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Publié par toutnestquelitresetratures

Tout simplement piochées dans mon guide "Le Feuilly" (Le Pari du Goût), quelques adresses de bouche et de soif pour nourrir l'esprit et le ventre.

A Burano

Trattoria Gato Nero 88, via Giudecca. Tél. : 041 73 01 20. Carte : 40-60 €. Fermé lundi.

Une maison toute de bleu vêtue qui est celle de Ruggero Bovo, dont la famille est depuis quinze générations sur l'île magique de Burano. La trattoria, il l'a reprise voilà quelque cinquante ans. Chez lui, avec sa femme Lucia, rien ne change. La cuisine est territoriale, vantant les poissons et les produits locaux. Ses sarde in saor (des sardines frites qui ont marinées dans du vinaigre de vin, assaisonnées d'oignons, de pignons de pin et de raisins secs), son fameux risotto de poissons (dit risotto di Go'), les taglioni aux langoustines et à la ricotta, tout ici est fait maison. Terrasse de rêve dès les beaux jours venus.

A Cannareggio

Vini da Gigio 3628 A, Fondamenta San Felice. Tél. : 041 528 51 40. Fermé lundi et mardi, deux semaines en août. Carte : 50-70 €. Le bacaro à la façade de briques est devenu une osteria élégante. La carte des vins est étonnante. Une des plus imposantes de la Sérénissime, avec son millier de références. Tout, ou à peu près, de crus de la Botte (dans les très bonnes années), des vins d'ailleurs en veux-tu en voilà et, aussi, une kyrielle de propositions au verre. En contrepoint, la cuisine (ouverte) se contente, si l'on peut dire, d'annoncer des préparations simples issues de produits locaux, fraîchement rapportés du marché du Rialto, entre canestrelli au gril, baccalà mantecato superbe, crabes en mue (moeche), penne à l'araignée de mer, spaghetti aux calamars, le canard sauvage à la façon îlienne de Burano, c'est-à-dire farci, et la tarte aux fraises et au zabaione. Atmosphère inimitable, entre habitués et gourmets curieux.

A Castello

Al Covo 3968, Campiello della Pescaria. Tél. : 041 522 38 12. Fermé mercredi et jeudi, août. Menus : 30 € (déj., plat unique de "bianca piemontese) et 49 €. Carte : 70-100 €.

A deux pas de la Riva degli Schiavoni et de l'Arsenal, voilà presque 25 ans que les deux Benelli, Vénitiens d'adoption, tiennent ce petit restaurant d'initiés. Lui, Cesare le Toscan dont la mère maternelle avait créé une trattoria sur le Lido et elle, Diane, l'Américaine. Grand confort dans la salle à manger élégante sur le mode rustique, courtoisie non feinte du service et, surtout, formidable cuisine consacrée aux produits marins sur le mode de la fraîcheur. Chez eux, tous les produits sortent de l'eau et sont cuisinés dans leur état originel, sans manipulations, ni superfétatoires présentations, juste ciselées comme il convient. Devant la Berkel à trancher le jambon, les scampetti, les seppie aux courgettes, les crabes en mue frits et aux oignons de Tropea, la pasta maison aux aubergines et dans une sauce aux fruits de mer sont à se pourlécher. Le gran fritto di pesce et crostacei est un moment unique. Mais on n'oublie pas le côté "carne" avec une viande de boeuf choisie parmi les "Presidi" de Slow Food. C'est la race piémontese qui est une vache blanche dont la production remonte à 1886, une viande persillée et goûteuse qui est ici en tagliata, quasiment crue. Très important choix de fromages, entre Toumin del Mel de vache d'un blanc de porcelaine en prime jeunesse, parmigiano reggiano de 36 mois et asiago extra-vieux qui est une DOP de vache de la province de Vicenza, apte à un très long vieillissement. Le gâteau au chocolat amer relevé d'une sauce piquante est incontournable. La carte des  vins offre un choix de 200 crus de la Botte, mais quelques vins internationaux et des vins bio et naturels.

Alla Mascareta

Calle Lunga Santa Maria Formosa, 5183. Tél. : 041 523 07 44. Dîner jusqu'à 1 heure du matin.

Mauro Lorenzon, éternel noeud papillon affiché comme une enseigne est un activiste du vin. Atypique et fantasque, ce clown lunaire du vin avale les syllabes comme les crus d'ici ou d'ailleurs. Il est Président des Enoiteche d'Italia, et écrit un guide qui les recense (en Europe aussi). Son mot d'ordre militant, tel celui du regretté vigneron piémontais Bartolo Mascarello est : "No barrique, no Berlusconi" ou encore un "Pas de barriques, mais des barricades" qu'aurait pu écrire Robespierre. Ouvert aux horaires d'ouverture (en principe pas au déjeuner), très flexibles mais jusque tard dans la nuit, Mauro propose une cuisine minimaliste. Des charcuteries de premier ordre et des fromages qui ne le sont pas moins, des sardines et des pâtes à l'encre de seiche, un tiramisù, tout cela flirte avec le bon goût, tout en saveurs et couleurs locales. La cave est exceptionnelle, et l'ami Mauro a tendance à déboucher les quilles plus vites que son ombre. Buvons, buvons, buvons !

A Dorsoduro

Cantine del Vino gia Schiavi

Fondamenta Nani, 82. Tél. : 041 523 00 34.

A deux pas, vous pourrez découvrir les ateliers de réparations des gondoles. Ici, face à l'Eglise San Trovaso et au bord du Rio éponyme, vous êtes au coeur d'une Venise intimiste. Dans ce bacaro, que vous soyez du cru ou non, gourmets de passage ou buveurs levant le coude, aristocrates ou paysans, artisans ou cols blancs, tous vous vous livrez au même exercice. Celui de l'ombra et des cicchetti, de la tartine de baccalà mantecato, une fois, puis deux ou plus si l'appétit, le coeur et la soif vous en disent. La "Cantine", comme son enseigne l'indique, propose une impressionnante variétés de crus italiens alignés comme à la parade. Pour la halte de l'éperon, un baccaro qui s'impose avec aise.

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