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Publié par toutnestquelitresetratures

HansiWaltz.jpg

HansiMonvillage.jpgVoilà bien un album symbole, celui d’images et de commentaires écrits par Jean-Jacques Waltz dit l’Oncle Hansi, qui figurent une protestation alsacienne contre l’oppression allemande. L’homme né à Colmar en 1873 (mort le 10 juin 1951, dans une Alsace en grand deuil, il est accompagné à sa dernière demeure par les soldats du 152e régiment d’infanterie) est apprécié, mais les opinions divergent quant à la totalité de son œuvre. Ecoutons d’abord l’opinion d’un artiste alsacien contemporain, le grand Tomi Ungerer : « Le talent de Hansi est indiscutable, d’imagiste, paysagiste et surtout de satiriste. Qu’en a-t-il fait ? Le Professeur Knatschké est un classique du genre, absolument ! En ligne direkt de la tradition de Simplicissimus et de L’Assiette au beurre, il mélange le piétinage satirique germanique avec les pointes gallinisées du persiflage. Superbe, tordant et que c’est quand même domache qu’il n’ait pas continué dans cette veine. » Il ajoute : « Dès mon plus jeune âge j’ai été comme hiver exposé aux livres de Hansi. L’influence de Hansi sur ma formation artistique a été de base avec Richter et Busch […] ; Son patriotisme unilatéral, aveugle, l’a poussé à inculquer la haine dans l’esprit innocent des enfants… Deuxième reproche : son ignorance du peuple. Hansi, artiste bourgeois plus petit que grand, se promène pour cartepostaliser une Alsace bonne à rassurer le bourgeois. Il n’a sans doute jamais travaillé dans une ville ou dans une brasserie… ». Gilles Pudlowski, Lorrain de Metz devenu au fil du temps Alsacien professionnel et de cœur écrit a contrario dans son « Dictionnaire amoureux de l’Alsace » (Plon) : « Avouons-le d’un trait : j’adore Hansi et, comme dit Albert Soboul de la Révolution française, je le prends en bloc. Avec ses excès, ses traits « hénaurmes », ces touristes allemands ridicules qu’on reconduit à la frontière. » Bien sûr, le patriotisme à tout crin de l’Oncle Hansi, ses diatribes contres les « boches », l’histoire officielle distillée par la Prusse de Bismarck, ses soldats hautains et ses fonctionnaires bornés, tel le professeur Knatschké (que Ungerer apprécie tant), vilipendés par l’Oncle Hansi, c’est drôle, mais surtout pédagogique en vérité. Et puis Jean-Jacques Waltz, dans ce « Mon village, Ceux qui n’oublient pas » présente après tout la vie quotidienne d’un petit village de l’outre-Forêt, sis à deux pas de Wissembourg, à l’extrême pointe nord-est de l’Alsace, quasiment face à l’Allemagne, qui a porté l’amour de la France au plus haut, malgré une annexion qui dure depuis quarante et un ans (l’ouvrage est publié en 1913 chez Floury). Et de fait, il raconte aussi les kougehopfs des familles, les bretzels croquants, les grandes tartes de fruits couvertes de treillis de pâte, les Messti-Labkueche, les soupes aux quenelles, et autres gâteries qui, à elles seules, valent qu’on déniche l’ouvrage dans quelque rayonnage de libraire. – « Mon village, Ceux qui n’oublient pas », par l’Oncle Hansi (Paris, 1913, Floury).

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