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Publié par toutnestquelitresetratures

ArtsMénagersAh notre bon vieux Salon des Arts Ménagers, il a disparu dans les années 80. Il a fait la une de la presse pendant une bonne soixante d’années. En fait, raconte Catherine Clarisse, dans son livre « Cuisine, recettes d’architecture » (Editions de l’Imprimeur), ce fût une particularité française avec, à l’appui, l’intervention d’un grand chef, l’Etat. Lisons-la : « Au début du XXe siècle, la plupart des appareils ménagers performants sont d’origine américaine ou allemande. La mécanisation du travail domestique apparaissant comme une solution séduisante pour diminuer le temps consacré aux tâches ménagères, il convient de stimuler l’industrie française dans cette direction. Dans les années 20, l’objectif est également de convertir l’industrie de guerre en industrie de paix. André-Jules Breton, sous-secrétaire d’Etat aux inventions pendant la première guerre mondiale, est aussi un des promoteurs de la politique nataliste. Devenu ministre de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance, il organise en 1922 un concours d’inventions d’appareils ménagers au sein de l’Office national des recherches scientifiques, industrielles et des inventions. Reconduit l’année suivante, ce concours fait l’objet d’une exposition au Champ-de-Mars à Paris, rencontre un certain succès et prend de l’ampleur au fil des ans, au point de se tenir au Grand-Palais à Paris à partir de 1926, sous le nom de Salon des arts ménagers. Son inauguration par des ministres, une forte publicité et des échos dans la presse, la radio, puis la télévision, en font un véritable événement parisien garantissant son succès dans toute la France. Attirant toutes les classes sociales, ce salon se tiendra presque sans discontinuer de 1923 à 1983, et connaîtra son apogée au cours des années 1950-1960. » Et il est vrai que le succès fût fulgurant : il y eût 100.000 visiteurs en 1923 au Champ-de-Mars et 1.402 299 en 1955. Le dernier salon se tînt au CNIT à La Défense en 1983. C’est la famille Breton qui prend en mains les destinées du Salon, régnant en maître : le fils d’André-Jules-Louis Breton, Paul, en devient le commissaire-général. Louis, son autre fils, dirige à partir de 1928 la revue « Arts Ménagers » qui accompagne et amplifie l’action du Salon. En fait, le Salon contribue à l’évolution des habitudes alimentaires : tous les nouveaux produits y sont présentés et, plus tard, les éléments de mobilier de cuisine jusqu’à, ensuite, des cuisines complètes. En 1934, l’architecture s’en mêle, puisque le Salon accueille une exposition de l’habitation. Ce sont des architectes et des artistes membres de l’Union des artistes modernes qui y proposent leurs services pour l’amélioration de l’habitat. Leurs seuls patronymes sont évocateurs : ils s’appellent Charlotte Perriand, Francis Jourdain, Le Corbusier, Fernand Léger, André Lurçat et Jean Prouvé parmi d’autres. Il y a aussi Henri Sellier, à l’origine de la création de cités-jardins en banlieue parisienne qui participera à l’organisation du Salon. Voilà ce que nous raconte Catherine Clarisse dans son livre qui est une petite mine de curiosités et qui, en ces temps où la cuisine retrouve une place importante dans la vie des Français, incitera à se retrouver à table… mais dans la cuisine ! -

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Maïlys 19/05/2014 11:04

Si je peux me permettre, il y a une erreur de taille dans l'article.
C'est Jules-Louis (tout court), directeur de l'ONRSII qui a créé le salon. Quant au rôle que vous attribuez à Louis, il s'agit en réalité ici d'André (André Jules-Louis). Louis était imprimeur.