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Publié par toutnestquelitresetratures

LeCanardEnchaîneLeCanardEnchaîneDécidément, on n’a pas fini de parler de la farce du classement « The World’s 50 Best Restaurants » généré par le groupe Nestlé sous l’égide de sa marque d’eau minérale San Pellegrino. « Le Canard Enchaîné » - qui doit me lire attentivement puisqu’il reprend notamment l’usage, que je dénonce, fait par le meilleur restaurant du monde, « El Celler Can Roca » de l’usine à gaz qu’est le « Rotaval » - en remet une couche avec un article sur « La cuisine émotionnelle… » appelée « techno-émotionnelle » par les frères Roca, c’est dire. Lisez-donc dans son édition du 29 mai à la rubrique « Conflit de canard » : « Impossible d’y échapper. Comme tous les ans, les médias en ont fait des tonnes sur le classement des « 50 meilleurs restaurants du monde » et le triste constat que la première toque française n’arrive qu’en 16e position. C’est quoi, ce palmarès ? Organisée cette année à la prestigieuse école Guildhall de musique et d’art dramatique de Londres, cette cérémonie est en fait sponsorisée par Nestlé, au travers de ses marques d’eau minérale Acqua Panna et San Pellegrino. Le nom officiel du classement – rarement cité dans la presse – est d’ailleurs sans équivoque : le San Pellegrino World’s 50 Best Restaurants. Bien sûr, ne voir aucun rapport entre le fait que Nestlé, numéro 1 mondial de l’agroalimentaire, soit l’un des grands défenseurs de la cuisine industrielle assaisonnée d’additifs, et que ce top 50 ressemble à un plébiscite pour la chimie dans l’assiette. Cette fois, c’est l’espagnol El Celler de Can Roca qui a décroché la première place, pour sa « cuisine émotionnelle ». La preuve : il use et abuse du Rotaval, un appareil qui permet « l’extraction aromatique et la concentration des saveurs d’un aliment, agissant en quelque sorte comme une distillation à basse et haute température ». Alléchant. Le plus goûteux, c’est que depuis onze qu’existe le San Pellegrino World’s 50 Best Restaurants trois des lauréats, aficionados de la cuisine moléculaire, ont intoxiqué leur clientèle. Prenez The Fat Duck, couronné en 2005. quatre ans plus tard, 500 clients de ce 3-étoiles britannique étaient victimes d’une épidémie de diarrhées et de vomissements. Même exploit pour le chouchou du jury, couronné, lui, cinq fois de 2002 à 2009. Une dizaine de clients du catalan El Bulli ont en 2009 souffert de méchants problèmes de digestion. Et, en février dernier ce sont 63 gourmets qui ont été terrassés par ce qui ressemblait fort à une gastro-entérite après avoir goûté à la gastronomie moléculaire du Noma. Le danois avait pourtant été élu « meilleur restau du monde » trois fois de suite. Au fait, on ne le répétera jamais assez, la gastronomie moléculaire est une invention française, qu’on doit à Hervé This, physico-chimiste à l’INRA (l’Institut national de la recherche agronomique), qui ne se lasse pas de vanter cette cuisine atomisée, dynamisée, déconstruite. Pour une fois qu’en France quelqu’un innove... Cocorico ! » - J’ai déjà indiqué ici même que la révolte contre ce classement prenait quelque ampleur, avec le « Coming out » d’un membre du jury qui a démissionné, FeGH, alias Grasser-Hermé, et l’appel au boycott de San Pellegrino d’un restaurateur 2-étoiles de Provence, Edouard Loubet. On constatera aussi que, malgré les attaques lancées ici ou là, les initiateurs de cette farce sont curieusement muets, aux abonnés absents. Courage, fuyons ! – Bon appétit quand même et large soif.

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