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Publié par toutnestquelitresetratures

MoutonRothschildCarluJusqu’en 1924, comme tous les autres crus du Bordelais, chaque millésime de Mouton-Rothschild était vendu en barriques au négoce qui, ensuite, se chargeait des opérations ultérieures : maturation, mise en bouteilles, étiquetage et commercialisation. En 1924, le baron Philippe de Rothschild prit la décision révolutionnaire de mettre toute sa récolte en bouteilles. Dès lors l’étiquette acquiert une valeur et une fonction nouvelles : elle devient le certificat d’origine, la garantie de qualité, et pour tout dire, la signature même du cru. Pour célébrer cette innovation, le baron Philippe demanda au fameux affichiste Jean Carlu de dessiner pour le millésime 1924 une étiquette originale. Jean Carlu est issu d’une famille d’architectes. Après un court séjour à l’Ecole des Beaux-Arts, il se spécialise dans la création d’affiches. En 1918, sa renommée est déjà établie et il sera désigné « Affichiste de l’année » par un jury présidé par le célèbre graphiste Cappiello. L’étiquette du millésime 1924 de Mouton-Rothschild reste aujourd’hui un des exemples les plus réussis de l’influence du cubisme dans le domaine des arts appliqués. Ce n’est qu’à la Libération que le baron Philippe, pour célébrer à la fois la paix reconquise et annoncer un nouveau départ, conçut l’idée de dédier le millésime 1945, l’un des plus grands du siècle, à « L’Année de la Victoire ». Il demanda au jeune peintre Philippe Jullian une composition graphique autour du fameux « V », rendu célèbre par Winston Churchill pendant la guerre. C’est de cette circonstance exceptionnelle que naquit une tradition, et à partir de 1946, chaque année, un artiste contemporain fut invité à créer une œuvre originale pour illustrer l’étiquette. La liste de ces créateurs est impressionnante : Jean Cocteau, Marie Laurencin, Dali, Alechinsky, Miro, Chagall, Soulages, Bacon, Balthus, Kandinsky, Picasso, Andy Warhol, Paul Delvaux, César, John Huston, Tàpies et bien d’autres. Aucun de ces artistes n’a jamais touché le moindre centime en échange de sa contribution, mais un certain nombre de caisses de vin de deux millésimes, dont celui qu’il avait illustré.

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