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Publié par toutnestquelitresetratures

50Best2014.jpgLe classement organisé par la revue britannique « Restaurant » et en fait sponsorisé par San Pellegrino, une marque du groupe mondial Nestlé qui paie de son portefeuille (quelques miettes pour cette multinationale) a été révélé hier soir lors d’une cérémonie ultra-médiatisée à Londres. Que le bon peuple se rassure : la farce continue et progresse même d’année en année dans la bouffonnerie totale. L’an passé, le numéro 1 était le champion de la cuisine dite "techno-émotionnelle", El Celler de Can Roca, dont j’ai dénoncé en son temps les méthodes de cuisine et son copinage (largement rétribué) avec l’industrie alimentaire qui puise dans la chimie. Cette année, il est passé numéro 2 au profit de celui qui avait déjà été plusieurs fois numéro 1, j’ai nommé Noma, le restaurant de Copenhague de René Redzepi. Il faut rappeler que 63 des clients de Noma avaient dû être hospitalisés pour intoxication alimentaire en 2013. Auparavant, Ferran Adria, également triomphateur de ce classement, a aussi envoyé aux urgences de l'hôpital de Rosas nombre de ses clients, sans même parler du cas de Heston Blumenthal qui fût contraint de fermer ses portes en 2009 suite à l'hospitalisation de... pas moins de 527 clients. A part cela, le classement continue de promouvoir les uns et les autres dans les dix premiers, moyennant un petit jeu de chaises musicales : l’Osteria Francescana de Modène (Italie) qui était 5e en 2012 et 3e en 2013 est toujours 3e ; Mugaritz (Espagne), 3e en 2012, 4e en 2013 et 6e en 2014 ; Heston Blummenthal, 9e en 2012 et 7e en 2013 devient 5e en 2014 et ainsi de suite. Il faut croire que seuls les restaurants français n’en sont pas dignes puisque plus aucun d’eux qui ne figurent dans les dix premiers. Et même, en 2014, ils reculent encore un peu plus dans le Top 50 : L’Arpège d’Alain Passard qui était 16e en 2013 est désormais 25e, L’Atelier Saint-Germain de Joël Robuchon est passé de la 24e place à la 32e, Le Chateaubriand (mais au fait que vient-il donc faire là ?) était 18e, il est 27e, L’Astrance de Pascal Barbot, lui, est passé de la 23e à la 38e place. Le seul restaurant français qui progresse est le Mirazur, 28e en 2013, il passe à la 11e place. Quant au Septime, qui avait intégré le Top 50 en 2013, il est relégué à la 52e place. Que disait voilà peu François Simon, l’ancien chroniqueur gastronomique du Figaro, qui lui-même avait présidé le jury français avant de quitter le navire : « Un classement plombé par une nomenklatura de la bouffe qui essaie de modifier les opinions juste pour une coterie de copains avec lesquels ils vont boire des coups avec des billets d’avion offerts. » Mieux encore, René Redzepi, le gagnant d’aujourd’hui comme plusieurs fois d’hier, n’est pas dupe. Il déclarait à qui voulait l’entendre : « Ce classement est parfaitement ridicule. Noma n’est pas mieux qu’un autre. Je l’ai dit à tous mes cuisiniers : profitons-en tant que cela dure pour faire tout ce dont, jusqu’à présent, on pouvait seulement rêver." Et le classement 2014 n’hésite pas à fouler aux pieds son propre règlement interne – qui précise que les restaurants doivent être ouverts le jour de la publication des résultats - puisqu’il classe à la 75e place, le restaurant d’Alain Ducasse au Plaza-Athénée à Paris alors que celui-ci est fermé depuis belle lurette (fin de l'année dernière). A part cela, quid des autres restaurants français : Le Louis XV à Monaco est 56e, Michel Bras à Laguiole 73e , La Grenouillère à La Madeleine-sous-Montreuil 82e, L’Epicure à Paris 88e et Pierre Gagnaire 92e. Une rigolade absolue. A côté de cela, le chef du jury français, Andrea Petrini, a beau dire que le seul pays où le classement est critiqué, injustement selon lui, est la France, et répétez à l’envi que la France y est plutôt bien représentée, son propos ne tient pas la route : depuis la première édition en 2003, 105 restaurants français ont été cités dans le Top 50, certes largement devant les Etats-Unis (81), le Royaume-Uni (78), l’Espagne (54) et l’Italie (48), mais les statistiques sont implacables et ne plaident guère en sa faveur puisque la France comptait dans le Top 50 en 2004 9 restaurants, puis 15 en 2004, 11 en 2005 et 2006, 13 en 2007 et 11 en 2008, mais depuis 2009 les chiffres sont en berne avec seulement 8, puis 6 en 2010, 8 en 2011, 7 en 2012, 6 en 2013 puis 5 en 2014. Combien l'année l'année prochaine ? A ce rythme, la France va s'inscrire aux abonnés absents. L’absurdité du classement est telle que l’an passé, celle qui avait obtenu le titre de meilleur chef féminin du monde (sous la houlette du champagne Veuve-Clicquot, également sponsor du classement), Nadia Santini du Dal Pescatore à Canneto sull’Oglio (Italie), n’était même pas dans les 50 premiers (77e seulement) et qu’en 2014, on la retrouve, reculant encore, à une bien lointaine 90e place. Pour l'anecdote, on notera aussi que Ferran Adria - qui a fermé son restaurant El Bulli - se classait néanmoins l'an passé à 77e place avec son Tickets à Barcelone, un néfaste food chimique, et qu'en 2014, il frise le Top 50 pour s'installer à la 57e place. Après de tant de bons et loyaux services rendus à l'Internationale de la malbouffe, comme le dit l'ami Vincent Pousson, nous ne sommes pas autrement étonnés. Et n'oublions pas la bonne presse française qui, chaque année, y va de son couplet subliminal sur la thématique : "France, ta gastronomie fout le camp !" ou "La cuisine française est-elle encore la meilleure du monde ?", sans l'once d'une réflexion critique sur la nature de ce classement et les méthodes de notation qui restent un mystère pour tout le monde. Allez, du passé faisons table rase et balayons ce classement qui ne mérite qu’une chose : passer aux oubliettes de l’histoire ! En attendant, rendons-nous tous chez ces chefs qui cuisinent avec de vrais produits et respectent les saisons plutôt que de privilégier ceux qui pratiquent les alginates, la cellulose méthylée, l'amidon transformé, le monoglutamate de sodium, les polysaccharides, le stabilisant, les carraghénanes, le xantana et l'azote liquide. Bon appétit chez les cuisiniers qui nous régalent plutôt que ces apprentis sorciers de la chimie qui mettent en péril la cuisine avec un grand "C". Et, bien sûr, large soif !

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patrick axelroud 29/04/2014 19:32

Personne ne peut empêcher quelqu'un de s'adresser aux gogos.C'est la cible préférée de NESTLE (il suffit de voir tous ceux qui sont prêt à boire " un si excellent café !" qui vaut 14 x le prix au
kg - Comme VUITTON qui fait croire qu'une toile cirée monogrammée a plus de valeur qu'un sac en cuir et de ce fait vaut le même prix ) Les journalistes qui se respectent et veulent parler de ce
fait, certain le font, modifie le nom du palmarès et parle du restaurant le plus à la mode mais certainement pas le meilleur.

toutnestquelitresetratures 29/04/2014 20:11



Bien vu mon cher Pax...