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Publié par toutnestquelitresetratures

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JuvenilesTim.jpgChaque année, il nous faut faire le procès du beaujolais nouveau, mais autant faire celui du progrès, parce que le troisième fleuve de Lyon, le beaujolais, subit les mêmes contingences scientifiques et techniques que les autres vignobles. Et, de plus, il a toujours su organiser avec magnificence sa publicité. A tel point, qu’aujourd’hui encore, une déferlante de beaujolais nouveau s’abat sur les comptoirs du monde entier. Un brin moins qu’hier, dans les glorieuses années 70-80 à ce qu’il paraît. Y aurait-il plus de vin qu’il ne s’en récolte ? Le dessinateur Cabu résumait voilà déjà longtemps la situation avec dérision. Il faisait dire à un vigneron : « Mes chais sont pleins, mon château d’eau est plein… Reste ma piscine pour y mettre mon vin nouveau ». Le grand et regretté Alexis Lichine, grand Bordelais devant l’Eternel, lui, était beaucoup plus cru : « Certains beaujolais ne méritent même pas d’être pissés ! ». Un peu de tolérance néanmoins (la tolérance, il y a des maisons pour ça, dirait l’autre !) et n’oublions pas que « pendant des siècles, les vignerons n’ont su produire que des vins bons à boire promptement, et la fête des vendanges a d’abord été une fête du vin nouveau », dixit l’historien de la vigne et du vin Marcel Lachiver (in « Vins, vignes et vignerons », Editions Fayard). Mais depuis, bien sûr, il y a eu le clonage intensif obtenu par bouturage ou greffage, qui permet de meilleurs rendements, les pulvérisateurs pneumatiques, les décavaillonneuses, les prétailleuses, les poudreuses à variateur, les ébourgeonneurs, les broyeuses, les presses à sarments, les sécateurs hydrauliques et les planteuses au laser et au radar. Sans parler de la fermentation salvatrice qui nettoie les pesticides que l’on pourrait retrouver dans les moûts et, même, les chais nickelés dans lesquels le vigneron s’est assuré le concours d’un œnologue averti aidé par un matériel de vinification ultra-moderne. Ah mais calmez-vous Roger Feuilly me direz-vous, quel rapport avec le titre de cette chronique. C’est tout simple, parce que nos amis Martine et Pierre-Marie Chermette, avec leur fils Jean-Etienne qui prend en douceur le relais, ont toujours proposé (depuis 1982) une cuvée de beaujolais nouveau joliment naturelle (levures indigènes, rares chaptalisations), dans lequel l’expression des arômes est restée subtile. Un vin droit et franc, souple, fruité comme il convient, d’une fraîcheur acidulé de petits fruits rouges, un vin que nombre de bistrots parisiens mettent en avant au moment dit, le troisième jeudi du mois de novembre (cette année le 21 novembre), pour une fête des vins qui doit être perpétuée. Et d’ailleurs, le millésime 2013, promet déjà beaucoup, avec une cuvée un brin plus concentrée, tout en équilibre entre acidité et tanins. La cuvée « Les Griottes » est issue d’une parcelle de 5 hectares de gamay sur le Bois-d’Oingt, bien loin du cœur des crus, dans le sud du Beaujolais, sur un sol argilo-calcaire, et d’achat de raisins sur Saint-Vérand, sur sol granitique, la première apportant fruité et souplesse, la seconde des tanins souples. Elle est d’une culture raisonnée (à tendance bio) et d’une vendange manuelle à maturité. La vinification est traditionnelle, semi-carbonique, avec une macération de cinq jours en cuves béton et inox et un élevage de quatre semaines. Le SO2 est utilisé a minima. Un vin de mâchon, avec ses lyonnaiseries, ses charcuteries, son tablier de sapeur, son saucisson chaud, ses terrines, mais pourquoi pas aussi des huîtres (ah le gamay sur les huîtres, ce n’est pas le père Cadoret - producteur de belons à Riec-sur-Belon - qui me démentira !). A Paris, on le boira notamment chez Tim Johnston au « Juveniles » qui reste fidèle à cette cuvée de choix. - Martine et Pierre-Marie CHERMETTE - Domaine du Vissoux - 69620 Saint-Vérand. Tél. : 04 74 71 79 42. Courriel : domaineduvissoux@chermette.fr – « Juveniles » - 47, rue de Richelieu (Paris 1er). Tél. : 01 42 97 46 49. Fermé dimanche. M° Bourse ou Palais-Royal. A partir du jeudi 21 novembre.

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