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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 17:45

ItalieHistoireSocieteCulture.pngPatrie de la beauté, des arts et de la culture – terre-mère de Léonard de Vinci, de Piero della Francesca, de Fellini et de Michel-Ange, l’Italie est aussi celle de Mussolini et de Berlusconi, de Verdi, de Pinocchio, de Pasolini et de Gramsci, le fondateur du Parti communiste italien. Cette Italie est plurielle et redevable à sa géographie. Il y a le Nord, dynamique et riche, qui contraste avec le Sud, aride et rural, conduisant des millions d’Italiens à s’exiler. Les mythes et les légendes aussi vont se charger de la longue histoire de ce pays. Avant la longue marche vers l’unification, il y a eu, au gré des instabilités, de conflits et d’alliances successives, l’Italie n’a trouvé son unité qu’en 1861 alors qu’Emmanuel II règne sur le nouvel Etat. Le livre « Italie » de deux journalistes de « Politis », Olivier Doubre et Jean-Claude Renard (je les ai rencontrés lors d’une dégustation de barolo !), raconte la génèse du pays, l’histoire, l’esprit de famille, le rôle central de la « mamma », l’importance accrue de l’Eglise qui s’immisce dans la vie économique et politique. Il développe aussi sa cuisine, nourrie de sensualités et de terroirs, de la fontina du Val d’Aoste au risotto lombard, de la cuisine des carrefours que sont la Vénétie, le Trentin et le Frioul-Vénétie-Julienne, les délices de la Ligurie, de l’Emilie-Romagne et de la Toscane, de Rome et de son art de bien manger, des riches cuisines de pauvres d’Abruzze et de Molise, du royaume de la pizza avec la Campanie, et de la Sardaigne et de la Sicile qui sont sous influence méditerranéenne. Le « bel paese », c’est un ruban de sinecdoques : il n’y a pas une Italie, mais des Italies. Et donc, comme le soulignent les auteurs, l’ultime centre névralgique, majeur et dominant, c’est celui des fourneaux. Là où l’on retrouve la « mamma », à l’origine d’une cuisine toute de mémoire et de traditions. Une cuisine nourrie des ses paysans et de ses terroirs, une cuisine qui puise fortement dans ses origines, authentique certes, mais aussi éclatée et disparate. Une cuisine qui subit l’influence de l’histoire, que l’on dégustera en famille ou dans une modeste trattoria. In fine, écrivent-ils, « la cuisine italienne dessinerait à elle-seule le portrait du pays. Avec ses coutumes, son inventivité, sa prégnance/présence de la « mamma », nourricière, forcément nourricière. Aves ses joies, ses querelles, ses réconciliations, ses divisions et ses fractures ». Ainsi en va-t-il de questions fondamentales : beurre ou huile d’olive, pasta, polenta ou pizza, caffè machiato ou ristretto, cuisine raffinée ou rustique, celle des paysans ou des doges, des pêcheurs ou des montagnards ? Voilà bien un concentré d’Italie à savourer « al dente ». – « Italie, Histoire, Société, Culture », par Olivier Doubre et Jean-Claude Renard (Editions La Découverte, 2012, 15 €).

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Published by toutnestquelitresetratures - dans Italie
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  • : Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
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  • : Au quotidien, la cuisine selon les saisons, les vins selon l'humeur, la littérature qui va avec, les bistrots et les restaurants, les boutiques qui nourrissent le corps et l'esprit, bref tous les plaisirs de bouche et de l'âme.
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  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.
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