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Publié par toutnestquelitresetratures

BernardDimeyIvrogne, c’est un mot qui nous vient de province - Et qui ne veut rien dire à Tulle ou Châteauroux, - Mais au cœur de Paris je connais quelques princes - Qui sont selon les heures, archange ou loup-garou -L’ivresse n’est jamais qu’un bonheur de rencontre, - Ça dure une heure ou deux, ça vaut ce que ça vaut, - Qu’il soit minuit passé ou cinq heures à ma montre, - Je ne sais plus monter que sur mes grands chevaux. - Ivrogne, ça veut dire un peu de ma jeunesse, - Un peu de mes trente ans pour une île aux trésors, - Et c’est entre Pigalle et la rue des Abbesses - Que je ressuscitais quand j’étais ivre-mort... - J’avais dans le regard des feux inexplicables - Et je disais des mots cent fois plus grands que moi, - Je pouvais bien finir ma soirée sous la table, - Ce naufrage, après tout, ne concernait que moi. - Ivrogne, c’est un mot que ni les dictionnaires - Ni les intellectuels, ni les gens du gratin - Ne comprendront jamais... C’est un mot de misère - Qui ressemble à de l’or à cinq heures du matin. - Ivrogne... et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire, - Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard, - Qui sont moches en troupeau et qui n’ont rien à dire. - Venez boire avec moi... On s’ennuiera plus tard. - Bernard Dimey (1931-1981), cité dans mon guide "Le Feuilly" (Editions Le Pari du Goût).

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