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Publié par toutnestquelitresetratures

Talleyrand.jpgCharles-Maurice de Talleyrand-Périgord était un fin gastronome, sa table était réputée et on le sait aussi, il était autant un homme d’esprit qu’un diplomate avisé. Un jour que Chevet – qui était le grand fournisseur du Palais-Royal – lui avait fait hommage de deux turbots de près de vingt livres tels qu’il n’en était jamais paru à Paris, il réunit son personnel de bouche. Que faire ? Le lendemain, il avait un dîner de douze convives, des gastronomes aptes à apprécier la chair exquise de ce poisson, comme aussi, leur taille inhabituelle. Mais leur servir les deux turbots, n’est-ce pas vulgarité de nouveau riche ? Et pourtant, les deux pièces flattaient la vanité de Talleyrand. C’est alors qu’il sourit dans son jabot de dentelle, il avait trouvé. Le lendemain, après les potages, le maître d’hôtel ouvre à deux battants les portes devant deux laquais apportant, sur un plateau d’argent immense, le plus prodigieux turbot que dîneur aie jamais vu. Aussitôt, l’on se récrie, l’on admire, l’on complimente… Lorsque, tout à coup, un cri d’effroi. Un des laquais a glissé sur le plancher ciré et le turbot gît à terre. Chacun alors se désole. – Apportez le second, commande Talleyrand, impassible. Et deux autres officiers de bouche apportent, au milieu de l’admiration générale, le second turbot. L’anecdote fut évidemment rapportée en ville dès le lendemain, quelque peu embellie encore. Talleyrand pouvait ainsi livrer un mot d’esprit : « On dit toujours de moi ou trop de bien ou trop de mal ; je jouis des honneurs de l’exagération. »

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