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Publié par toutnestquelitresetratures

LaMortduVinStock.jpg

LaMortduVinTer.jpg« Si le vin n’était pas plus que le vin, si nous avions le droit de le considérer comme un produit agricole aujourd’hui désuet, nous accepterions de le laisser glisser dans le cimetière des grands ancêtres, entre le mil et l’épeautre. Mais il fait partie de notre honneur, et qui donc a risqué le sien pour le défendre ?... Nous avons besoin du vin parce qu’il fertilise la plus féconde de nos zones d’ombre, la générosité. Il y a pleine de zizanies autour de la pureté du vin et, en effet, à le regarder de près, le vin n’est pas plus pur que la vie. Mais, comme la vie, il est généreux jusqu’au délire. Des millions d’œufs pour livrer une seule morue, des milliers de tonneaux de gros rouge pour un seul cru digne d’être nommé. Devant une telle prodigalité, la raison baisse les bras, mais l’amour ouvre les siens. Quand on n’aime pas trop, on n’aime pas assez. ». Ce passage du livre de Raymond Dumay, né dans la Bresse mâconnaise en 1916, et qui s’est éteint en 1999, est digne de l’observation d’Henri Michaux : « L’univers du moi et du vin est un poème ». En effet, dès 1976, il dénonçait les effets d’un monde du vin livré aux malversations du grand négoce et des banquiers. Pour lui aussi, l’ordre moral sonnait le glas de la civilisation du vin, dieu de la générosité, de la solidarité, de l’art et de la liberté. Lui qui avait vagabondé sur les routes des vignobles, publié un traité de gastronomie, des journaux de guerre, des guides sur le vin et les eaux-de-vie, des romans et autres récits qui ont fait de lui un des plus purs écrivains du XXe siècle, heureusement, n’a eu totalement raison. Mais grâce à lui, sans doute, rien ne s’est effondré vraiment : il y a eu un sursaut. Les vignerons d’aujourd’hui ont-ils lu Dumay ? Il se peut. Relisons-le et bon appétit et large soif ! – « La mort du vin », Raymond Dumay, Editions Stock (1976).

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