Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 08:50

10599467_10203158185448399_4968228532396091919_n.jpgIsabelle Brunet et Vincent Pousson sont à la manoeuvre ce soir, demain et après-demain quelque part dans le sud... à Félines-Minervois. Voici un aperçu "Tapas" : moi, ça me fait diablement envie ! Alors, bon appétit et... large soif !

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 15:03

20140806 08314020140806 103753 (2)20140806 08385120140804 092151Coucou me revoilà ! Je suis en voyage, je prends mon temps, je vais par-ci par-là et je me suis arrêté au Clos des Capucins chez Fiona Beeston. Les vignes vont bon train, sans accrocs aucun et cela annonce un millésime... mais soyons patients et attendons que la nature fasse son oeuvre. En attendant, j'ai assisté - après la mise en bouteilles mi-juillet - à l'impression des étiquettes (photos de votre serviteur). Et puis la petite semaine passée ici est ponctuée de quelques agapes de bon aloi, puisque c'est ma pomme qui fait la cuisine. Et, sans me vanter trop, je sais que la queue de la poêle n'est ni à gauche ni à droite. Pour les vins, nous pourrons les boire - Clos des Capucins 2012 et Perfectly Drinkable 2013 - juste avant les vendanges, la deuxième quinzaine de septembre. Pour le Clos des Capucins 2013, il faudra attendre encore un peu. En attendant, bon appétit et... large soif ! - "Le Clos des Capucins", Chinon.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 06:27

AmbassadedAuvergneFacade.jpg

AmbassadedAuvergneFrancoisePetrucci.jpg

AmbassadedAuvergneAligot.jpg

Les deux compères, Henri Gault et Christian Millau, publiaient la troisième édition de leur guide annuel de la France en 1974. De cette parution, nombre de restaurants parisiens ont disparu aujourd'hui. Il subsiste cependant quelques gloires de l'époque. Ainsi de la régionaliste "Ambassade d'Auvergne" que menait avec alacrité le père Petrucci, et aujourd'hui dans la même veine avec sa fille Françoise. Avec un 14/20 le "Gault-Millau" écrivait alors : "Rien que pour le jambon du Cantal, onctueux, parfumé, aussi bon que le meilleur des Landes, il faut aller dans cette auberge à l'ancienne où des Auvergnats plus vrais que nature travaillent l'aligot (exquis mélange de purée de pommes de terre et de cantal frais), mijotent le cassoulet aux lentilles, le boudin aux châtaignes et la potée d'Auvergne. D'amusants vins de pays confirment le souci constant de ne servir que les produits les plus authentiques. Prix légèrement augmentés (50 à 70 F). Service plus à l'aise depuis que les tables sont plus espacées. Spéc. : coq au vin de chanturgue, andouillette AAAAA, chou farci. Vins : chanturgue, châteaugay, cahors." Et aujourd'hui, ce que j'en écrivais dans mon guide "Le Feuilly" est du même bon jus : "Le merveilleux jambon de coche de Laborie à Parlan dans le Cantal, la salade de lentilles du Puy, la saucisse avec l’aligot qui file, l’agneau de Corrèze, la fourme persillée, les fraises au marcillac et la mousseline glacée à la verveine du Velay tout autant que les vins du cru sont quelques-unes des merveilles que Françoise Petrucci et son équipe (en cuisine, Emmerich Debacker) conseillent en cette ambassade régionaliste du bon goût. Depuis plus de quarante ans en effet, cette famille fait vivre l’esprit d’un pays, l’Auvergne. A la table d’hôte du rez-de-chaussée, idéale pour converser sur l’air du temps et le reste, dans les étages ou dans les salons, défilent les autres spécialités régionales de la maison, le petit farçou, le bœuf de Salers, la cuisse de lapin à la sauge, la potée de cochon fermier, les fromages du Cézalier au Larzac (roquefort Carles, laguiole Jeune Montagne) et les bouteilles chantées ici avec amour par Francis Panek (saint-pourçain de Pétillat, boudes de Sauvat ou marcillac de Laurens) qui accueille avec gentillesse un public d’habitués fidèles voisinant avec Robert Sabatier, sans doute le plus ancien d’entre eux." Robert Sabatier nous a quittés, Francis Panek est parti à la retraite, mais Françoise Petrucci veille au grain, toujours fidèle à la grande tradition auvergnate, même si elle est revisitée sur le mode actuel. Allez-y le nez en éveil, le couteau de Laguiole en poche, le palais aiguisé et l'esprit en fête. Bon appétit et... large soif ! - "L'Ambassade d'Auvergne". 22, rue du Grenier-Saint-Lazare (Paris 3e). Tél. : 01 42 72 31 22. Tous les jours. Menus : 22 (en semaine) et 33AmbassadedAuvergneMandargue.jpg €. Carte : 35-55 €. M° Rambuteau.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 10:49

ClosdesCapucinsZeldaetAliceCette question, je l'utilise fréquemment au cours d'un repas, pour demander à une compagne ou un compagnon de table où se trouve son verre pour la, ou le, servir de nouveau. L'autre jour, autour d'une table campagnarde, je pose la question à A., jeune fille de bonne famille. Réponse étonnante et amusante : je suis venue en utilitaire ! Ce doit être cela l'esprit français... - Bon appétit et... large soif !

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 17:26

ClaudeDozormeCouverturelivre.jpg

ClaudeDozormePortrait.jpg

ClaudeDozormeVentresjaunes.jpgC'était en 1902, Blaise Dozorme, dit "Le Loup", fonde la marque Claude Dozorme. A cette époque, la rivière Durolle fournissait l'énergie nécessaire pour actionner les rouets. Les "ventres jaunes", les émouleurs, avec leurs chiens sur les jambes pour les réchauffer, appuyaient la lame sur la meule pour lui donner son dernier tranchant. C'est ce qu'on appelait l'émouture, une opération délicate et capitale dans la finition du couteau. Elle se pratique toujours, mais elle est accomplie en position verticale, une posture beaucoup plus confortable. La tradition de la fabrication du couteau initié voilà plus d'un siècle continue d'être défendue par celle qui dirige cette maison artisanale depuis douze ans, Claudine Dezorme. Son histoire est racontée dans un livre qui paraît ces jours, "La griffe Dozorme". Maître-coutelier depuis 1902 à Thiers, on s'attache aujourd'hui comme toujours à la fabrication de couteaux adaptés à l'époque, sans jamais oublier de respecter la tradition coutelière. Ainsi peut-on reinterpréter des modèles classiques sans oublier d'innover avec des créations pures. - "La Griffe Dozorme", par Claudine Dozorme.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Livres
commenter cet article
21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 11:30

Musee_de_la_vie_romantiqueFacade.jpg

Musee_de_la_vie_romantiqueJardin.jpg

Musee_de_la_vie_romantiqueSalonJardin.jpgMusee_de_la_vie_romantiqueJardinBis.jpg

Musee_de_la_vie_romantiqueSerre.jpgDans le quartier de la Nouvelle-Athènes, dans une élégante demeure de style Restauration, entre chlorophylle, arbres et fleurs, installez-vous dans le jardin de l’hôtel particulier du peintre d'origine hollandaise Ary Scheffer (1795-1858) qui y vécut pendant trente ans. Portraitiste de renom, celui que l'on surnommait "le peintre des âmes" recevait le Tout-Paris artistique des années 1830 chaque vendredi. Ils s'appelaient Chopin, Delacroix, Dickens, Géricault, Ingres, Lamartine, Liszt, Renan, Rossini, Tourgueniev et... Georges Sand, une grande amie de Ary Scheffer qui habitait elle aussi le quartier de 1842 à 1847, square d'Orléans. L'auteur de "La Mare au diable" occupe au rez-de-chaussée une place de choix : 170 documents, du mobilier, des objets d'art et des portraits lui sont consacrés. Au bout d'une allée bordée d'arbres, le pavillon à l'italienne avec sa cour pavée plantée de rosiers est noyé sous la glycine. Et, dans la serre ou sous les frondaisons, en toute quiétude, au salon de thé "Un thé dans le Jardin", autour de tables et sur des chaises en fer forgé vertes comme l'écrin naturel du jardin, vous pouvez déguster un large choix de collations (de mars à octobre), entre soupe du jour, tartes salées, salade Caesar, assiette de tomates mozzarella, financier, cake et glaces bio. Une halte bucolique et secrète au coeur de la ville : que demander de plus à Paris ? - "Musée de la Vie romantique - Hôtel Scheffer-Renan" - 16, rue Chaptal. Tél. : 01 55 31 95 67. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18 h. M° Blanche, Liège, Pigalle ou Saint-Georges. Bus : 30, 67, 68 et 74.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Cafés
commenter cet article
19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 09:23

 

 

 

 

ClosdesCapucinsVueChateauetVienne.jpg

 

 

 

 

ClosdesCapucinsVignescoteChateau.jpg

 

 

ClosdesCapucinsVignesetManoir.jpg

 

 

ClosdesCapucinsTableDejeuner.jpg

ClosdesCapucinsZeldaetAlice.jpg

 

 

ClosdesCapucinsAliceMise.jpg

 

 

ClosdesCapucinsZeldaMise.jpg

ClosdesCapucinsZeldaMise2.jpg

ClosdesCapucinsFiona.jpg

 

Jeudi dernier, c'était jour de mise en bouteilles chez Fiona Beeston au Clos des Capucins à Chinon pour sa cuvée de Perfectly Drinkable 2013 - avec des vignes situées à trois kilomètres sur le lieu-dit Les Fondrières (1 hectare) -, Le Clos des Capucins 2012 et 2013 - qui domine la Vienne et fait face au Château de Chinon (1,5 hectare), et une petite cuvée d'une vigne de 80 ans sur 30 ares proche des Fondrières. Tout s'est bien passé : il ne reste plus qu'à patienter jusqu'à septembre pour les boire. D'ici là, bon appétit et... large soif quand même ! - "Le Clos des Capucins" - "3, rue du Pavé-Neuf (37500 Chinon).

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Vignerons
commenter cet article
15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 10:04

VincentPousson.jpg

LHorlogeSerge-Franc-ois.jpg

LHorlogeToroCastanuelo-92.jpg

HorlogeCarte-Producteurs-L-Horloge-2014.jpg

HorlogeHotel.jpg

LHorlogePoussonTerrasse.jpg

LHorlogeAuvillarHalle.jpgAujourd'hui, spécial copinage avec Vincent Pousson qui est allé faire le commis, tout le mois de juillet, au restaurant "L'Horloge" à Auvillar dans le Tarn-et-Garonne. Une auberge que je ne connais mais qui, à travers les articles publiés par Vincent sur son blog "Idées liquides et solides"******, vaut le détour. Il nous raconte la genèse de sa décision de passer en cuisine. Je vous la livre in extenso, sans commentaires. Juste ajouterai-je qu'au fil de cette lecture, s'il y a un garçon qui m'a donné envie de faire les 652 kilomètres qui me sépare (depuis Paris) de "L'Horloge", de Serge François son cuisinier, de sa carte en forme d'étendard des producteurs locaux, de cette Gascogne peu médiatisée, de ces femmes et ces hommes qui savent si bien parler de leur pays et de l'âme de sa cuisine ancrée, c'est bien Vincent Pousson qui nous passionne avec son parcours livré au fil du quotidien. Lisez-le, c'est un peu long, mais au bout, vous filerez dare-dare là-bas, comme j'ai l'intention de le faire moi-même (il y a aussi des chambres). Voilà le texte publié par Vincent sur son blog le 25 juin : "Pour les jeunes comme moi, en juillet, il faut trouver des jobs d'été. Normes et contraintes administrativo-syndicales aidant, voila, en France, un sport de plus en plus difficile à pratiquer. Et, puis, pour avoir expérimenté une rafale d'emplois saisonniers, je finis par avoir des exigences. Ramasser les melons de Cucuron (ou plutôt en trimbaler les cageots), pousser des disques, vendre des journaux, faire le camelot ou le broc', j'ai déjà donné! Mais il y a un job d'été dont je conserve un souvenir ému, c'était pompiste. Pompiste dans mon village de baptême, en Luberon, à Lourmarin*, chez le pauvre Dédé Baumas avec lequel, dans la chaude poussière de son garage et les effluves de super, en rigolant un peu des Parisiens (pardon…), nous tenions des statistiques précises sur les caractéristiques techniques des estivantes motorisées. Bashung assurait en voisin la bande-son. C'était hier ou presque, il y a trente-cinq ans. - Fort de cette expérience à laquelle je repense avec tendresse, j'ai décidé de passer le mois de juillet (et d'y embarquer ma femme et mes amis) non pas dans une station-service comme celle de Dédé, mais sur une aire de repos d'autoroute. Et pas n'importe laquelle! Sûrement une des plus belles de France, comme c'est écrit sur la pancarte de l'entrée.Retrouver cette "aire d'autoroute", c'est, pour moi, pour nous, une joie immense. D'autant plus grande qu'elle est totalement imprévue. Cette chance inespérée, je la dois, nous la devons à un échec retentissant* sur lequel, dès que nous aurons récupéré nos billes (ce qui n'a pas l'air simple vue la mesquinerie de nos ex-"amis"), nous pourrons définitivement tourner la page. Et, bien sûr, comme le chantait si bien ce cher Claude, pour tourner la page, il faut "changer de paysage". Cap sur un de mes pays de cœur et de sang: la Gascogne. - Je vais passer trois semaines, cet été, dans la cuisine d'un des chefs que je respecte le plus. Oh, désolé, pas un de ceux auprès desquels les midinettes (mâles ou femelles) de la fourchette font des selfies, rosissant(e)s, le sourire hésitant entre satisfait et benêt. Pas non plus un de ces produits marketing hipstérisés (tatouages en avant, barbe taillée millimétriquement, tout brushing dehors, négligé chic) qui posent dans Libé ou dans les fanzines de la foodisterie sponsorisés par Nestlé, Monsanto, Métro & Cie. Et encore moins un de ces théoriciens de la déstructuration, de l'enculage de mouche, un de ces politiciens de la casserole opportunément greenwashés, drapés dans un terroir imaginaire, "paysans de la ville", non, juste un cuisinier. - L'affaire de "l'aire d'autoroute", ça s'est fait en quelques mots, sans emphase, presque comme une boutade. Il y a un mois, Valérie, son épouse au, téléphone, apprenant nos déconvenues: "tu n'as qu'à venir faire le commis de Serge…" Serge, c'est Serge François. Je vous ai déjà parlé de son restaurant non répertorié dans les guides à la mode, L'Horloge, à Auvillar, merveilleux village de brique rose aux confins du Tarn-et-Garonne, du Gers et du Lot-et-Garonne, à cinq minutes de l'A 62 (sortie n°8 Valence d'Agen). Dans cette restauration qui se régale de vendre son âme au Diable de la malbouffe, Valérie et Serge sont des atypiques, des extrémistes, des jusqu'au-boutistes". À leur façon, avec l'accent du Sud-Ouest, ils me font penser à ce cher Fred Ménager, le paysan-cuisinier de La Ferme de La Ruchotte: la matière première est leur religion. Serge continue à acheter chez les cultivateurs du coin, à faire vivre les pêcheurs d'alose*** et de lamproie, à vénérer sa bouchère de Dax. "Aubergiste-militant" proclame-t-il sur la carte de visite qu'il fera sûrement imprimer dès que les démons de la com' auront raison de sa modestie naturelle (mais quasi-maladive). Valérie, elle, parle aux oiseaux et aux herbes. Grande prêtresse du bio, elle nous engueule quand nous nous risquons (rarement!) sur les rives de la gastronomie chimique. Son dernier grand projet, c'est un poulailler de village, projet dans lequel elle a entraîné ses amis d'Auvillar. - Ce village d'Auvillar, perché sur un balcon de Garonne, je l'ai découvert il y a quatorze ans, à l'occasion d'un long article de L'Esprit du Sud-Ouest pour lequel j'avais descendu le fleuve de sa source jusqu'à l'Océan. Connaissez-vous d'ailleurs un des mystères de la source de la Garonne, ce gouffre où ses eaux encore parfumées de montagne se déversent juste après avoir jailli de terre? Ce lieu des Pyrénées espagnoles, découvert par le spéléologue Norbert Casteret, on l'appelle le Trou du Toro. - Un toro justement sera au menu de ce mois de juillet, de ce Mano a mano gascon qui se déroulera sous les platanes de la terrasse. Car, Serge a décidé une nouvelle fois de faire revivre la tradition locale: du 6 au 26 juillet inclus, à L'Horloge, on va donc manger un toro entier, un toro brave. Pas n'importe lequel, celui qui est photographié tout en haut de la page. Castañuelo, enfant plein de caste de la ganadería Cebada Gago, est mort à Pentecôte, avec les honneurs. Il vient d'être élu par les aficionados meilleur toro de l'édition 2014 de la Feria gersoise de Vic-Fézensac. - - - Je sais, certains vont me dire, la corrida… Vous n'aimez pas ? C'est votre choix, je le respecte. Moi, en tout cas, je ne laisse pas une carcasse de plus d'une demi-tonne sur le bord de l'assiette. Surtout quand il s'agit d'un bestiau de race, descendant d'auroch, élevé pendant cinq ans, comme un prince, dans un de ces décors dont l'Andalousie a le secret. Et puis, il y a son nom, Castañuelo qui m'évoque un modeste pueblo de la sierra de Aracena, frontalière de l'Estrémadure et du Portugal, vers Jabugo, là où dans la dehesa, les cerdos ibéricos mangent des des glands. - Serge a commencé à cuisiner le toro à Auch, chez Daguin****, où il fut longtemps le bras droit du fratriarche de la cuisine gasconne. Cette viande distinguée, qui aura mûri de cinq à sept semaines, il en connaît tous les secrets, toutes les recettes, crues, braisées, grillées; modeste commis, j'essayerai de lui donner la main pour les ressusciter, les adapter aussi à un autre trésor apporté par les bonnes fées qui se sont penchées sur le berceau de ce Mano a mano gascon: la truffe. De la truffe? En plein été ? Oui, oui, de la pure Tuber melanosporum, pas un succédané habilement noyé sous l'huile "de truffe" synthétique. Et fraîche qui plus est! Un miracle? Oui, d'une certaine façon, la chance de connaître un des plus grands diamantaires du Monde, Jean-Luc Clamens, la maison Gaillard, à Caussade, spécialisée dans la truffe haute-couture. Il importe en Europe des truffes des antipodes, elles arrivent directement d'Australie, où nous sommes bien sûr en hiver, en pleine saison. Je sais, ce n'est pas trop Kilomètre Zéro comme idée, un peu exotique*****, mais la truffe, ça ne se transporte pas à la tonne ! Et puis, l'idée de cet incroyable mano a mano, la perspective de vous offrir réunies, au delà du calendrier, ces deux saveurs magiques, toro & truffe, marquées dans nos gènes, nous a enchantés. - Évidemment, avec tout ça (et plein d'autres merveilles sorties du garde-manger de Serge et des campagnes environnantes), il va bien falloir boire un coup. Nous devrions normalement récupérer les super bouteilles des vins de nos copains (toujours élégamment séquestrées par d'anciens "amis"**), quoiqu'il en soit, rassurez-vous, on ne manquera de rien, on boira propre, sain, pur. Et comme on évitera soigneusement l'abus de modération, pas question de se mettre dans le cornet des vins aromatisés au glyphosate ou autres délices chimiques! Non pas un, mais deux sommeliers y veilleront: Jérôme Riols, bien sûr, le sommelier résident (ça fait un peu Dj d'Ibiza!) de L'Horloge, et, pour la première fois en France, Isabelle Brunet from Barcelona (entre autres…). À propos d'Espagne, on s'attend notamment à un autre mano a mano, sur la carte des vins, entre l'élève et le maître, entre les resplendissants riojas et autres arlanzas d'Olivier Rivière et les séveux côtes-du-marmandais d'Élian Da Ros. Et puis plein d'autres choses, des surprises, dans la catégorie "vin qui à quelque chose à dire", de quoi se mettre à la hauteur de la cuisine de culture, de générosité, de vérité préservée, maintenue par Serge François. Je ne vous en dis pas plus pour l'instant, sachez que plusieurs soirées tapas sont prévues, dont une le 12 juillet ainsi que des repas de gala les 24 et 26. Si ça vous tente;;;". - - - * Où il me tarde d'aller m'enfiler une ou deux bouteilles de côtes-du-rhône 2011 "cuvée spéciale" de mon pote Michel Tardieu, une petite bombe de finesse. - ** Certains d'entre vous le savaient, avec ma compagne, Isabelle Brunet, ainsi que notre amie Fanny Asco, nous devions ouvrir, le 21 juin dans une petite coopérative des Corbières, un restaurant devenu à la suite d'une rafale de péripéties, de paroles en l'air, d'une bonne dose de renoncements et de ce qu'il faut de manque d'envie et de noblesse, une guinguette saisonnière. À force d'être tiré vers le bas, d'être dilué, ce projet, sans doute surdimensionné, trop ambitieux par rapport à l'endroit où nous devions le faire, a donc fini par capoter. Nous en sommes, encore une fois, désolé pour tout ceux qui avaient réservé ou manifesté leur intention de venir au trou-du-cul-du-Monde faire la fête avec nous. Après notre refus unanime de continuer dans cette galère, les propositions, les offres ont fusé (merci à tous de votre amitié et de votre soutien!), mais soyons clairs, nous n'avions pas le temps de monter pour cet été un projet cohérent, un projet avec du sens, des valeurs, comme celui que nous avions inventé. Pas question non plus de nous résoudre à faire du bas-de-gamme à la va-vite; des restaurants qui servent du Métro, du Brake & Cie, il y en a suffisamment comme ça, pas besoin d'en ajouter un à la liste. - *** Il s'est même fait un jour coincer pour "trafic d'alose", traiter comme un malfaisant, alors que ces aloses, arrivées à l'Océan, finissent souvent dans les filets des pêcheries industrielles qui en font de la pâtée pour chats ! - **** Nous avons d'ailleurs récemment appris avec fierté qu'André Daguin viendrait manger notre cuisine en juillet, accompagnée de sa fille Arianne qui se bat comme une diablesse pour défendre la cause du foie gras aux États-Unis. - ***** Dans le même ordre d'idée, nous utiliserons un poivre indien d'une grande finesse, rapporté directement du Kerala, l'occasion de faire un clin d'œil à la belle association Inde Deux Trois qui contribue à scolariser des enfants de cette région du sous-continent. À vot' bon cœur m'sieurs-dames ! - ****** Pour suivre les péripéties de cette aventure, Le blog de Vincent Pousson : http://ideesliquidesetsolides.blogspot.fr/ - http://ideesliquidesetsolides.blogspot.fr/ et aussi sur Facebook. "L'Horloge" - 2, place de l'Horloge (82340 Auvillar, Tarn-et-Garonne). Tél. : 05 63 39 91 61. Fermé samedi au déjeuner et vendredi et du 20 décembre 2014 au 8 janvier 2015. 12 chambre de 60 à 88 € (petiit-déjeuner 12 €). Menus : 24, 32 et 42 €. Carte : 35-70 €. A 28 km d'Agen, 42 de Montauban et 62 d'Auch. Bon appétit et... large soif ! - Photo Vincent Pousson : Les Cinq du Vin.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 10:04

Frangin_Bernard.jpg

BistrotsdeLyonBernardFrangin.jpg

A l'ombre des bouchons et cafés de Lyon, selon Bernard Frangin René Besson, dit Bobosse, était le maître es bouchon lyonnais. Comme il pensait que les Parisiens étaient en train de voler leurs bouchons aux Lyonnais, il commit sa définition incontournable du bouchon lyonnais. C'était dans les années 70 :"Le critère de base, c'est une liste de dix articles qui doivent toujours être à la disposition de la clientèle. Mais attention, c'est une liste limitative. Pas question de faire de la restauration à côté. Donc : le pied de porc, les tripes à la lyonnaise, le tablier de sapeur, l'andouillette, la cochonnaille (dans laquelle il y a le saucisson chaud), la raie au beurre noir, la salade de groin d'âne aux gratons, les lentilles en salade, la cervelle de canut et le saint-marcellin de la Mère Richard". A cela, il ajoutait trois vins : le mâcon, le beaujolais et le côtes-du-Rhône. A l'apéro, pour se laver la bouche, le montagnieu n'étant pas excommunié systématiquement. Bernard Frangin, homme de bouche et de lettres du paysage lyonnais et grand chroniqueur-journaliste de ses choses-là au quotidien "Le Progrès", les a explorées sur le pavé même de la ville. Il a appliqué à la lettre le mot de Léon Blum, un théoricien du socialisme : "Le café est le salon du pauvre". Il a arpenté les bouchpns et les cafés lyonnais pour nous livrer leur histoire et les légendes qui vont avec. Ce livre est salvateur : sans doute est-il épuisé ? Il vous faudra donc piocher chez les bouquinistes. Je conseille sa lecture à tout patron propriétaire de ce qu'il croit être un bouchon à Lyon. Et encore plus à ceux qui voudraient tenter l'aventure. En guise de mise en bouche apéritive, lisez-donc : "Sur le seuil du "Bar des Amis", j'ai marqué l'arrêt et pressé le bras d'Amédée : - Ecoute ! Il a dû sentir qu'un geste aussi théâtral prouvait que j'avais un léger coup dans l'aile. En foi de quoi il m'a tendu une oreille amicale, mais radicalement découragée d'avance. - C'est dans les instants privilégiés comme celui-ci qu'il est bon de croire au surnaturel et que vient flotter autour de nous la rayonnante présence des absents ! La hardiesse de la formule ne l'a pas désarçonné. Amédée est un roc. Muet mais vigilant et habile à vous éviter l'écueil dérisoire qui couperait l'envol. - On a beau être un vieil agnostique et avoir élevé ses enfants dans le plus farouche rationalisme, il arrive que la logique vacille. Est-ce que tu me suis ? Par chance c'était le cas. - Amédée, je ne suis pas un ivrogne, tu le sais. Je n'ai jamais eu qu'une grande soif dans ma vie : celle de l'âme. Inextinguible, je n'ai pas peur de le dire ! Tu peux témoigner que nous n'avons jamais vidé un pot pour le simple plaisir de transvaser le liquide, mais pour que le verre vide devienne une loupe métaphysique qui permette de mieux scruter celui qui nous fait face. Je l'ai entendu murmurer : - ça c'est sûr ! - Que sont nos amis devenus, mon pauvre Amédée ? Je devais commencer à l'énerver. Il s'est dégagé. Il suffit parfois d'un infime mouvement, une imperceptible brisure d'amitié, pour vous dégriser. J'ai renoncé d'un bloc à la litanie des complices défunctés, ce redoutable de profundis de comptoir, qui vous remonte au coeur quand l'alcool vous a rendu plus sensible que critique et j'ai dit gravement : - Je pense à Georges Haldas. Amédée m'a fait le cadeau d'une seconde de curiosité : - Tu ne l'as jamais recontré. - Si ! A travers ses bouquins. Je me rappelle qu'il disait : "Âme des cafés, c'est à toi qu'à travers leur folie meurtrière ou leur besoin fou de communion, je suis entré en relation, mieux que partout ailleurs, avec les hommes. Et au-delà d'eux, avec le grand arbre de l'Homme et de son coeur. En état de permanente agonie et de non moins permanente genèse de lui-même." Il était un peu scié : - Redis-mois ça ! - Et c'est pourquoi, humbles et terribles cafés, miroirs de la condition humaine et parfaits inspirateurs en poésie, contre tous ceux qui vous méprisent, je vous rends grâce ici et vous salue. Amédée m'a souri : - Tu es peut-être moins saoul que moi." - Bonne lecture, bon appétit et... large soif ! - "Bistrots de Lyon, histoires et légendes", par Bernard Frangin, additionné d'un précieux "Lexique des bistrots de Lyon", par Marjorie et Guy Borgé (Ed. du Progrès, 1983).

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 15:34

CafeTabac20140710 155428Genovese

CafeTabac20140710 154441Frédéric

CafeTabac20140710 154807Cappu

CaféTabacGenoveseLogoParis 18e : "Café-Tabac", un nouveau rendez-vous popu-chic aux Abbesses Les marchandes de quatre saisons sont parties depuis des lustres, les boutiques de fringues dominent ici ou là, mais les petits commerces de bouche font de la résistance. Ainsi en va-t-il de ce nouveau rendez aux Abbesses, "Café-Tabac". Drôle de nom d'ailleurs, puisqu'il ne fait pas tabac (lui, c'est la porte à côté), mais café uniquement. Charlotte et Frédéric Monnier se sont installés à fleur de carrefour Durantin-Ravignan dans un lieu coloré et gai. Le public popu-chic du quartier - déjà des aficionados (on y voit les patrons du "Miroir" et de "Jour de Fête)- a pris ses marques, et vient dès potron-minet (enfin, pas trop tôt quand même), et même en famille au goûter avec les enfants, pour tâter des bonnes choses de la maison. Du café d'abord, à l'italienne, celui décliné en espresso, ristretto et cappuccino d'un torréfacteur du cru, "Genovese". Les croissants viennent de chez Gontran Cherrier, le pain de la boulangerie Lumé (un couple franco-japonais), tous deux rue Caulaincourt et les délicieuses mini-pâtisseries (madeleine, financier et autres) sont le fait de Charlotte qui est la bonne fée gourmande d'ici. Au déjeuner, sandwich au quotidien avec les produits de "La Jurassienne" voisine (rue Ravignan juste en face) ou des oeufs froids au bacon. Frédéric assure le rôle du barista à partir d'une Wega flamboyante. Le café est un mélange issu de petites parcelles en commerce équitable de divers pays : Brésil, Colombie, Costa Rica, Ethiopie, Inde, Indonésie, Kenya et Panama. Ma version préférée sera le ristretto. La maison "Genovese" s'appuie sur une tradition datant de 1936 alors que son fondateur, Giuseppe, était docker sur le port de Gênes. Il eut ensuite l'idée d'ouvrir un magasin de cafés à une centaine de kilomètres, sur la Riviera Ligure, à Albenga. L'amour du produit, la torréfaction - en séparant les origines de chaque typologie de cafés - et le service aux clients, depuis leurs locaux modernes contruits en 2003 restent ceux d'une maison familiale, à l'aune de la culture du café développée par le fondateur Giuseppe, puis par ses fils Dario et Piero. Le "ristretto", avec ses notes d'épices, de chocolat, de pain grillé, d'une très faible acidité, est ici servi dans les règles de l'art, et se déguste presque à la régalade, mais avec volupté. Les journaux quotidiens et les livres pour enfants sont à disposition en sus. C'est le meilleur "ristretto" de ce petit coin de la Butte et au-delà. - "Café Tabac". 1bis, rue Ravignan (18e). Tél. : 01 42 51 44 53. Fermé lundi. Ouvert de 8 h 30 (un brin plus tard pendant la période d'été) à 18 h 30.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Cafés
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • : Au quotidien, la cuisine selon les saisons, les vins selon l'humeur, la littérature qui va avec, les bistrots et les restaurants, les boutiques qui nourrissent le corps et l'esprit, bref tous les plaisirs de bouche et de l'âme.
  • Contact

Profil

  • toutnestquelitresetratures
  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.
  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.

Recherche

Pages

Catégories