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Publié par toutnestquelitresetratures

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AuPetitRicheSalon.jpg« Au Petit Riche », je l’avais connu au début des années soixante-dix, assez inimitable dans son style. Puis, au début de la décennie suivante, une nouvelle direction, comme l’annonce les compères Gault et Millau dans l’édition 1981 de leur guide : « Une aubaine pour le joli monde de Drouot. Repris par le frère de Lameloise (trois toques à Chagny), Le Petit Riche au ravissant décor 1880, rafraîchi et toujours intimiste, garde son calme et sa cuisine tourangelle. Ne vous aventurez pas dans le tournedos (la rue Rossini est à côté), mais dans les bonnes vieilles recettes du pays de Loire : la saumonette au beurre blanc, les rillons, le coquelet en pâte, la mousse au chocolat et le vouvray ». Puis, la maison a connu plusieurs directeurs, dont Bertrand Jallerat qui a repris les rênes du célèbre « Grand Monarque » à Chartres, et Gilles Breuil qui a ouvert « Bourgogne Sud » dans le 9e ou encore Jacky Gallmann qui est parti à la tête de l’emblématique « Brasserie Georges » à Lyon (également propriété de la famille Lameloise). La cuisine ligérienne avait été largement maintenue et la cave sérieusement améliorée pour atteindre aujourd’hui, sous la houlette d’un sommelier passionné, Jean-Paul Bruatto, pas moins de 250 références, dont 200 crus de la vallée de la Loire. Qu’en est-il aujourd’hui ? La déception fleure à la commissure des lèvres à chaque passage, dont le dernier fût le mauvais bouquet un dimanche de fin d’année dernière. Si l’accueil est toujours de qualité – le directeur de la maison n’était néanmoins pas là, tout comme le chef -, le service de jeunes gens pas très motivés laissait à désirer, et la cuisine était une nouvelle fois aux abonnés absents. Que dire en effet d’escargots servis en poêlon qui semblait sortir de la boîte avec un beurre d’escargots sans goût, d’un « filet » ( ?) de bœuf mal cuit (apporté plutôt à peine saignant alors que demandé bleu), d’épinards fadasses, pas assaisonnés du tout, d’une quenelle pas soufflée indigente et d’une duxelles à l’acidité suspecte ? La cuisine de la Loire est, elle, réduite à quelques plats pas toujours bien exécutés. Que reste-t-il donc de nos bons souvernirs ? Pas grand-chose, si ce n’est le brillant chapitre des vins. L’âme de l’endroit est en danger, au profit de la seule rentabilité qui semble désormais dominer « Au Petit Riche ». Il y a urgence à se remettre en cause, à bousculer les habitudes anciennes et à redonner son lustre à la maison. Messieurs Lameloise, pouvez-vous sauver le soldat « Au Petit Riche » ? - « Au Petit Riche » - 25, rue Le Peletier (Paris 9e). Tél. : 01 47 70 68 68. Tous les jours. Menus : de 22 (déj.) à 35 € (vin et café compris). Carte : 55-70 €. M° Richelieu-Drouot.

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