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Publié par toutnestquelitresetratures

Histoire d'apporter une contribution, comme on dit en politique au Parti Socialiste, au débat sur l'affaire EmmanuelEmmanuelGiboulot.jpeg Giboulot, vigneron qui a refusé de traiter sa vigne avec un produit qu'il jugeait dangereux (je vous épargne toute explication, la blogosphère vous a déjà tout dit, l'homme a finalement été condamné à une simple amende de 1.000 € dont la moitié avec sursis), je reviens sur la cicadelle de la flavescence dorée, ce petit insecte nommé qui cache bien son jeu. Il est vecteur d’un phytoplasme responsable de la maladie de la flavescence dorée qui ne fait qu'une génération par an, hivernant à l'état d'oeuf pondu en fin d'été dans les bois de plus d'un an, les éclosions débutant en mai et prolongeant sur plusieurs semaines, alors que les larves évoluent en adultes jusqu'à 55 jours. Ensuite, elle acquiert le phytoplasme par piquûre d'un cep et se réfugie dans l'intestin de son hôte avant de se reproduire pour migrer dans les glandes salivaires. Mais, n'en disons pas plus pour ne pas trop compliquer la compréhension de la chose. Toujours est-il que le phytoplasme circule au bout d'un certain temps jusqu'aux racines et migre par la sève vers les feuilles. D'où la nécessité, selon les autorités préfectorales (dans le cas Giboulot) de traiter la vigne. L'affaire ultra-médiatisée a conduit à la production d'une pétition en faveur de Giboulot. Sans être partie prenante, je n'apporte qu'un élément d'information complementaire. Celui de Jean-Louis Bernard, membre titulaire de l'Académie d'Agriculture de France qui s'interroge comme ci-après : La flavescence dorée est une maladie à phytoplasme très grave qui conduit à une perte de production, voire à la mort des vignes. Elle est transmise par un unique vecteur qui est la cicadelle Scaphoideus littoralis. Une vigne infectée ponctuellement peut toutefois se remettre si elle ne subit pas des injections renouvelées de la maladie par les multiples piqures du vecteur. Fortes d’une longue et parfois douloureuse expérience, les autorités ont donc rendu le traitement (unique) obligatoire dans les régions où cette maladie menace. Un vigneron qui refuse de traiter constitue pour ses voisins un foyer naturel du vecteur qui peut devenir le point de départ de l’épidémie pour peu que sa vigne soit infectée ou que des cicadelles ayant acquis le phytoplasme ailleurs viennent se pérenniser dans son vignoble. Par le passé, beaucoup de bios ont protesté contre les traitements imposés par l’administration (pyréthrinoïde) car ils craignaient de perdre leur label AB. Pour éviter ces conflits, la filière AB a fait autoriser, contre la cicadelle, les pyréthrines naturelles, qui sont régulièrement conseillées par l’ITAB. Cet insecticide est peu efficace, mais il permet à tout vigneron bio de se mettre en conformité avec la loi, même si le résultat sur Scaphoideus n’est pas garanti. De très longue date, le même produit est abondamment utilisé sur les vignes bio pour lutter contre les différentes tordeuses de la grappe. De même que sur les fruits et les légumes en AB. Et il est exact que, comme l’écrit le Monde que cet « cet insecticide n’est pas sélectif » ; qu’il « tue non seulement la cicadelle mais aussi la faune auxiliaire nécessaire aux équilibres naturels dans le vignoble ». Et Denis Thiery a aussi raison lorsqu’il explique que « Le Pyrevert, même s’il est d’origine naturelle, est nuisible pour l’environnement : c’est un neurotoxique qui peut affecter les insectes, mais aussi les oiseaux, les animaux, et même les viticulteurs selon les doses utilisées ». Cela, on le sait depuis plus de 40 ans et aucun bio n’a jamais contesté l’emploi des pyréthrines. e juge sévèrement l’attitude de Giboulot qui relève d’un obscurantisme profond. ucun vigneron ne traite par plaisir. ans un tel cas, ne rien faire par idéologie alors que sa culture risque de disparaître, entrainant dans la galère tout son voisinage est une faute morale, et un tel vigneron ferait mieux de changer de métier. Bien pire encore est le cas des organisations qui le soutiennent, entrainant des citoyens ignorants de la réalité à manifester devant les tribunaux. Dsolé pour cette appréciation abrupte de la situation." Certes, le parcours de Jean-Louis Bernard qui, aujourd'hui est consultant indépendant, passe par un poste de responsable des relations extérieurs, environnement et agriculture durable pour Syngenta Agro qui, comme chacun sait, est un gros de la production chimique pour l'agriculture, mais néanmoins, il apporte sa pierre au débat (et il n'y a là pas forcément baleine sous cailloux).

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patrick axelroud 06/03/2014 07:55

Nous analysons ce réquisitoire d'un parquet qui ,en France, n'est pas à l'abri des instructions de la chancellerie, comme une reconnaissance implicite des pouvoirs publics du peu d'assurance,de
certitude et de légitimité du moins, en la matière, de leurs décisions souvent prises hors réelles et efficaces concertations .

Patrick Axelroud 06/03/2014 04:00

Sauf erreur,les 1 000,00€ d'amende dont 500,00 avec sursis sont les réquisitions du parquet mais pas encore le verdict.

toutnestquelitresetratures 06/03/2014 07:11



Oui, c'est juste, merci d'apporter la précision, mais on s'éloigne quand même de la perspective évoquée de la prison ! Je vais rectifier.