-Vincent. Bernard avait appris avec lui, avant de créer son propre bouchon, boulevard Garibaldi (Paris 15e), face au métro aérien, avec son zinc et ses vins de comptoir autant que sa cuisine d'inspiration beaujolaise et lyonnaise. Le bistrot aurait pu être celui de Bob Giraud et Robert Doisneau. Pour la terrine de queue de boeuf à la confiture d'oignons, le tablier de sapeur, les cuisses de grenouilles et la soupe aux cerises. En 1995, il a justement obtenu la célèbre "Coupe du Meilleur Pot". Puis, les Olry ont émigré à une verste de Paris, à Saint-Mandé : ils y ont conservé l'enseigne d'origine, "Les Coteaux". Là, c'est vraiment un bouchon comme à Lyon - mais, ils vont tirer leur révérence jeudi prochain, dépêchez-vous d'y aller une dernière fois -, avec la cuisine du cru, l'atmosphère dans un décor rétro avec banquettes, carrelage et vitres gravées. Il y aussi la bonne-mauvaise humeur du père Olry qui pratique un brin comme dans la capitale des gones. D'abord, avec lui, "le café-crème commence avec le jambonneau", c'est dire... mais surtout, il est plutôt du genre à appliquer certains commandements en vigueur dans les bouchons de Lyon : "soyez humbles, car l'adage qui veut que le client a toujours raison n'a pas cours chez lui ; c'est en effet le patron qui fait la loi, il reçoit qui il veut, sert qui bon lui semble, jette dehors ceux dont la tête ne lui revient pas. Et si par hasard, vous vous êtes faits expulser, si pareille mésaventure vous est arrivée, ne craignez rien, vous n'êtes pas le premiers. Enfin, surtout, ne demandez rien, contentez-vous de ce qu'on vous apporte, et ne posez pas de questions, et ne répondez que si on vous accorde la grâce de choisir et, aussi, ne faites pas de baratin, parce que sous toutes ses formes, il indispose et le patron s'en moque, car il sait ce qu'il vaut : les louanges, ça l'irrite inutilement. Bien sûr, tout cela reste théorique, énoncé en vertu d'une loi appliqué selon l'humeur : les accommodements avec le ciel sont d'ailleurs nombreux avec le temps qui a passé, ceux qui sont venus une première fois sont revenus, sont devenus des fidèles - cuisine et vins obligent - avant, souvent, de prendre le statut d'amis. Et de toute façon, Evelyne, l'épouse, est la bonne-mère de la maison, bienveillante, bichonnant son public avec amour et gentillesse. Il est vrai que dès l'accueil - mais il fallait quand même ne point arriver en avance ni, bien sûr, en retard -, il y avait le verre de l'amitié autour d'un montagnieu ou d'un saint-péray, ensuite vous deviez tailler avec votre couteau de Laguiole ou de Nontron dans l'oreille de cochon grillée, les saladiers comme là-bas, la quenelle de brochet, le tablier de sapeur, l'andouillette AAAAA de Bobosse, la tête de veau et la tarte aux pralines après le saint-marcellin ou la cervelle de canut comme sur la Croix-Rousse. Et lever le coude avec un des vins de l'impériale sélection maison, entre vins du Beaujolais, de la Bourgogne et de la Vallée du Rhône. C'était un temps que les moins de 20 ans ne connaîtront plus. Pour les autres, qui, comme moi, voient le temps passer, vous avez encore jusqu'à jeudi pour continuer les agapes. Allez, merci à Evelyne et Bernard pour ces bons moments donnés avec grâce et, bon appétit et... large soif ! - "Les Coteaux (Saint-Mandé, 94160) - 8, rue Jeanne-d'Arc. Tél. : 01 48 08 74 81. Fermeture définitive jeudi 13 février 2014. M° Saint-Mandé-Tourelles.(Photo Evelyne et Bernard Olry, GP)

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pocous 09/02/2014 15:31

Triste de voir partir Bernard et Evelyne que j'ai connu grace à toi à Paris et que j'avais suivi à St Mandé à quatre pas de chez moi !
Le bistrot me manque tellement que je suis sur le point d'en ouvrir un à Maisons-Alfort0. Amitiés, Raymond Pocous.

toutnestquelitresetratures 09/02/2014 19:55



Non, ce n'est pas vrai... je n'en reviens pas ! Raymond Pocous, le retour...