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Publié par toutnestquelitresetratures

TimJohnstonCahiers.jpgIl est arrivé en France très jeune et il n’en est jamais reparti. Son « Juveniles » a été créé en 1987. En 1989, il participe avec moi à l’aventure du mouvement « Slow Food » et, ensemble, nous sommes responsables, et coupables, des choix viniques français du « Guide des Vins du Monde » (publié par Slow Food en 1993 et 1996). Cet homme aime le vin, plus que de raison sans doute, mais je ne saurai lui reprocher. Je suis un peu comme lui, voire même à l’identique. Pour lui, « le meilleur des compliments qu’on peut faire au Juveniles, c’est de dire qu’on s’y sent chez soi ». C’est pas beau, ça ? Chaque fois d’ailleurs que j’entre dans cet antre qui n’affiche pas son âge, l’accent écossais de Tim résonne et je sais déjà, qu’autour de la table, la conversation va s’arrondir. Qu’elle sera nourrie des petites choses de la vie, du temps qui passe, de l’amitié indéfectible et de quelques gorgées que l’on boira toujours pour la soif à venir. L’an passé, Tim avait donné une contribution aux éditions du CNRS « Les Cahiers européens de l’imaginaire », sous le titre « It’s like Home ». Aujourd’hui, pour vous, deux choses simples dans ce texte qui mérite d’être évoquées. “My theory is simple, if you cannot afford a second bottle of something you really like – its too expensive !”. Je signe avec lui de suite : si vous n’avez pas les moyens de vous payer une seconde bouteille de ce que vous aimez, c’est que le vin est trop cher ! Rassurez-vous, ce n’est pas le cas chez lui : le premier verre appelle le second et ainsi de suite. Autre sujet qui souffle dans l’air du temps : la problématique des vins dits « nature ». Tim dit « qu’il y a encore des croisades à mener. Par exemple pour les bouchons vissés, que j’adore pour de pures questions de qualité, et contre les vins « nature » que je ne peux pas sentir ». « Pour moi, ajoute-t-il, un bon vin, un grand vin, est naturel, et le vigneron, s’il est honnête, fera tout ce qu’il a à faire durant les années difficiles pour sauver sa récolte, même si cela implique l’usage des sulfites. On a tendance aujourd’hui à prendre pour des vins naturels des trucs pas bons, pas finis ou morts. En créant des labels un peu partout, on se trouve des excuses pour épargner aux vignerons certaines médiocrités. Heureusement, il y aura toujours des bons et grands vignerons qui pas besoin de ces étiquettes et de ces modes qui sont des autoroutes offertes au marketing ». Un joli petit coup de pied dans la fourmilière des intégristes du vin nature. Que je partage. Pour le reste, régalez-vous ici de toutes simples pommes de terre dans leur peau avec une mayonnaise pimentée, de saucisse au couteau, du fameux haggis écossais, de la cuisine du quotidien et de vins qui ressemblent à l’homme qui les propose : pleins d’humanité. – « Manger ensemble » (Editions du CNRS Les Cahiers européens de l’imaginaire, 30 €). – « Juveniles – 47, rue de Richelieu (Paris 1er). Tél. : 01 42 97 46 49. Fermé dimanche.

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