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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 15:15

Ah en ces temps de cuisine de régime moléculaire, l'Ecossais Tim Johnston continue d'afficher son aphorisme préféré : "Quand les gros seront maigres, les maigres seront morts !". Et il est vrai que l'on ne s'ennuie guère chez lui. Si les cigares cubains n'y sont désormais plus de la partie alors que la pipe y est évidemment toujours interdites, son choix de vins français et étrangers est une des meilleures sélections de la capitale : formidables jerez, Torbreck de la Barossa Valley en Australie que Tim va vinifier lui-même, sauvignon de Nouvelle-Zélande, dolcetto d'Alba de Sandrone, cairanne (un cru fait pour et par Tim avec Marcel Richaud) et délicieux beaujolais de Pierre-Marie Chermette, dont la cuvée annuelle de vin nouveau est un vrai vin de soif. Dans les assiettes, toute une ribambelle d'antipasti-tapas et de plats bistrotiers au gré du marché (andouillette AAAAA, boudin), le plat national de son pays, le haggis (panse de brebis farçi) et un gâteau au chocolat fondant. L'ambiance ? Haute en couleurs et en verbe, avec un public averti et toujours de bonne humeur. Sa fille Margaux au service est aussi enjouée que son papa. Menus : 17 et 19 € (déj.) et 27 €. Carte : 30-45 €.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 10:26

C'est un véritable rituel en Italie. Il rythme la vie de tous les jours puisque, selon les statistiques, 83 % de la population en consomme et 75 % des Italiens en boivent tous les jours. Il est vrai que le café est idéal pour recharger ses batteries, pour stimuler l'organisme quelque peu fatigué. Ses vertus digestives sont également connues pour les fins de repas. Vous l'avez compris, l'espresso n'est pas considéré comme une boisson destinée à étancher la soif. Il se consomme à l'italienne, dans une petite tasse et en petite quantité, ristretto, c'est-à-dire "serrré" comme on le dit en France. L'histoire du café en Italie ? Tout le monde s'accorde pour reconnaître que le plant de café est orginaire d'Ethiopie, plus précisément de la région de Caffa. Il s'est ensuite répandu jusqu'à la péninsule arabe. Les grains furent alors exportés au Soudan, en Egypte et même jusqu'à Constantinople. Ce n'est que vers la moitié du 16e siècle que les marchands vénitiens l'importèrent en Italie. Dès le début du 17e siècle, le café était consommé dans toutes les grandes villes italiennes et, dès ce moment, on le préparait avec une méthode permettant d'obtenir un café ristretto et très aromatique. C'est Francesco Floriano qui, en 1720, ouvre le premier établissement à café au nom de "Café de la Venise Triomphante". Deux variétés sont utilisées, l'arabica et le robusta qui, bien que se ressemblant lorsqu'elles sont grillées, sont en réalité bien différentes ne serait-ce que sur le plan génétique : la première possède 44 chromosomes contre seulement la moitié pour la seconde. La qualité des deux grains dépend du climat, équatorial ou tropical, et augmente en général quand ils sont cultivés en altitude et, en revanche, le gel est fatal aux deux espèces. Pour faire un espresso, il faut utiliser un juste dosage des deux variétés, l'arabica apportant un délicat parfum, et le robusto harmonisant le tout, mais on peut aussi choisir exclusivement l'un ou l'autre. La préférence des torréfacteurs italiens va au café brésilien dont les zones de production sont considérées depuis longtemps comme les meilleures. La règle pour obtenir le meilleur espresso : 30 secondes d'extraction avec une eau à un peu moins de 90° centigrades et à 16 atmosphères de pression. L'extraction correcte donne une crème à la couleur homogène, sillonnée, dans le meilleur des cas, de stries plus sombres appelées "tigrurees". Une couleur noisette intense à reflets roussâtes et de petites bulles compactes indiquent un mélange principalement ou exclusivement composé d'arabica. En revanche, si la couleur tend au brun sombre avec des reflets allant sur le gris et que les "mailles" de la crème sont plus larges et plus compactes, le robusta est prédominant. Et pour ce qui concerne les arômes obtenus, votre sens olfactif travaillera intensément, entre le pain grillé, le côté fleuri, chocolaté et fruité. Pour le déguster à Paris, la maison Illy, la célèbre marque de la ville aux cent cafés, Trieste, nous offre un lieu moderne et lumineux dans lequel elle propose son fameux espresso à boire ristretto, mais aussi le cappuccino, le macchiato et autres suggestions autour du café. Egalement en vente la fameuse collection de tasses dessinée par de nombreux designers italiens ou d'ailleurs. Et, en sus, pour s'informer, la presse quotidienne française et italienne est à disposition. Espressamente Illy - 13, rue Auber (Paris 9e), téléphone : 01 42 66 12 17. Fermé dimanche. M° Opéra.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:08

L'antique bistrot que Bertrand Auboyneau a repris à la fin des années 90, le voilà propulsé comme un de ceux qui font Paris. Il est vrai qu'il possède un charme d'antan, avec son décor d'antiques réclames, son zinc à l'ancienne, ses tables de bois, ses vieux frigos désormais neufs, son atmosphère à la Doisneau et, surtout, sa cuisine qui ne se moque pas du monde. Le juge de paix ? Le marché et les saisons qui dictent le menu au quotidien, celui que l'ami Bertrand concocte avec Thierry Laurent, le chef tient les pianos avec un immuable sérieux et une impériale ardeur à la tâche. Le carpaccio de boeuf à la thaïlandaise, le tartare de lieu jaune au vinaigre japonais, la poêlée de langoustines au beurre salé, le filet de saint-pierre aux champignons des bois, la magnifique entrecôte de boeuf avec d'étonnantes frites maison, le pigeon juste rôti au jus à la goutte de sang, les fromages de Bordier à Saint-Malo et le baba au rhum JM Crassous de Médeuil ou le paris-brest maison (en saison, à partir d'octobre) témoignent du succès rencontré. La sélection des vins est éblouissante, le service tout en bonhomie sympathique sous la houlette avisée de la souriante Laetitia, voilà qui ajoute au plaisir de table. Et n'oubliez pas de lire le premier opus de Bertrand Auboyneau en collaboration avec François Simon : "Bistrot" (218 pages, 29,90 €, Flammarion). Menus : 18 (déjeuner) et 36 €. Carte : 50-65 €. Le Bistrot Paul-Bert 18, rue Paul-Bert (Paris 11e). Tél. : 01 43 72 24 01. Fermé dimanche et lundi, août. M° Charonne ou Faidherbe-Chaligny.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 15:23

Et qu'est-ce qu'on fait sans l'adresse ? La voici : Le Griffonnier 8, rue des Saussaies (Paris 8e). Tél. : 01 42 65 17 17. Déjeuner seulement (sauf jeudi au dîner). Fermé samedi et dimanche. M° Champs-Elysées-Clémenceau ou Miromesnil. Voiturier le jeudi au dîner. Bon appétit et large soif !

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 15:02

J'en suis le zélateur heureux. Parce que, comme je le titre quand j'y vais, c'est toujours : "zébu, zésoif" ! Trêve de plaisanteries, voilà un bistrot à vin comme l'on en voudrait plus souvent. Non content de tenir au frais près de 10.000 quilles - pour 300 références - de haute qualité, avec le patronyme de grands vignerons aussi bien que d'autres, moins connus, ce bistrot relève le gant d'une nourriture à l'identique. Dès potron-minet, l'ami Cédric Duthilleul est là, toujours enjoué, prêt à dégaine son trait d'humour quotidien. Ensuite, avec son chef Christophe, un pilier de la maison, il déroule. Son foie gras de canard, une pure évidence ; ses jambon blanc et persillé, superbes tous les deux ; ses formidables mini-sardines, redemandez un coup de blanc ; son andouillette AAAAA, oh ! ; son entrecôte, en droite ligne des Boucheries nivernaises, persillée comme il convient ; son ris de veau à la truffe noire (en saison), un bonheur indicible ; son chou farci, à s'en faire péter la sous-ventrière, son plateau de fromages affinés, incroyable. Encore une petite faim, la tarte saisonnière est toujours du jour. Et, pour la soif et celle à venir, inutile de demander une ordonnance, cela suit vaillamment à chaque table. Chez lui, pas de buveurs d'eau (elle ne sert qu'à faire cuire les pommes de terre), pas d'importuns aux appétits non aiguisés, seulement des braves qui tombent la veste, retroussent leurs manches et taillent dans les plats avec ardeur. Bref, beaucoup d'habitués qui, le seul soir d'ouverture, le jeudi, viennent en pelotons serrés tenir leurs agapes. Le décor de bistrot est tout simple, d'une propreté immaculée, avec étage om officient les deux C., Carole et Céline, la grâce même, et, devant et autour, un service débonnaire, virevoltant et toujours sur le mode humoristique de Jérôme. Le public, lui, s'apostrophe d'une table l'autre, échange un bourgogne blanc de Roulot avec un morgon de Foillard, une Premières Vendanges de Marionnet avec une côte-rôtie de Clusel-Roch (18 crus différents en cave), un riesling d'Ostertag avec un grand bordeaux proposé au verre (haut-brion par exemple !). N'en jetez plus, la coupe n'est pas assez pleine, l'heure du champagne arrive (Delamotte, Dom Perignon, Cristal Roederer, Salon), juste le temps de se quitter avec le dernier verre. Magnifique cave à cigares (à fumer dehors). Du beau et du bon qui font notre ordinaire supérieur. Carte : 40-70 € et plus (selon consommation).

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 14:29

Alessandra Pierini, la princesse italienne gourmande de Paris, c'est elle. Pendant 17 années, elle a tenu boutique et table ouvertes à Marseille à l'enseigne de "Pasta e Dolce". Depuis fin 2010, elle a pris ses marques au coeur de la capitale (rue Rodier, 9e) sous l'enseigne acronyme "RAP", Ristorante Alessandra Pierini. Dans un décor moderne non ostentatoire griffé Marie Portefaix (www.epoiesen.fr), elle livre une cuisine transalpine au plus près du produit, piochant dans ses souvenirs de bouche, offrant des assiettes qui ne laissent pas un goût de déjà vu. La zupetta de queue de lotte aux palourdes, les ravioli de homard à l'estragon et le bar de ligne à la trévise indiquent qu'elle est native de Genova. Les tagliolini au ragoût de canard et le carré d'agneau aux gnocchi de noisettes du Piémont sont de jolis plats d'une rusticité élégante. La crème de mascarpone aux fruits frais, le semifreddo et la pastiera napolitaine jouent d'un classicisme bienvenu sans jamais tomber dans la banalité. Les vins - joliment commentés par Giovanni Napolitano - sont le fruit d'une sélection exclusive : prosecco naturale de la Casa Coste Piane, I Masieri et Sassaia de Vénétie d'Angiolino Maule, barbera d'Asti Le Amendola, montepulciano et trebbiano d'Abruzzo d'Emilio Pepe et Pratoasciutto - remarquable - de Rita et Guido Zampaglione dans le Monferrato piémontais parmi d'autres, une bonne centaine. Et comme elle ne pouvait pas en rester là, elle propose de traverser la rue pour remplir son panier à la boutique qui offre un véritable inventaire à la Prévert : magnifique panettone, pandoro di Verona, aceto balsamico tradizionale di Modena (25 ans), poutargue de mulet de Palerme de Michele Sipiano, castelmagno exceptionnel, buratta qui ne l'est pas moins, limoncelle, crème d'oignons de Tropea, figues de Cosenza, riz de la plaine du Po de Carlo Zaccaria (arborio, carnaroli, vialone ano, rare nero di Baraggia) et d'autres pasta napolitaine di Gragnano de Afelcra. En sus, les vins qui sont servis au restaurant. Le voyage chez cette belle italienne s'impose. RAP 24, rue Rodier (75009). Tél. : 01 45 26 86 26. Fermé lundi et mardi. Jusqu'à 22 h 30. M° Cadet ou Notre-Dame-de-Lorette. Menu : 16 € (déjeuner). Carte : 45-70 €. Boutique 15, rue Rodier (75009). Tél. : 01 42 80 09 91. Fermé dimanche après-midi et lundi. www.rapparis.fr

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 12:33

De temps à autre, les chroniqueurs gastronomiques sont aux abonnés absents. Voilà en effet 18 mois que s'est ouvert aux Puces de Saint-Ouen au marché Malassis le restaurant "Les Terrasses de Cayenne" et aucun d'entre eux ne s'en est aperçu (mais que fait-donc la pléthorique équipe du Figaroscope ?). Décor années 70, grand bar d'accueil, deux terrasses ouvertes sur le marché, une vaste salle à manger au parquet de chêne, un mur de quilles (surtout le morgon de Jean Foillard) et une cave de crus de vignerons, des tables joliment dressées avec des verres Spielgelau, une cuisine de ménage bien troussée doublée de quelques spécialités italiennes, un accueil tout en bonne humeur gourmande, que demande le peuple des chroniqueurs ? Sans doute, une ratatouille justement servie froide, un boudin grillé aller-retour de Christian Parra, l'ancien deux étoiles Michelin à l'Auberge de la Galupe à Urt (Pyrénées-Atlantiques), la charcuterie de la maison Laborie à Parlan dans le Cantal, une escalope comme à Milan (et sans pasta), une côte de boeuf Simmenthal avec ses frites maison, un comté de 24 mois de la Ferme Petite ou un munster au cumin choisis par la famille Voy de La Ferme Saint-Hubert (rue Rochechouart, 9e) et une framboise Melba à la chantilly minute ? Voilà, vous les aurez ici même en ce lieu de vie de bonne chère et de bons vins. A retenir aussi, le premier jeudi de chaque mois la soirée "Jazz à Cayenne" (la prochaine le 7 juin à 20 h, notamment avec Didier Lockwood). Alors bon appétit et large soif ! Les Terrasses de Cayenne Au Marché Malassis, 142 rue des Rosiers (téléphone : 01 40 10 21 16, ouvert du jeudi au dimanche au déjeuner). Menu : 19 €. Carte : 30-45 €.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 08:35

Le Feuilly n'est pas un guide comme les autres. Il indique 900 adresses qui vont vous faire aimer Paris et ses alentours (640 adresses), la Province (140) et, au-delà, dans 7 pays européens (120). Chaque arrondissement de Paris est un petit village et les villes de l'Île-de-France ne le sont pas moins. La Province, et l'Allemagne (Berlin, Frankfurt-am-Main, Köln, Hambourg et München), l'Angleterre (Londres), l'Autriche (Wien), la Belgique (Bruxelles, 50 adresses, et Ellezelles), le Danemark (Copenhague), l'Espagne (Barcelone,Donostia San Sebastian, Getaria et Pasai Donibane) et l'Italie (40 adresses, Alba, Bologna, Bra, Cavriglia, Canneto sull'Oglio, Firenze, Paese et Lido di Jesolo, Milano, Roma, Torino et Venezia) sont racontés avec la même passion. Les boutiques, bistrots et restaurants, cavistes et autres lieux gourmands sont partout autant de coups de coeur. C'est le parcours d'un piéton de Paris, de la France et de l'Europe qui livre, avec une petite équipe de fins gourmets, ses endroits de vie et de bonne bouche. Les adresses sont celles du coeur et du ventre. Grandes ou petites, là n'est pas l'essentiel. Le Feuilly raconte la ville par le menu à travers les hommes et les lieux, les décors et les tables, les produits et les vins comme nul autre. Sans le jugement d'un guide, les adresses sont uniquement de jolis plaisirs. Ceux que le Feuilly veut partager avec vous. Le Feuilly Le Pari du Goût 388 pages, 13,90 €

PS - Publié tous les deux ans, l'édition en cours date de juin 2010, la nouvelle paraîtra en septembre 2012.

 

A COMMANDER VIA LE COMMENTAIRE - OFFRE SPECIALE AUX LECTEURS DE CE BLOG : 8 € frais postaux compris.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 11:05

MoriVeniceBar1Voici le bon apôtre de la cuisine de la Sérénissime et des vins qui vont avec. Chez « Mori Venice Bar » à Paris, Massimo Mori – qui tient également « Armani Caffè » dans le 6e arrondissement -, à fleur de Palais-Brongniart, là où se faisait jadis la Bourse de Paris, il y a une manière et un art tout en excellence gourmande. Cet homme se fait l’ambassadeur de l’Italie élégante et de ses fastes vénitiens, sachant disserter comme nul autre de la cuisine de la Botte, mais aussi de Leonardo da Vinci comme de Piero della Francesca. Dans un décor qui doit beaucoup à Philippe Starck et où Massimo a instillé quelques ors de la Sérénissime (les lustres de Murano notamment), vous êtes comme à l’ombre du campanile de la piazza San Marco. Commencez-donc par boire le vin « all’ombra », comme là-bas, sirotez à l’aperitivo quelque spritz à l’apérol ou prosecco de Valdobiadenne Ca’ dei Mori autour de « cicchetti » comme au bord du Grand Canal (« al banco » pour 5 € pièce) avant de choisir le vin de votre repas parmi les belles bouteilles d’une cave qui recèle près de 300 références. Un jour, un tocai friulano de Plozner, un capitel croce d’Anselmi ou un gavi dei gavi Beni di Batasiolo et un rosso di Montalcino Col d’Orcia, un dolcetto d’Alba San Martino de Grimaldi ou un guado al tasso d’Antinori, un autre un soave sereole de Bertani, un pinot bianco de Schioppetto ou un greco di tufo novasera de Mastroberardino et un barbera d’Asti fiulot de Prunotto, un barolo le vigne de Sandrone ou un terre brune de Santadi, voire même le magnifique Granato d’Elisabetta Foradori dans le Trentin ou l’amarone della Valpolicella de Righetti en Vénétie. Le tout autour de la cuisine du chef Eddi Riotto qui traite le produit d’origine avec un soin d’esthète. Vous tâterez de prosciutto veneto qui est vieilli entre Monti Berici et Colli Euganei et bénéficiant d’un micro-climat idéal provenant de la mer, de cigales de mer qui sont puisées dans la baie de Caorle, de baccala qui ne saurait être que mantecato, de tartare de veau de l’antique boucherie Andrigheta à la truffe noire d’Alba (en saison, janvier à avril), de tripetta relevée de raifort qui semble mitonner depuis le marché du Rialto, de zupetta de calamaretti, de scampi et de vongolette juste pour vous, de risotti qui s’agrémentent au gré des saisons (à la truffe blanche d’Alba d’octobre à décembre), de fagioli à l’encre de seiche, de fegato alla veneziana que magnifie une polenta sublime et de dolci comme le zabaione au mascarpone connu sous le nom de tiramisù ou l’onctueuse glace à la vanille. Ou peut-être les pâtisseries emblématiques du carnaval de Venise, les fritelle (petits beignets dorés aux pommes, raisins secs et pignons) et les galani (pâte douce frite à base de farine, d’œufs, de crème et de grappa). Ici, la fête vénitienne, pleine de goût et de saveurs, est à portée de fourchette. Mori Venice Bar 2, rue du Quatre-Septembre. Tél. : 01 44 55 51 55. Jusqu'à 23 h 30. Fermé samedi au déjeuner et dimanche. M° Bourse. Menu CAC 40. Carte : 70-120 € - www.mori-venicebar.com

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:52

Tout simplement piochées dans mon guide "Le Feuilly" (Le Pari du Goût), quelques adresses de bouche et de soif pour nourrir l'esprit et le ventre.

A Burano

Trattoria Gato Nero 88, via Giudecca. Tél. : 041 73 01 20. Carte : 40-60 €. Fermé lundi.

Une maison toute de bleu vêtue qui est celle de Ruggero Bovo, dont la famille est depuis quinze générations sur l'île magique de Burano. La trattoria, il l'a reprise voilà quelque cinquante ans. Chez lui, avec sa femme Lucia, rien ne change. La cuisine est territoriale, vantant les poissons et les produits locaux. Ses sarde in saor (des sardines frites qui ont marinées dans du vinaigre de vin, assaisonnées d'oignons, de pignons de pin et de raisins secs), son fameux risotto de poissons (dit risotto di Go'), les taglioni aux langoustines et à la ricotta, tout ici est fait maison. Terrasse de rêve dès les beaux jours venus.

A Cannareggio

Vini da Gigio 3628 A, Fondamenta San Felice. Tél. : 041 528 51 40. Fermé lundi et mardi, deux semaines en août. Carte : 50-70 €. Le bacaro à la façade de briques est devenu une osteria élégante. La carte des vins est étonnante. Une des plus imposantes de la Sérénissime, avec son millier de références. Tout, ou à peu près, de crus de la Botte (dans les très bonnes années), des vins d'ailleurs en veux-tu en voilà et, aussi, une kyrielle de propositions au verre. En contrepoint, la cuisine (ouverte) se contente, si l'on peut dire, d'annoncer des préparations simples issues de produits locaux, fraîchement rapportés du marché du Rialto, entre canestrelli au gril, baccalà mantecato superbe, crabes en mue (moeche), penne à l'araignée de mer, spaghetti aux calamars, le canard sauvage à la façon îlienne de Burano, c'est-à-dire farci, et la tarte aux fraises et au zabaione. Atmosphère inimitable, entre habitués et gourmets curieux.

A Castello

Al Covo 3968, Campiello della Pescaria. Tél. : 041 522 38 12. Fermé mercredi et jeudi, août. Menus : 30 € (déj., plat unique de "bianca piemontese) et 49 €. Carte : 70-100 €.

A deux pas de la Riva degli Schiavoni et de l'Arsenal, voilà presque 25 ans que les deux Benelli, Vénitiens d'adoption, tiennent ce petit restaurant d'initiés. Lui, Cesare le Toscan dont la mère maternelle avait créé une trattoria sur le Lido et elle, Diane, l'Américaine. Grand confort dans la salle à manger élégante sur le mode rustique, courtoisie non feinte du service et, surtout, formidable cuisine consacrée aux produits marins sur le mode de la fraîcheur. Chez eux, tous les produits sortent de l'eau et sont cuisinés dans leur état originel, sans manipulations, ni superfétatoires présentations, juste ciselées comme il convient. Devant la Berkel à trancher le jambon, les scampetti, les seppie aux courgettes, les crabes en mue frits et aux oignons de Tropea, la pasta maison aux aubergines et dans une sauce aux fruits de mer sont à se pourlécher. Le gran fritto di pesce et crostacei est un moment unique. Mais on n'oublie pas le côté "carne" avec une viande de boeuf choisie parmi les "Presidi" de Slow Food. C'est la race piémontese qui est une vache blanche dont la production remonte à 1886, une viande persillée et goûteuse qui est ici en tagliata, quasiment crue. Très important choix de fromages, entre Toumin del Mel de vache d'un blanc de porcelaine en prime jeunesse, parmigiano reggiano de 36 mois et asiago extra-vieux qui est une DOP de vache de la province de Vicenza, apte à un très long vieillissement. Le gâteau au chocolat amer relevé d'une sauce piquante est incontournable. La carte des  vins offre un choix de 200 crus de la Botte, mais quelques vins internationaux et des vins bio et naturels.

Alla Mascareta

Calle Lunga Santa Maria Formosa, 5183. Tél. : 041 523 07 44. Dîner jusqu'à 1 heure du matin.

Mauro Lorenzon, éternel noeud papillon affiché comme une enseigne est un activiste du vin. Atypique et fantasque, ce clown lunaire du vin avale les syllabes comme les crus d'ici ou d'ailleurs. Il est Président des Enoiteche d'Italia, et écrit un guide qui les recense (en Europe aussi). Son mot d'ordre militant, tel celui du regretté vigneron piémontais Bartolo Mascarello est : "No barrique, no Berlusconi" ou encore un "Pas de barriques, mais des barricades" qu'aurait pu écrire Robespierre. Ouvert aux horaires d'ouverture (en principe pas au déjeuner), très flexibles mais jusque tard dans la nuit, Mauro propose une cuisine minimaliste. Des charcuteries de premier ordre et des fromages qui ne le sont pas moins, des sardines et des pâtes à l'encre de seiche, un tiramisù, tout cela flirte avec le bon goût, tout en saveurs et couleurs locales. La cave est exceptionnelle, et l'ami Mauro a tendance à déboucher les quilles plus vites que son ombre. Buvons, buvons, buvons !

A Dorsoduro

Cantine del Vino gia Schiavi

Fondamenta Nani, 82. Tél. : 041 523 00 34.

A deux pas, vous pourrez découvrir les ateliers de réparations des gondoles. Ici, face à l'Eglise San Trovaso et au bord du Rio éponyme, vous êtes au coeur d'une Venise intimiste. Dans ce bacaro, que vous soyez du cru ou non, gourmets de passage ou buveurs levant le coude, aristocrates ou paysans, artisans ou cols blancs, tous vous vous livrez au même exercice. Celui de l'ombra et des cicchetti, de la tartine de baccalà mantecato, une fois, puis deux ou plus si l'appétit, le coeur et la soif vous en disent. La "Cantine", comme son enseigne l'indique, propose une impressionnante variétés de crus italiens alignés comme à la parade. Pour la halte de l'éperon, un baccaro qui s'impose avec aise.

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  • : Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • : Au quotidien, la cuisine selon les saisons, les vins selon l'humeur, la littérature qui va avec, les bistrots et les restaurants, les boutiques qui nourrissent le corps et l'esprit, bref tous les plaisirs de bouche et de l'âme.
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  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.
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