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Publié par toutnestquelitresetratures

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caveslegrandviviennex.jpg« Legrand des petits crus », c’était là le titre d’un papier de « Paris-Presse L’Intransigeant » signé « Gault et Millau », du temps d’avant la grande aventure de leur guide. Il est vrai que l’homme a marqué des générations d’amateurs de vins francs et sincères. Lucien Legrand, dans sa boutique début de siècle dernier, s’est fait le caviste découvreur de petits crus d’ici ou d’ailleurs. Il a aussi stigmatisé les dégustateurs professionnels. « A trop faire confiance à ces « spécialistes », on risque, disait-il, de préférer des vins de concours, boisés, chaptalisés, filtrés. Des produits propres, haut de gamme, lancés à grands renforts de campagne médiatique. ». De ces « docteurs ès vins » oublieux du plaisir authentique, raconte Fiona Beeston dans son livre « Mes hommes du vin », Lucien Legrand, peu avares de métaphores musclées, avait l’habitude de dire : « Ce sont des gynécologues qui se prennent pour des Don Juan ! ». Fiona, elle qui a travaillé chez lui, avait bien retenu les leçons de vie et de vin. Lucien n’est plus, mais il continue de promener sa silhouette de paysan galerie Vivienne à Paris et dans le livre de Mademoiselle Beeston qui y raconte quelques-uns des « Hommes du vin » qui lui étaient chers. Ils ont pour nom Charles Joguet à Chinon qui inventa les vignes « franc de pied », c’est-à-dire non greffées ; Pierre-Jacques Druet à Bourgueil qui a toujours prôné une connaissance intime du terroir plutôt que l’œnologie pure ; Nicolas Joly à Savennières (La Coulée de Serrant), qui produit un vin unique avec du chenin sur les coteaux recouverts d’un éparpillement de schistes, brûlants en été, raconte Fiona, dégringolent vers le fleuve, comme pour céder à cet enchantement de fraîcheur et de paix ; Eloi Dürrbach, du Domaine de Trévallon vers les Baux-de-Provence, au cœur des Alpilles, qui planta, se détournant de l’AOC, du cabernet-sauvignon, pratique les petits rendements sur un terroir qu’il a reconstruit de ses mains ; Léonard Humbrecht en Alsace qui a redonné ses lettres de noblesse à une région prolixe en petits vins de comptoir, s’engageant avec justesse dans la création de l’appellation « grand cru » avec son rangen de Thann. Voilà autant de vignerons qui n’ont jamais été de ceux qui donnent des leçons, mais juste des hommes qui participent à la grande aventure du vin. – Les Caves Legrand – 1, rue de la Banque. Téléphone : 01 42 60 07 12. Fermé dimanche.

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Weber 31/07/2012 13:27

En amont de Tours règne le Montlouis. Je viens de déguster celui qu'élève Vincent Denis. Floral sans excès il a beaucoup de longueur; sec mais pas seulement il n'est pas pour autant dépourvu de
gras. En bref, sur un ris de veau cuit dans un beurre mousseux au thym frais, il m'aura fait redécouvrir la pertinence de cette notion si galvaudée : l'accord gourmand...