Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 20:57

LesSaveursduPalaisCarnets.gifLes-saveurs-du-palais0303.jpgPour les gourmets curieux, revoir ce film jubilatoire, ce sera encore possible sur la chaîne "CinéPremier" le mercredi 5 mars à 13 h 30. Catherine Frot y incarne la cuisinière de François Mitterrand alors qu'il était Président de la République. Elle a exerçé de 1988 à 1990 à l'intention des invités privés du Président. Voilà ce que j'en écrivais le 25 septembre 2012 sur ce blog : "Hier, bonne soirée de cinéma avec le film de Christian Vincent, « Les Saveurs du Palais », inspiré de l’histoire d’une cuisinière originaire de la Dordogne, Danièle Delpeuch, qui fût la cuisinière privée de François Mitterrand à l’Elysée de 1988 à 1990. Catherine Frot est dans le rôle titre. Le film est tourné en partie à l’Elysée même, mais aussi en studio à Bry-sur-Marne et dans différents châteaux, à Chantilly et à Vigny, et en Islande pour la partie qui se déroule dans l’Antarctique, où la cuisinière, ayant quitté l’Elysée, a exercé pendant 18 mois, à quelque 11.000 km de La Borderie, son village périgourdin. Jean d’Ormesson est dans le rôle du Président, quelque peu discret, mais c’est Catherine Frot qui joue, c’est le cas de le dire, merveilleusement son rôle d’actrice, ayant appris les gestes de la cuisinière, et à vraiment réaliser les plats suggérés, comme ce chou farci au saumon qu’elle mitonne pour son premier déjeuner élyséen. Ensuite, il y aura la chaudrée, le filet de bœuf en croûte ou le fameux pâté dit « L’oreiller de la Belle Aurore », en forme d’hommage à l’épouse de Brillat-Savarin, et l’incontournable saint-honoré. Le foie gras et les truffes sont aussi de la partie, Sud-Ouest oblige (mais il n’y a pas de truffes dans les pommes sarladaises, s’il vous plaît !). Et pourtant, le film a été conseillé par quelques maîtres en la matière, Gérard Besson, ancien deux étoiles Michelin rue du Coq Héron à Paris, Guy Legay qui fût chef du Ritz et Elisabeth Scotto, une journaliste qui pratique le stylisme culinaire. Autre personnage de talent, Jean-Marc Roulot, comédien et aussi propriétaire du Domaine qui porte son nom à Meursault, tout-à-fait savoureux dans le rôle du maître d’hôtel de la salle à manger privée. Le film doit beaucoup à Edouard Nignon, lui empruntant plusieurs citations extraites de son livre « Eloge de la cuisine française », dans une langue que l’on utilise plus, selon le mot même du Président. Dans ce film donc, on y mange (bien) et on y boit (tout aussi bien), savennières Coulée de Serrant, saumur-champigny des frères Foucault et château Rayas, c’est d’ailleurs mieux que bien, on savoure l’esprit des dialogues, on se régale de situations où le politique se mêle des rivalités entre cuisine centrale et cuisine privée : tout est bien vu, le ton est juste, l’émotion aussi est joliment présente. Dans le film Hortense part, on ne sait trop pourquoi, en Nouvelle-Zélande pour planter une truffière, Danièle, elle, est devenue Mazet-Delpeuch, et donne toujours des cours de cuisine dans sa maison périgourdine de la Borderie." Son livre de 1997, « Carnets de cuisine du Périgord à l’Elysée, a été réédité chez Bayard Culture.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 22:26

Histoiredelalimentation.jpg

"Comme le remarquait Marc Bloch, rien de ce qui fait l'ordinaire d'un déjeuner à notre époque, de la salade de tomates au café, en passant par le bifteck frites, n'aurait pu y figurer avant la Renaissance. L'évolution du contenu nutritif du régime alimentaire, si déterminant pour le destin biologique des populations, est loin d'avoir été linéaire. Les famines ne sont pas nécessairement d'avant-hier ni la suralimentation d'aujourd'hui." - (André Burguière commente le livre de Jean-Louis Flandrin et Massimo Montanari, Histoire de l'alimentation, Fayard, 1996 ; in Le Nouvel Observateur, 19-25 décembre 1996). Merci à un lecteur et néanmoins ami qui se reconnaîtra, Jean-Pol B. de Wallonie.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Littérature
commenter cet article
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 17:38

Gargamelle-copie-1.jpg

"Voici de quelle manière Gargamelle enfanta : et si vous ne le croyez pas, que le fondement vous échappe ! Il lui échappa un après-midi de février, après qu'elle eut mangé de grasses tripes de coireaux. Les coireaux sont des boeufs engraissés à l'étable et dans les prés que l'on fauche deux fois l'an. On avait fait tuer trois cent soixante-sept mille et quatorze de ces boeufs gras pour qu'ils soient salés le mardi gras et que l'on eût au printemps des salaisons à foison. Car le salé, pris au début des repas, fait bien mieux descendre le vin. Les tripes furent copieuses, ainsi que je vous l'ai dit, et si succulentes que chacun s'en léchait les doigts. Mais il était difficile de les conserver longtemps, car elles se seraient pourries, ce qui aurait été indécent ; aussi décida-t-on de les manger, sans en rien perdre. Dans ce but, on convia tous les citadins de Sainnais, de Suillé, de la Roche-Clermaud, de Vaugaudray, sans oublier ceux du Coudray, de Montpensier, du Gué-de-Vede et autres voisins, tous bons buveurs, bons compagnons et beaux joueurs de quilles. Le bonhomme Grandgousier y prenait un plaisir bien grand et ordonnait que l'on servît dans des écuelles. Il recommanda toutefois à sa femme qu'elle en mangeât le moins possible, vu qu'elle approchait de sa délivrance et que cette tripaille n'était pas viande très favorable. Celui-là, disait-il, a grande envie de manger merde, qui en mange jusqu'au sac. Nonobstant ces remontrances, elle en mangea seize muids, deux tonneaux, et six pots. Ô la belle matière fécale qui devait boursoufler en elle. Après dîner, tous s'en allèrent pêle-mêle à la saulaie, et là, sur l'herbe drue, dansèrent au son des joyeux flageolets et des douces cornemuses, et si ardemment que c'était un passe-temps céleste de les voir ainsi se divertir." - François Rabelais - Gargantua, livre I, chapitre III.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Littérature
commenter cet article
28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 10:04

EugeneKrantz-etat-major.pngEugène Krantz (sur la photo, derrière le guéridon) a tiré sa révérence peu avant ses cinquante ans, le 27 février 1899 à Mulhouse, là où il était né dans une famille de cuisiniers. Parmi les cuisiniers du XIXe siècle, l'homme n'était guère connu. Il est vrai qu'il avait quasiment accompli toute sa carrière à la cour du Tsar de Russie, Alexandre III, dont il était l'intendant-général, l'officier de bouche dès 1881, le Kamer-fourrier disait-on à la cour de Russie. Chef des cuisines impériales, dirigeant pas moins de 700 personnes, c'est lui qui était à la manoeuvre - mais pas à bord du train même à cause d'un bateau manqué - lors de ce fameux et tragique voyage qu'Alexandre III, accompagné de toute sa famille, fît à travers la Russie en 1888. Pendant trois mois, du 24 août au 18 octobre, pas moins de 16.000 kilomètres furent parcourus en train avec une brigade de 85 personnes à bord. Banquets officiels, déjeuners de chasse, dîners de gala, repas privés et "intimes" d'une vingtaine de personnes rythment l'activité de la brigade. C'est au cours d'un déjeuner intime, le 17 octobre, au moment où le train passe à la gare de Borky, près de Sébastopol, que les événements se produisent. Alexandre III et son épouse, Dagmar de Danemark (Maria Fiodorovna), sont dans leur wagon-salle à manger en compagnie de notables régionaux. Au menu, huîtres de la Mer Noire, potage Parmentier, petis pâtés variés, côtelettes de veau au jus, puis vînt l'entremets sucré, la semoule à la crème qui était servie chaude. C'est alors que tout autour paraît se volatiliser, le train dérailla. Le Tsar, sa famille et ses invités furent tous sains et saufs. Mais dans un des wagons des cuisines, vingt-trois marmitons ont été tués. - "L'approvisionnement, les cuisines et le service de table de LL. MM. l'Empereur Alexandre III dans le voyage à travers les Russies en 1888" par Eugène Krantz, dans "Le Dictionnaire universel de cuisine pratique" de Joseph Favre (Editions Malgat).

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Livres
commenter cet article
27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 18:55

Rouge-Blanc.jpgNé en novembre 1983, la petite revue trimestrielle imprimée sur un papier recyclé avec des photos en noir et blanc continue, comme cela était souligné dans "Vitisphère" de mai 2010, "de labourer le sillon d'une viticulture où le vin porte la marque de l'homme, au moins autant que celle du terroir". La marque de l'homme, c'est celle de vignerons que la petite équipe de "Le Rouge & le Blanc" croque au fil du temps. Les fruits de la vigne y sont détaillés au terme d'enquêtes de terrain avec toutes leurs dents, jusqu'à parfois mordre aussi. Mais l'esprit d'analyse critique domine chez eux, en toute indépendance, "sans complaisance injustifiable ni agressivité injustifiée". On rappellera aussi que, dans un monde du vin dans lequel les intérêts financiers dominent, cette revue est animée par un collectif : un groupe constitué d'amateurs passionnés qui ne subit aucune pression - la revue est vierge de toute publicité -, poursuivant la découverte de toute une frange de la jeune génération de vignerons qui font du vin avec du raisin. Avec eux, nous sommes sûrs depuis une trentaine d'années que la volonté de refuser la standardisation des goûts continuera d'exister, que l'expression de chaque terroir sera défendue, que la culture et le traitement chimiques de la vigne seront combattues, les clones productifs itou, que les gros rendements et les vendanges à la machine ne seront pas leur tastevin, que chaptalisation, enzymage, filtration, levurage et sulfitage abusif ne sont pas de ces mamelles auxquelles ils s'abreuvent. A contrario, ils s'intéressent depuis le début à toute démarche qualitative - culture biologique et biodynamie -, sans exclusive ni militantisme. C'est ainsi qu'ils s'inspirent de Francis Ponge avec cet extrait de "Le grand recueil, Pièces" déjà publié hier : « Comme de toutes choses, il y a un secret du vin ; mais c’est un secret qu’il ne garde pas. On peut le lui faire dire : il suffit de l’aimer, de le boire, de le placer à l’intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance, il parle. » De cette aventure qui dure, ils ont ainsi porté les prémices d'une approche nouvelle de la viticulture, dans laquelle le tout chimique n'a pas sa place bien sûr, mais dans un combat qui reste à mener, soyons vigilants, pour les vins de terroir que nous aimons tant. Cette bande de guetteurs et goûteurs de vins organise pour fêter leur trentième anniversaire une dégustation-rencontre le dimanche 27 avril (de 11 à 18 h) avec quelques vignerons d'élite (des litres). Ils s'appellent Catherine Riss et Lucas Rieffel en Alsace, Markus Altenburger dans le Burgenland (Autriche), Rémi Dufaître dans le Beaujolais, Clyril Dubrey, Closeries des Moussis dans le Bordelais, Laurent Fournier, Julien Guillot et Thomas Pico en Bourgogne, Antoine et Jean-Baptiste Arena en Corse, Comando G en Espagne, Apostolos Thymiopoulos en Grèce, Davide Spillare en Vénétie (Italie), Olivier Horiot et Aurélien Laherte en Champagne, Damien Courbet et Etienne Thiébaud dans le Jura, Maxime Magnon dans le Languedoc, Sébastien Brunet, Emmanuel et Stéphanie Caslot, Mathieu Coste, Jérémie Mourat et Jérémie Huchet dans le Val de Loire, Laurent Charvin, Paul Estève, Pablo Höcht, Clos des Mourres et Nicolas Renaud dans la Vallée du Rhône, Cyril Fahl et Marjorie Gallet dans le Roussillon, Thomas Finot, Dominique Lucas et Jean-Yves Péron en Savoie et l'Isère et Damien Bonnet et Fabien Jouves dans le Sud-Ouest. - 27 avril de 11 à 18 h à "La Cartonnerie" - 12, rue Degeurry, 75011 Paris. - Et je veux aussi rappeler ceux qui sont les fondateurs de cette revue mythique, qui l'ont portée sur les fronts baptismaux et, avec un comité de rédaction - animé par François Morel - jamais en manque d'espoirs et de travail, la font perdurer... pour encore 30 ans au moins : Michel Bera, Michel Bettane, Jean-Benoît Chabrol, Noëlla Chaillou, Bruno Genty, Antoine Madrid, Jean-Pierre Robinot, Nicolas Ross et leurs complices Max Anchel, René Brousse, Thierry Gontier, Vincent Le Roy, Guy Mandery. - Allez, bon appétit et bien sûr... large soif !

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Vignerons
commenter cet article
26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 19:34

« Comme de toutes choses, il y a un secret du vin ; mais c’est un secret qu’il ne garde pas. On peut le lui faire dire : il suffit de l’aimer, de le boire, de le placer à l’intérieur de soi-même. Alors il parle. En toute confiance, il parle. » Francis Ponge (Le grand recueil, Pièces, 1961). Demain, vous en saurez un peu plus... en attendant, bon appétit et... large soif !

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Littérature
commenter cet article
25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 09:59

GuideMichelinFrance2014bisLe Guide Michelin 2014 a dévoilé son palmarès hier. On sait désormais que le seul trois étoiles promu est Arnaud Lallement de "L'Assiette Champenoise" à Reims-Tinqueux (Marne). Mais que se passe-t-il avec Alain Ducasse ? Avouons de suite que c'est un brin compliqué... Le Bibendum lui a enlevé ses trois étoiles au "Plaza-Athénée" (Paris 8e), et c'est bien légitime, puisque le restaurant et l'hôtel sont fermés pour travaux. Depuis Alain Ducasse a pris la direction des cuisines du restaurant de l'hôtel "Meurice" (Paris 1er) que le Guide Michelin avait couronné à trois étoiles en 2013 alors que son chef, Yannick Alleno, avait annoncé son départ en décembre 2012. Peu de temps après la publication de l'édition 2013, les dirigeants du Michelin avait annoncé que les trois étoiles étaient enlevées au "Meurice". Donc, le restaurant partait vierge de toute étoile pour l'édition nouvelle et, potentiellement, était de nouveau en course pour les trois étoiles. Hors, dans le palmarès fourni à la presse hier, nul trace d'une quelconque promotion d'Alain Ducasse dans le cercle restreint des trois étoiles. Mais, petits arrangements entre amis, le Michelin s'est contenté de laisser les trois étoiles de son prédécesseur (qu'il lui avait pourtant finalement enlevées). En toute chose, il faut un brin de constance : il fallait assurément enlever les trois étoiles de Ducasse au "Plaza-Athénée" et, comme nouveau restaurant, le promouvoir au "Meurice". C'est ainsi que le Guide Michelin l'a d'ailleurs fait avec un restaurant du Beaujolais à Fleurie (Rhône), "Le Cep", que Chantal Chagny a quitté, et qui est indiqué dans le dossier de presse comme étant supprimé du guide. En revanche, on le retrouve dans la liste des promus à 1 étoile avec ses nouveaux propriétaires (aidés par Georges Duboeuf et Alain Ducasse), en salle Laurent Lachize et en cuisine Alain Souliac, ce dernier ayant travaillé à la Ferme aux Grives, dans les Landes chez Michel Guérard et qui, par ailleurs, a cotoyé Alain Ducasse pendant dix ans. De même, "La Villa Madie" à Cassis (Bouches-du-Rhône) a obtenu deux étoiles. Mais à qui ont-elles été données ? A Jean-Marc Banzo qui était venu du "Clos de la Violette" à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) - auquel le Michelin a d'ailleurs enlevé l'étoile - ou à son successeur, Dimitri Droisneau qui n'a repris l'établissement que le 13 février (le Michelin était imprimé depuis longtemps) alors que Jean-Marc Banzo recréait le "Clos de la Violette" au sein de l'Hôtel Renaissance à Aix-en-Provence ? Bizarre, bizarre... vous avez dit bizarre ? Autre perle dénichée dans le communiqué de presse du Guide Michelin, l'affirmation suivante : "La sélection 2014 est également riche de six nouveaux restaurants 2 étoiles... [dont] Il Cortile, à Mulhouse (68) - le premier chef italien de France à obtenir deux étoiles...". Michelin a la mémoire qui flanche ou alors ses dossiers ne sont pas bien tenus : il est vrai qu'il faut remonter au millésime 1951 pour trouver un 2 étoiles italien dans la sélection du guide, il s'agit du "San Francisco" (rue Mirabeau, Paris 16e) où un certain Berdondini pratiquait les spaghetti aux fruits de mer, les côtes de volaille au foie gras et la pizza napolitaine ! Allez, bon appétit quand même et bien sûr... large soif !

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Livres
commenter cet article
24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 12:12

GuideMichelinFrance2014bis

GuideMichel2014ArnaudLallement

GuideMichelin2014PrésentationScèneLe Guide Michelin 2014 a livré son verdict : la nouvelle édition paraît - comme celle de l'an passé - bien frigide et, de plus, inconsistante, avec, comme je l'avais déjà annoncé, un nouveau 3 étoiles, Arnaud Lallement à "L'Assiette Champenoise" à Reims-Tinqueux (Marne). Côté 2 étoiles, d'abord ceux déjà évoqués sur ce blog, Olivier Nasti du "Chambard" à Kaysersberg (Haut-Rhin), Akrame Bellabal à Paris 16e et "La Table du Connétable" à Chantilly (Oise), mais il y aussi un restaurant italien - c'est une première pour le guide - niché dans une demeure du XVIe siècle à Mulhouse, celui de Stefano d'Onghia, "Il Cortile", "Kintessence" avec Nicolas Salle à Courchevel (Haute-Savoie) - ce qui porte à 6 le nombre de deux étoiles dans la station hivernale ! -, et la "Villa Madie" à Cassis (Bouches-du-Rhône). Parmi les cinq restaurants qui perdent leur deuxième étoile, on notera de façon étonnante "Apicius" (Paris 8e) de Jean-Pierre Vigato, les autres étant "L'Auberge de l'Ile" à Lyon (Rhône), "Casadelmar" à Porto Vecchio (Corse), "Hostellerie Jérôme" à La Turbie (Alpes-Maritimes) et "Le Saint-Martin à Vence (Alpes-Maritimes). Côté 1 étoile, on notera parmi les possibles déjà indiqués en ces pages, "1741" de Thierry Schwartz et Cédric Moulot à Strasbourg (Bas-Rhin), "Loiseau des Ducs" à Dijon (Côte-d'Or), "Roscanvec" à Vannes, "Likoké" à Les Vans (Ardèche), et à Paris, "Jin" (1er), "ES" (7e), "Okuda" (8e), "Septime" (11e), mais aussi "Goust" (2e), "La Scène" (8e), "Qui Plume la Lune (11e), "Saint-James" (16e) et "Rech" (17e) qui est dans la galaxie Ducasse. Parmi ceux qui ont perdu leur unique étoile à Paris, on notera "35° Ouest" (7e), "Stella Maris" (8e), "L'Instant d'Or" (8e), "Le Lumière" (9e) et "La Bigarrade" (17e). Dans l'ensemble, cette édition ne suscite guère d'enthousiasme, le Guide Michelin étant plongé depuis des années dans une sorte d'aphasie critique, victime de la succession de dirigeants plus ou moins compétents, d'une politique de marketing intensive, du passage sur internet facturé aux restaurateurs, et d'un manque total de transparence tout autant que de décisions qui, désormais, semblent prises au gré de l'air du temps et sont incohérentes, voire même injustes (par exemple, l'étoile pourtant incontestable que mérite "Vin sur Vin" à Paris et qui lui a été retirée l'an passé). Le Guide Michelin continue ainsi de mettre au zénith quelques jeunes chefs tout en oubliant de reconnaître les talents d'autres, plus anciens, qui restent toujours dans les tuyaux d'une promotion qui ne vient jamais (Alain Dutournier au "Carré des Feuillants à Paris 1er). De même, on y privilégie la cuisine dite "créatrice" puisant souvent dans les saveurs du monde autant que dans un arsenal de techniques inspirées de la cuisine moléculaire au détriment d'une cuisine de tradition mettant au zénith les produits et le terroir. Bien sûr, le Guide Michelin reste une Bible, de papier sans doute, mais le mythe s'écorne d'année en année, ayant du mal à entrer de plain-pied dans la nouvelle configuration de la gastronomie française. C'est ainsi que nombre de bistrots parisiens et en province qui attirent un public fidèles sont ignorés par Bibendum : la liste de ce que j'appelle "les oubliés du Michelin" s'allonge donc (article à venir). Désormais, il y a donc 610 restaurants étoilés, avec au total 8.861 établissements recommandés (4.384 restaurants, dont 650 Bib Gourmand, et 4.477 hôtels et maisons d'hôtes), dont 492 nouveaux. Le Guide Michelin 2014 sera en librairie le 28 février au prix de 24 € (sur le site de la boutique Michelin, 22,80 €).

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Livres
commenter cet article
24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 10:11

GuideMichelinFrance2014bis

GuideMichelin2014PresentationScene.jpgLe grand show médiatique du Guide Michelin pour son édition 2014 a commencé. Les résultats dans quelques minutes...

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Livres
commenter cet article
22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 17:52

Interdirephoto.jpgLes flash qui crépitent dans les restaurants, les créations culinaires qui sont diffusées sur le net, le téléphone portable que l'on dégaine dès le début du repas, tout cela énervent les chefs qui en ont ral-le-bol de constater (pas de contrepéterie !) que les clients mitraillent leurs assiettes. De quoi s'agitait-il ? Les Japonais, depuis des lustres à Paris, font oeuvre de pionniers de la photo volée de plat pour reproduire la présentation de l'assiette à l'identique chez eux. Aujourd'hui, le phénomène s'est développé à outrance. Chacun, c'est-à-dire le commun des mortels, y va de son clic-clac, merci Kodak (quoique la marque a quasiment disparu de la circulation) ! Est-ce pour autant choquant ? En fait, que nenni ! La blogosphère des pseudo-spécialistes de la gastronomie contribue largement à la diffusion des images de plats. Autant dire qu'essayer d'empêcher la diffusion est illusoire. Le logo qui apparait sur certaines cartes avec l'interdiction de prendre des photos parait dérisoire. Si ce logo existe déjà chez Alexandre Gauthier, chef étoilé à "La Grenouillère" à La Madelaine-sous-Montreuil (Nord), et si un chef triplement étoilé comme Gilles Goujon, à "L'Auberge du Vieux-Puit" à Fontjoucouse (Aude) pense qu'on lui enlève un brin de la propriété intellectuelle de son plat, le mouvement ne prend guère forme. Pour y parvenir, il faudrait plutôt faire comme jadis au Far-West, c'est-à-dire demander à ces nouveaux cowboys enfouraillés de laisser leur attirail à l'entrée du saloon, une fois les portes battantes franchies. Ici, donc, laissons les portables au vestiaire dès l'entrée... Allons à la table vierge de tous éléments de pillage visuel. Accordons-nous juste la grâce de passer un bon moment avec notre vis-à-vis, histoire de chalouper autour des saveurs sensuelles du plat, des effluves amoureuses qu'il distille et des promesses qu'il offre pour la suite. Et n'oubliez pas, en l'occurrence, d'avoir bon appétit et bien sûr... une large soif !

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • : Au quotidien, la cuisine selon les saisons, les vins selon l'humeur, la littérature qui va avec, les bistrots et les restaurants, les boutiques qui nourrissent le corps et l'esprit, bref tous les plaisirs de bouche et de l'âme.
  • Contact

Profil

  • toutnestquelitresetratures
  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.
  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.

Recherche

Pages

Catégories