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Publié par toutnestquelitresetratures

On ne fera jamais assez l’éloge de la douceur de la terre angevine. Et de ce poète-paysan de Mazé qu’était Emile Joulain qui n’a fréquenté d’autre université que l’école primaire libre de son petit bourg. Et ce poète patoisant fût prolifique. On retiendra son « Rimiaux » illustré par Jean Bazantay et son « Humour en Anjou » dans lequel il cause du vin, citant nombre de confrériesrimiaux-de-emile-joulain-livre-871005801_ML.jpg bachiques comme les « Sacavins », « Les Fins gousiers du cabernet, « Les Féseux d’Rillauds », de « Brissac », les « Anysetiers » ou « Les Buveux de Bernâche » dont le siège social était situé en son pays de Mazé, sur la place de l’église, au bistrot « Les Floralies du vin ». Est-ce de cette profusion de confréries vineuses, disciples de Bachus, d’Evohé, de Dyonisos, ou du Père Noé, qu’est née l’histoire qu’il raconte et que voici ? « Il y a les petites plaisanteries tout aussi innocentes, qu’on se permet entre copains : dire par exemple pendant qu’il verse : - M’en mets pas trop : j’vas l’oûter (l’ôter), ou bien : - M’en mets pas pu haut que l’dégt (le doigt)jmais en mettant le pouce au-dessus du verre ! Un gros commerçant en légumes de la Vallée versait un jour à boire à un de ses clients venu livrer ses carottes ou ses oignons à son magasin. Il n’y a aucune opération, en Anjou, d’aucune sorte, qui ne se passe sans qu’on trinque ; autrement on n’est pas considéré. Soucieux des bons usages et très généreux d’ailleurs, M. Georges F. débouche une bouteille pour son client et pour son vieux domestique présent, le Père Beaumont. Mais, par inadvertance sans doute, il n’emplit le verre de celui-ci qu’à moitié. On trinque, quand le bonhomme tranquillement tire son couteau de poche l’ouvre et se met à cisailler son verre. Le patron : « Mais qu’est-ce que tu fais là, Beaumont ? T’es fou ? ou quoi ? Alors le Père Beaumont, tout aussi tranquillement : - « Ben non ! mais j’coupe le d’ssus d’mon verre, pisqu’in’sart à rin ! » Est-il besoin de dire que son verre, en fin de compte, se trouva plein comme les autres ? ». Bon appétit et… large soif !

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