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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 14:16

ClosBourguignonLouis.JPGLa disparition de Louis Deconquand, une figure du bistrot parisien : ce grand Cantalou était sur le pavé du bistrot parisien depuis quelques lustres. Né à Pierrefort dans le Cantal, le 17 décembre 1934, il nous a quittés au début de ce mois de novembre. Jusqu’à peu, il avait tenu avec son frère René, « Le Clos Bourguignon », proche de l’Olympia, ouvert en 1993, et où il avait obtenu la Coupe du Meilleur Pot de l’Académie Rabelais en 2007. Auparavant, il avait notamment tenu « Le Vernet », alors que sa famille avait investi le bistrot parisien (son cousin Antoine était au « Rallye » dans le 10e depuis le début des années soixante et reçut la Coupe du Meilleur Pot en 1978). Louis a toujours privilégié de biens bons produits, souvent issus de sa région, les proposant avec des vins de soif, du beaucoup de beaujolais (Henry Fessy) que l'on buvait au comptoir, et d’autres plus structurés en salle (château certan pomerol). Sa clientèle, nombreuse, a toujours adhéré à son esprit de fraternité. Parmi ses clients fidèles – on comptait Jean Amadou, Henri Salvador, Laurent Gerra, le professeur Cabrol et Bernard Hinault parmi bien d’autres -, il y avait aussi le grand Amédée Domenech, dit « Le Duc », ancien pilier du XV de France (52 sélections de 1954 à 1963) qui y était installé comme chez lui, avec sa cour d’avocats, de juges et de gens bien nés. Ce grand gaillard vous livrait d’ailleurs entre guillemets les clés de cette fraternité sans équivoque : « Ici, on frappe trois fois à la porte et Louis répond toujours présent. On est jamais aux abonnés absents lorsque retentissent les trois coups… », en ajoutant avec malice à propos des célébrités de la maison : « Mais qu’on ne s’y trompe pas, le plus grand, ici, c’est moi ». Ci-après l’article publié dans mon guide « Le Feuilly 2010 » alors que Louis Deconquand était encore à son comptoir : « Quand on aime, on ne compte pas. Ainsi lorsqu’il propose un émincé de volaille, Louis Deconquand, passe tout simplement sous silence les morilles dont il garnit l’assiette. Et s’il fait des infidélités aux trésors de ses montagnes, c’est essentiellement dans le domaine du beaujolais puisqu’il s’inscrit dans la Confrérie des Frères Brouilly. Les charcuteries du Cantal et la langue de chat (un morceau de bœuf au cœur du rumsteack) font toujours accourir le Paris du music-hall, comme Laurent Gerra. Mais les gourmets sont également attirés par le camembert qui « s’abandonne », selon l’expression d’un autre comique, hélas disparu, Roger Pierre, qui ne manquait pas de rappeler ici même, le destin de madame Cousin, citoyenne de la ville de Camembert qui, en 1915, a tenu à reposer dans un cercueil rempli de calvados ». Hommage à Louis Deconquand, pour lequel, à minuit, les travaux sont terminés… et merci à Alain Gex qui fût un de ses fervents partisans et auquel ses lignes doivent beaucoup.

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Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
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  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.
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