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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 12:34
Bidart : "Ahizpak", ça vous dit quelque chose ?
Bidart : "Ahizpak", ça vous dit quelque chose ?



C'est l'histoire de trois sœurs* qui, comme les trois mousquetaires sont devenues quatre, Yenofa, Delphine et Nanou Arangoïts - et désormais la quatrième, Cécile - qui ont ouvert en 2013, face à l'océan, une table joliment tournée sur le mode contemporain, avec de grandes baies vitrées, une ambiance sereine et beaucoup de bonne humeur. Cela s'appelle, "Ahizpak" qui veut dire, cela ne s'invente pas, soeurs en basque.

Et n'allez pas chercher ici une quelconque dramaturgie, prenez plutôt le plaisir de passer à table, parce que ces quatre-là, originaires du village d'Iholdy, animent le lieu avec talent. En salle, Delphine, Nanou et Cécile, et en cuisine, la plus jeune, Yenofa qui a fait ses universités gourmandes chez les frères Ibarboure à Bidart, Michel Guérard à Eugénie-les-Bains, Jean-Marie Gauthier au Palais à Biarritz, au Ritz, au C'Amelot et au Violon d'Ingres à Paris avec Christian Constant. Sans oublier que, dès leur première installation à Biarritz en 2007, elles ont eu comme mentor le regretté Christian Parra (ex-L'Auberge de la Galupe à Urt).

Le style maison, c'est avant tout la carte du produit et une addition qui sait raison garder. La cuisine est ciselée avec art, entre maquereau mariné en rémoulade de raifort, cappuccino de pomme de terre aux escargots, délicieuses ravioles de canard aux olives, merlu et crevettes à la semoule et maigre aux écailles de tomate, rapportés de la pêche de Saint-Jean-de-Luz, paleron de boeuf, crêpe en soufflé à l'orange et fraises rhubarbe au fromage blanc.

Tout cela, ajouté de quelques crus n'entamant guère l'addition, fait le miel d'un public qui en redemande. Allez-y en n'oubliant pas de réserver, succès - au déjeuner comme au dîner - oblige. Bon appétit et large soif !

- "Ahizpak". Avenue de Biarritz, 64210 Bidart. Tél. : 05 59 22 58 81. Fermé mercredi au déjeuner et dimanche. Carte : 40-60 €.
 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 08:55
Le kari gosse, ça vous dit quelque chose ?
Le kari gosse, ça vous dit quelque chose ?
 
Cette poudre de cari est fabriquée dans la région lorientaise et possède un parfum très caractéristique de clou de girofle. Le kari gosse est commercialisé en petits pots de verre de trois tailles différentes, comme les conditionnements de gélules pharmaceutiques, sous la définition "triple extrait de kari indien".

L'arôme dominant du produit est celui de la girofle, la saveur est peu pimentée. Dans sa composition, hormis le clou de girofle et le curcuma (dont la présence se devine respectivement par l'arôme et la couleur), il n'est pas possible de connaître exactement sa composition, qui reste très secrète.
 
L'existence de ce cari breton - a priori curieuse - a été, non sans raison, mise en rapport avec l'installation à Lorient de la Compagnie des Indes orientales au XVIIe siècle. Mais l'habitude d'assaisonner les mets d'épices orientales s'était ancrée dans les élites dès le Moyen-Âge.
A partir du XVIe siècle, elle semble même avoir gagné les couches les plus modestes de la population, puisque le Breton Noël du Fail fustige en 1547 les ravages que ce luxe nouveau a créé dans les campagnes qu'il connaît bien. Il dénonce ainsi "poyvre, safran, gingembre, myrabolans à la Corinthiace, muscade, girofle et autres semblables resveries transférées des villes en nos villages" et sans lesquelles "un banquet de ce siècle est sans goust et mal ordonné, au jugement trop lourd de l'ignare et sot peuple".

Aussi la création d'une compagnie destinée à commercer avec les Indes et l'installation de ses entrepôts dans un port qui allait bientôt prendre le nom de Lorient stimulèrent-elles la consommation d'épices en Bretagne, à une époque où le goût commençait ailleurs à s'en perdre. En 1794 encore, Cambry remarque les marchands de Lorient encombrant le grand marché de Quimperlé "par une multitude d'établis, chargés de poivre", entre autres produits.
 
Toutefois, nous ne trouvons pas de mention précise du cari à Lorient avant 1820 quand une recette de "poivre kari" est ajoutée au célèbre traité de cuisine de Viard. En effet, depuis le début du XIXe siècle, les plats au cari sont à la mode en France, et il n'y a rien d'étonnant d'en voir se développer le commerce chez les apothicaires de Lorient, même s'ils ne possédaient plus le monopole de la vente des épcies.
 
Aux dires d'Aulagnier, vers la fin du XIXe siècle, c'est toujours chez eux que l'on se procurait l'un des composants principaux de cet assaisonnement - le "poivre enragé" -, même si, en 1898, la vente du cari en apothicairerie semble échapper à l'attention de Seigneurie, qui affirme : "Le carry est vendu en France par le commerce de l'épicerie".
 
A la fin du XIXe siècle, un pharmacien lorientais, M. Gosse, dépose un brevet pour un mélange d'épices de sa fabrication. Son cari connaît un grand succès. Quelques années plus tard, le brevet et la pharmacie seront achetés par M. Poirou, puis par M. Pouëzat, dont les descendants, continuent la fabrication de la poudre d'épices. La renommée du kari Gosse ne cesse de croître au point que, dans les années 1930 à 1940, il sera exporté en Belgique et au Maroc !
 
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la pharmacie est entièrement détruite, mais le fonds de commerce reste dans les mains de la famille Pouëzat. L'un des fils, Joseph, exploite celui-ci, mais c'est son frère, Ernest, seul à connaître le secret de fabrication, qui réalise le précieux mélange. En 1961, la pharmacie change de propriétaire mais continue de servir de dépôt ; aujourd'hui encore, le pharmacien actuel, M. Pinson, fournit le kari Gosse à toutes les pharmacies de la région lorientaise.
 
- A lire : L’inventaire du patrimoine culinaire de la France – Bretagne – Albin Michel-CNAC-Région Bretagne. - Vous pourrez aussi déguster un délicieux homard bleu au kari gosse à "L'Ecailler du Bistrot", la table marine de Gwenaelle Cadoret, 22, rue Paul-Bert (Paris11e), tél. : 01 43 72 76 77, ou dans sa version finistérienne au "Bistrot de l'Ecailler", au Port de Kerdruc, à Nevez, tél. : 02 98 06 78 60 (jusqu'à fin septembre).
Le kari gosse, ça vous dit quelque chose ?
Le kari gosse, ça vous dit quelque chose ?
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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 18:32
Donostia-San Sebastian : "San Marcial" et sa gavilla, ça vous dit quelque chose ?
Donostia-San Sebastian : "San Marcial" et sa gavilla, ça vous dit quelque chose ?


Dans une zone parmi les plus intéressantes de l'univers des pintxos, au centre de Donostia-San Sebastian, au fond d'une petite galerie, se trouve l'enseigne "San Marcial", quasiment confidentielle, mais institutionnelle pour les Basques.

Les frères Luis qui travaillaient ici même, en 1983, alors que le bar s'appellait "Alustiza", en sont devenus propriétaires dix ans plus tard en 1993. Le "San Marcial " est peu connu des touristes, mais les locaux y viennent en nombre, en famille, avec les enfants.

Dans sa salle spacieuse des dizaines de jambons 5J sont suspendus, le bar est abondamment garni de tapas et la machine à découper les charcuteries fonctionnent à plein régime. Et, ce qu'apprécient par-dessus tout les amateurs éclairés, c'est la spécialité maison, la gavilla (photo), qui se déguste à toute heure à raison, dit-on, de plus d'un millier chaque jour...  Elle est frite avec une sauce béchamel, de l'emmental, du jamon serrano et des miettes de lomo dans une chapelure.

Mais on y consomme aussi les célèbres callos y morros (tripes et museau), la morcilla (boudin), le pimento relleno de carne ou de bacalao, les croquetas caseras, le rabo e buey al vino tinto (racion), les excellentes conserves de José Serrats (bonite, ventre de thon) et, bien sûr, la charcuterie de Guijuelo.

Le service est d'une agilité remarquable, avec des routiers aguerris d'une amabilité non feinte. Le txakoli coule à flots continus et l'ambiance est unique, entre gens de bonne compagnie. Venir une fois ici, c'est y revenir toujours. Bon appétit et large soif ! Buen  apetito y sed ancha !

- "San Marcial", San Marcial, 50 (Centro). Tél. : 943 43 17 20.
 

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 18:30
Maître d'hôtel et.. à la sauce maître d'hôtel
Maître d'hôtel et.. à la sauce maître d'hôtel

Dans le délicieux « Dictionnaire de gastronomie joviale » publié en 1925 par Robert Burnand, alias Robert-Robert, en collaboration avec Gaston Derys (par ailleurs auteur du célèbre « Mon docteur le vin » illustré par Raoul Dufy), cette définition du maître d’hôtel (ici en photo au restaurant chez « Larue », 37 rue Royale, Paris, où fut fondé le Club des Cent le 1er janvier 1927 alors que de 1933 à 1939 le restaurant eut trois étoiles Michelin) : "Imposant seigneur cravaté de noir. C’est lui qui, au restaurant, présente la carte, guide votre choix et incline celui de votre compagne vers les fraises de décembre, le caviar et les huîtres perlières. Son langage rappelle celui des enfants : tout est petit pour lui : un petit caneton à l’orange, un petit foie gras au porto, un petit pâté de langues de fauvettes".

"Mais, quand se présente l’addition, rapporte l'auteur, où ces bagatelles ont pris une douloureuse importance, le maître d’hôtel est loin, penché tendrement sur d’autres tables." 

Par ailleurs, n’oublions pas cette dénomination d’une sauce enregistrée en 1825 par Brillat-Savarin dans « La Physiologie du Goût » et placée, à l’origine, sous la responsabilité de l’officier de bouche qui dirigeait le service de table d’un restaurant ou d’un riche particulier, la sauce maître d'hôtel. Elle était composée de beurre pétri avec du persil haché, du poivre, du sel et d’un filet de citron. Elle accompagnait ensuite différents mets dits « à la maître d’hôtel », comme certains poissons frits (du merlan par exemple), des viandes grillées ou des légumes.

Bon appétit et large soif !

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 18:09
Paris au coeur de Montmartre, par Raymond Lansoy, ça vous dit quelque chose ?
Paris au coeur de Montmartre, par Raymond Lansoy, ça vous dit quelque chose ?

Et si on allait se balader dans Montmartre ? Mais, il faut aller dans le "Montmartre des Montmartrois", hors des sentiers battus et des chemins touristiques qui sont ceux de troupeaux en transhumance. C'est que nous propose Raymond Lansoy, amoureux fou de Montmartre, piéton de cette République qui est éternelle, dans son livre "Paris au coeur de Montmartre"*.

Au gré de ses envies, vous vagabonderez sur des chemins détournés et vous découvrirez les lieux secrets qui font de la Butte ce village à nul autre pareil.

De cette commune libre, vous vous demanderez, tel André Roussard, le meilleur historien de la Butte, pourquoi plus de 4.000 artistes répertoriés, représentant toutes les facettes de l'art pictural, se sont succédé depuis plus de deux siècles à Montmartre ?

De la place des Abbesses, vous emprunterez le Montmartrobus après être descendu à la station éponyme dont l'entrée a été dessinée par Hector Guimard (104 marches à monter ou via les deux gros ascenseurs), ou le Funiculaire vanté par Céline dans "Féerie pour une autre fois" (1952), parce que, ne l'oublions pas, "les escaliers de la Butte sont durs aux miséreux, les ailes des moulins protègent les amoureux".

Sinon, à pied, voyez La Mire du Nord, au 79 rue Lepic, qui abrite un obélisque construit en 1736, laissez-vous tenter par le paysage bucolique du Clos Montmartre (d'une vigne de 20.388 mètres carrés qui produit un des vins les plus chers qui soient, 45 euros la bouteille de 50 cl), n'ignorez pas la "villa Médicis" montmartroise, la Cité internationale des arts (24, rue Norvins) où travaillent des artistes, en pleine campagne d'un maquis quasiment sauvage.

Certains autres sont aux Fusains (22, rue Tourlaque), à la cité Montmartre aux artistes (189, rue Ordener), à la Villa des Arts (15, rue Hégésippe-Moreau) ou au Bateau-Lavoir où Pablo Picasso s'installa au printemps 1904 après trois ans passés boulevard de Clichy et rue Gabrielle. D'autres peintres et artistes se révèlent sous la plume de Raymond Lansoy : Henri de Toulouse-Lautrec, Vincent Van Gogh, Pierre-Auguste Renoir, Suzanne Valadon, Maurice Utrillo ou Francisque Poulbot.

Par ailleurs, les cimetières de Montmartre sont des nécropoles qui racontent le mieux l'histoire du village : on y trouve les sépultures de Harry Baur, Arthur Honegger, Théophile-Alexandre Steinlen, Marcel Aymé, Eugène Boudin, Gen Paul, Emile Zola, Hector Berlioz, Jean-Baptiste Greuze, Théophile Gautier, Vaslav Formitch Nijinsky, Heinrich Heine, Sacha Guitry, etc.

Côté cabaret, il y a bien sûr le Moulin Rouge et l'incontournable Michou qui, depuis plus de soixante ans, est le prince des nuits montmartroises. A table, Raymond Lansoy note La Bonne Franquette des Fracheboud (2, rue des Saules), jadis fréquenté par Georges Courteline, Vincent Van Gogh, Gaston Couté et Pierre-Auguste Renoir et qui offre une carte des vins somptueuse et quelques nourritures griffées de très bons artisans. Mais il oublie une antique brasserie, La Mascotte (52, rue des Abbesses), dans la même famille depuis plus de cinquante ans, les Campion.

Pour le reste, il raconte avec talent les squares, les statues, les pavés, les herbes folles et les merles moqueurs, le bâti, les impasses, les ruelles, les passages, les fêtes de Montmartre, les lieux d'amoureux où s'embrasser tout autant que le mythique cinéma le Studio 28 dont Jean Cocteau dessine les candélabres pour en faire "le chef d'oeuvre des salles, la salle des chefs-d'oeuvre".

Bonne lecture, bonne promenade, bon appétit et large soif !

* "Paris au coeur de Montmartre", par Raymond Lansoy (Chêne, 256 pages, photos de Francis Peyrat, 2011, 14,90 €)
 

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 17:53
L'oignon de Trébons, ça vous dit quelque chose ?
L'oignon de Trébons, ça vous dit quelque chose ?
L'oignon de Trébons, ça vous dit quelque chose ?
L'oignon de Trébons, ça vous dit quelque chose ?


L’oignon réussit si bien à Trébons (Haute-Pyrénées) que ses habitants portent le sobriquet de « cébassés » : cultivateurs ou mangeurs d’oignons !

L’oignon de Trébons est une variété locale ancienne d’oignon long, qui se consomme frais de mai à fin juillet, et sec du mois d’août à la mi-septembre. Ensuite, les repousses sont consommées sous le nom de « cébars » jusqu’à fin avril. Les premières traces de l'oignon de Trébons remontent au début du XVIIIe siècle.

Trébons se situe dans la vallée de l’Adour, près de Bagnères-de-Bigorre, dont les sols de limon et d'alluvions sont très propices à la culture de cet oignon doux à la saveur sucrée. Bénéficiant d'un micro-climat, l’oignon de Trébons est de forme très allongée : 10 à 20 centimètres de long sur 3 à 6 de large, avec une tige verte, irisée. Sa chair est blanche et ferme, douce, peu piquante. L’oignon frais se consomme cru dans les salades. Sec, il entre dans toutes les recettes locales.

Sur le point de disparaître dans les années 1990, quand les maraîchers se tournaient vers la culture intensive du maïs, c'est une initiative locale d'une poignée de maraîchers qui décident de relancer la production et la dote d'un cahier des charges précis. Aujourd'hui, une trentaine de producteurs en cultivent 6 hectares, pour une production totale de 250 tonnes.

Une coopérative créée en 2001 regroupe une quinzaine de producteurs (Lotissement industriel, 65460 Bazet, téléphone : 05 62 31 06 38). La fête de l’oignon de Trébons se déroule le premier week-end de juin, à Trébons bien sûr. Un processus de labellisation IGP est en cours.

A Paris, "Terroirs d'Avenir", une boutique fondée en 2008, commercialisent les oignons de Trébons de Jean et Marie-Madeleine Rançon qui les cultivent à partir de leurs propres semences fermières.

Bon appétit et large soif !

"Terroirs d'Avenir" - 3, 6, 7 et 8, rue du Nil (Paris 2e). Tél. : 01 85 09 84 49. Fermé lundi.

L'oignon de Trébons, ça vous dit quelque chose ?
L'oignon de Trébons, ça vous dit quelque chose ?
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 19:20
La mouclade, ça vous dit quelque chose ?
La mouclade, ça vous dit quelque chose ?
La mouclade, ça vous dit quelque chose ?

 
Aujourd'hui, c'est Georges Simenon qui fait parler le commissaire Maigret, grand amateur de plats de cuisine bourgeoise et qui, ici et là à Paris, a ses tables griffées à son nom.

"Vous aimez la mouclade ? Qu'est-ce que c'est ? Des moules à la crème... Un plat d'ici. Malgré lui, Maigret essayait d'identifier un goût de... de... de quoi voyons ? Une légère pointe... à peine de fumet... Du curry ! triompha-t-il. Je parie tout ce qu'on voudra qu'il y a du curry." (Georges Simenon, "La Maison du juge", 1942).

Eh oui, la mouclade contient bien du curry. Ce régionalisme de l'Ouest, attesté dès le XIIIe siècle, est composé de "moucle", variante dialectale de "moule", et du suffixe "-ade". La mouclade, originaire de Poitou-Charente, d'Aunis et de Saintonge, désigne donc une sorte de ragoût de moules de bouchot au vin blanc, d'échalotes et de persil, arrosé d'une crème au curry.

Et vous n'oublierez pas de suivre aussi les conseils d'Alexandre Dumas le mousquetaire dans son "Petit dictionnaire de cuisine" :  ne pas oublier de les choisir fraîches, et de les débarrasser des crabes, si elles en contiennent, quoiqu'ils ne soient pas malfaisants, écrivait-il.

Sans même de parler du grand Alain Bashung, lui aussi éclairé en la matière, avec son célèbre : "A quoi sert d'avoir l'cochonnet, si t'as pas les boules, à quoi sert d'avoir la frite, si t'as pas les moules ?

Bon appétit et large soif !
 

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 19:36
Paris 8e : "Le Griffonnier", "Le prix s'oublie, la qualité reste", ça vous dit quelque chose ?
Paris 8e : "Le Griffonnier", "Le prix s'oublie, la qualité reste", ça vous dit quelque chose ?


"Les Tontons Flingueurs" de Georges Lautner, dialogues de Michel Audiard, un film qui affiche déjà 54 ans. Le dernier d'entre eux est décédé voilà peu : il s'appelait Claude Rich.

Aujourd'hui, je reprends une citation que nous devons à Cédric Duthilleul, le joyeux patron du "Griffonnier", toujours prêt à dégainer un trait d'humour dès potron-minet : "Le prix s'oublie, la qualité reste". L'ami Cédric aurait d'ailleurs pu collaborer au scénario du film. Je n'oublie pas qu'il est aussi l'auteur d'un fameux "Quand zébu, zésoif !" Mais, à propos des "Tontons Flingueurs", on lira opportunément le livre de Claire Dixsaut, "A table avec les Tontons" (Agnès Viénot Editions, 2010, 29,90 €). Sans oublier de tâter d'un plat du jour puisé dans le semainier de Duthilleul qui le diffuse via texto chaque lundi matin.

Pour cette 30e semaine de l'année, il propose : lundi, un suprême de poulet fermier cuit vapeur servi froid mariné à l'huile d'olive, au citron et au basilic ; mardi, des petits légumes farcis ; mercredi, un carpaccio de langue de veau ; jeudi au déjeuner et au dîner, un faux-filet rôti aux haricots verts et une mayonnaise ou avec des frites et une sauce béarnaise ; vendredi, un poisson selon le marché. Et, chaque jour que Dieu fait, sur commande la veille avant 18 heures, un homard breton de 800 grammes environ. A votre téléphone !

Bonne lecture, bon appétit et large soif !

- "Le Griffonnier" - 8, rue des Saussaies (Paris 8e). Tél. : 01 42 65 17 17. Fermé samedi et dimanche, déjeuner seulement (sauf jeudi dîner). Carte : 50-60 €, selon la soif présente et à venir (remarquable cave de quelques centaines de crus).

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 11:29
Paris : "Larlépem-vous louchebem ?", aux "Nivernaises", oui !
Paris : "Larlépem-vous louchebem ?", aux "Nivernaises", oui !
Paris : "Larlépem-vous louchebem ?", aux "Nivernaises", oui !
Paris : "Larlépem-vous louchebem ?", aux "Nivernaises", oui !
Paris : "Larlépem-vous louchebem ?", aux "Nivernaises", oui !
Paris : "Larlépem-vous louchebem ?", aux "Nivernaises", oui !
 
On dit « Les Nivernaises » pour cette boucherie fondée en 1954 par le patriarche Jean Bissonnet, 87 ans aujourd'hui, voilà déjà plus de 60 ans. Son père était déjà boucher – chevalin ! - à Briare, mais les Bissonnet le sont de père en fils depuis Napoléon III. Avant de s’installer dans le Faubourg Saint-Honoré, au n° 99, il avait créé une petite boucherie à Suresnes, l’hiver 1954, puis à La Celle-Saint-Cloud.

Aujourd’hui, son fils Bernard a pris la suite alors que la nouvelle génération avec Jean-Baptiste, tout juste 33 ans, est désormais aux commandes, fort d'une expérience diversifiée, qui va d'une école de commerce au marché Mercabana à Barcelone (le Rungis local) en passant par une banque à Genève (Suisse), la restauration au Great Eastern Hôtel (Londres) et l'abattage au Brésil chez Inpendencia.

C'est aussi Jean-Baptiste qui génère la création de L'Atelier des Boucheries Nivernaises à L'Haÿ-les-Roses avec 800m2 aux dernières normes d'hygiène et de traçabilité, avec des chambres de maturation contrôlables à distance pour un investissement de 2 millions €. Les "Nivernaises", c'est aujourd'hui 200 salariés pour un chiffre d'affaires de 45 millions €.

Le langage des bouchers, venez l’apprendre ici en cette boutique qui est son temple. La question « Larlépem-vous louchebem ? », tombera d’elle-même. Ici, on le parle. Et sur le bout du couteau. Parce qu’aux « Nivernaises », dans la file d’attente qui s’allonge, on ne s’ennuie jamais. Vous avez le temps de papoter avec votre voisine, voire même l’un de vos voisins. Puis, d’écouter les conseils avisés des bouchers derrière l’étal qui ne sont guère avares de propos sous forme d’anecdotes.

Dans votre panier, il y aura le meilleur de la production française ou européenne pour des viandes sourcées et sélectionnées par ces orfèvres qui ne sont pas des vendeurs de viandes, mais des artisans qui proposent un travail de haute goûture.

Pour le bœuf, aubrac, blonde d’Aquitaine, charolaise, limousine, normande de l'abattoir EVA (Eleveurs de la Vallée d'Auge) ou salers, mais aussi angus d’Aberdeen (Ecosse), black angus américain exclusivement fini aux céréales pendant 100 jours (ultra-persillé), boeuf de Kobé (Japon) et blonde de Galice (Espagne). Et la simmental de Bavière - qui est la pie rouge française - maturée au moins trois semaines est la signature persillée (le marbrage) de la maison.

Mais les Bissonnet ne sont pas en reste avec le veau de tradition française, l'agneau de lait des Pyrénées, l'agneau de Lozère ou du Quercy, le cochon fermier du Sud-Ouest ou le noir de Bigorre, le canard de la Dombes ou de Challans, le poulet des parcours libres de la Bresse, la géline de Touraine ou le coucou de Rennes, le chapon bressan à pattes bleues, le pigeon étouffé de Racan et le lapin Rex du Poitou. La triperie de qualité et les gibiers en saison ne sont pas oubliés, ces derniers que la maison exporte notamment au Moyen-Orient (chevreuil, cerf, grouse, canard sauvage), comme, du reste, l'ensemble de sa production à travers le monde.

Nul n’en doute, vous êtes chez les Bissonnet au Panthéon de la haute qualité bouchère. L’Elysée, dont les « Nivernaises » sont le fournisseur officiel depuis 1967, ne s’y trompe d’ailleurs pas. Les tables les plus réputées de France et d’ailleurs se fournissent aussi chez les Bissonnet, qu'il s'agisse, parmi d'autres, du Bristol et du George V à Paris, de Joël Robuchon à Hong-Kong, de Marc Haeberlin à Illhauersern en Alsace ou de l'Hôtel du Palais à Biarritz. Bon appétit et large soif !

– Boucheries Nivernaises – 99, rue du Faubourg-Saint-Honoré (Paris 8e). Tél. : 01 43 59 11 02. Fermé dimanche après-midi et lundi. M° Miromesnil ou Saint-Philippe-du-Roule. Courriel : boucheries@nivernaisessthonore.fr
Paris : "Larlépem-vous louchebem ?", aux "Nivernaises", oui !
Paris : "Larlépem-vous louchebem ?", aux "Nivernaises", oui !
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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 20:28
Plaisirs charnels et tailleurs Chanel...
Plaisirs charnels et tailleurs Chanel...

Dans ses "Calepins parisiens" (qui paraîtront sûrement un jour), l'ami Jean-Pol Baras, qui fût diplomate en poste pour la Belgique à la Délégation générale Wallonie-Bruxelles, grand amateur de bonnes tables parisiennes, rapporte une citation de David McNeil dans son livre "28, boulevard des Capucines" (éd. Gallimard) : « Jolies passantes de Passy - Je me demande souvent si - Dans les plaisirs qu’on dit charnels - Vous gardez vos tailleurs Chanel… ».

C'est le 27 janvier 1997, David McNeil donne un concert exceptionnel à l'Olympia, au 28 boulevard des Capucines, avec tous ses copains chanteurs, juste avant que la prestigieuse salle ne fasse peau neuve. Il évoque dans ce livre ses souvenirs truculents ou graves qui le lient à chacun d'eux.

On ne s'ennuie pas à l'évocation de ces anecdotes qui révèlent la nature artistique profonde de David McNeil, mais aussi son côté joyeux, sensible, et de fidèle camarade.

Ce récit est conçu comme une fête, à l'image de ce concert où chacun a apporté un peu de sa personnalité, le lecteur est emporté dans son tourbillon. Au fil des pages, on retrouve çà et là une trace de tous les invités : Alain Souchon, Laurent Voulzy, Renaud, Robert Charlebois, Julien Clerc, et, un peu plus loin de nous, Yves Montand, Robert Doisneau ou Marc Chagall, dont David McNeil est le fils.

Allez à demain et... bon appétit et large soif !

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  • : Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
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  • : Au quotidien, la cuisine selon les saisons, les vins selon l'humeur, la littérature qui va avec, les bistrots et les restaurants, les boutiques qui nourrissent le corps et l'esprit, bref tous les plaisirs de bouche et de l'âme.
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  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.
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