Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 17:47
Nice : La Merenda fête ses 50 ans avec Dominique et Danièle Le Stanc
Nice : La Merenda fête ses 50 ans avec Dominique et Danièle Le Stanc
 
 
Proche du Cours Saleya et de son emblématique marché du Vieux-Nice, un bouchon-estaminet niçois, La Merenda, vient de fêter ses 50 ans avec Dominique Le Stanc et sa femme Danièle.
 
Fondée en mai 1966 par Christiane et Jean Giusti, puis reprise par les Le Stanc en 1996, cette table est restée dans son jus depuis son premier jour, célébrant ainsi une enseigne populaire qui, en patois nissard, veut dire "casse-croûte" (merenda). D'ailleurs, cette simplicité se retrouve dans un confort spartiate : pas de réservations parce que pas de téléphone, tabourets en bois, pas de chèque et, bien sûr, pas de cartes plastiques. Et un vélo devant la porte qui indique que la maison est ouverte. Ce qui fait dire à Dominique: "Chez moi, il faut passer une première fois pour réserver la table, une deuxième fois pour manger".
 
Dominique Le Stanc, qui fût un élève brillant du Cerf à Marlenheim (sa femme est née Husser), est passé par l'Auberge de l'Ill à Illhaeusern, Lenôtre et Alain Senderens au temps de l'Archestrate à Paris, Alain Chapel à Mionnay, avant faire ses classes de chef au Bristol à Nierderbronn-les-Bains et de "s'expatrier" sur la Côte d'Azur. On le voit un moment à Monaco ou au Château d'Eza à Eze-Village, avant de remplacer le grand Jacques Maximin au Chantecler à l'Hôtel Negresco, en 1989, où il obtient 2 étoiles Michelin en 1993.
 
Sa cuisine? Immuable, dans son intégrité, dans son authenticité : tarte de Menton aux oignons et aux olives niçoises, petits farcis, tourte de blettes, pissaladière, sardines farcies, pâtes au pistou al dente, beignets de fleurs de courgettes, stockfish (morue), tripes, daube provençale et queue de boeuf. Du grand art.
 
Avec son joli coude-à-coude, son décor façon kitsch qu'éclairent quelques oeuvres d'Arman et César, un unique et incontournable serveur, Axel, Koni le plongeur du Bénin, le Château Les Crostes (Côtes-de-Provence) se boit à la régalade avec cette magique cuisine de marché et de produits, La Merenda de Danièle et Dominique Le Stanc est peut-être le meilleur bouchon du monde ?
 
Bon anniversaire à La Merenda, bon appétit et large soif !
 
La Merenda - 4, rue Raoul-Bosio (ex-rue de la Terrasse). Fermé samedi et dimanche. Pas de chèque, ni de cartes de crédit.
Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 15:10
Guide Michelin 2017 : le jeune chef étoilé de France est Breton, Baptiste Deneuil, à Guer (Morbihan)
Guide Michelin 2017 : le jeune chef étoilé de France est Breton, Baptiste Deneuil, à Guer (Morbihan)
  
Pour Baptiste Deneuil, sa valeur n'attend pas le nombre des années : à 26 ans, il devient le plus jeune chef étoilé dans le Guide Michelin France 2017, à "L'Auberge Tiegezh", à Guer (Morbihan).
 
Après un apprentissage chez des chefs étoilés bretons, Jean-Marie Baudic (Saint-Brieuc) et Jérémie Le Calvez (Saint-Pol-de-Léon), il a quelque temps travaillé dans le groupe Ducasse. Il a ouvert ensuite avec sa femme Marion à Guer en 2013 , reprenant en partie la crêperie de sa maman qui tient encore "Krampouz" (la star des crêpières).
 
"Tiegezh", c'est "famille" en breton ! Nous y sommes donc, avec une cuisine de base classique qui apporte des notes modernes autour de produits fermiers, de poissons et de légumes. Les cocos de Paimpol cuits au bouillon, parmesan et galette de blé, pigeon confit avec poire farcie et cuisses au nougat de foies et figue fraîche, sablé aux zestes d'agrumes, ganache chocolat et sorbet au yuzu sont servis dans un élégant décor contemporain. Bon appétit et large soif !
 
Auberge Tiegezh - 7, place de la Gare. 56380 Guer. Fermé mardi au dîner, dimanche au dîner, lundi.
 
 
Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 15:23
Guide Michelin France 2017 : des tables étoilées sanctionnées

Dans le Guide Michelin France 2017, cinquante tables perdent deux étoiles ou une seule étoile. Ci-après la liste exhaustive :

Gra

La Grande Maison de Joël Robuchon remplacée par Gagnaire  

Château de Cordeillan Bages à Pauillac (33)

Le Cygne à Gundershoffen (67)

De 2 étoiles à Une…

La Table du Connétable à Chantilly (60)

Il Cortile à Mulhouse (68)

La Table du Lancaster à Paris

L’Amphitryon à Toulouse (31)

Suppressions 1 étoile…

Million à Albertville (73)

Le Diapason, Avignon (84)

Auberge du Cheval Blanc à Bayonne (64)

Villa Eugénie, Biazrritz (64)

Armen, Brest (29)

La Barbacane, Carcassonne (11)

Côté Marché, Chambéry (73)

Fleur de Sel, Clermont-Ferrand (63)

La Cédraie, Curzay-sur-Vonne (86)

Les Jardins de Sophie, Gerardmer (88)

La Rémanence, Lyon (69)

Mia, Montpellier (34)

Léa, Montrevel-en-Bresse (01) (vendue)

Goust d’Enrico Bernardo, Paris

Le Céladon, Paris

La Truffière, Paris

Okuda, Paris

Le Diane, Paris

Hiramitsu, Paris

Jacques Faussat, Paris

La Table de Pouyaud, Périgueux

Hostellerie de la Pomarède, La Pomarède (11)

La Table du Cala Rossa, Porto-Vecchio (Corse)

Le Montrachet, Pouilly-le-Fort (77)

La Coquerie, Rennes (35)

Youpala Bistrot, Saint-Brieuc (22)

Auberge Le Relais, Reuilly Sauvigny (02)

Chartron, Saint-Donat-sur-l’Herbasse (26)

Le Chalut, Saint-Malo (35)

Esprit Terroir, Strasbourg (67)

Auberge du Père Bise, Talloires (74)

La Roche le Roy, Tours (37)

La Table de l’Ours, Val d’Isère (73)

L’Epicurien, Val-Thorens (73)

L’Angélique, Versailles (78)

 

Guide Michelin France 2017 - A paraître le 15 février.

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 14:19
Guide Michelin France 2017 : les 57 nouveaux 1 étoile
Voici une liste exhaustive des 57 nouveaux étoiles (1 étoile) du Guide Michelin France 2027 :
 
Paris : Nicolas Sale aux Jardins de l'Espadon (Hôtel Ritz) ; Mathieu Pacaud au Divelle ; David Bizet à l'Orangerie (Hôtel George V) ; Simone Zanoni au Le George (Hôtel George V) ; Pierre Rigothier à La Scène Thélème, le Palais-Royal, Sushi B, Restaurant H, Alliance, Akrame, L'Archeste, L'Escargot 1903 (Puteaux).

Nord-Est : Racine (Reims), l'Arnsbourg (Baerenthal), Haut Bonheur de la Table (Cassel), la Liégeoise (Wimereux), Girardin (Colmar), l'Alchémille (Kayserberg) et Julien Binz (Ammerschwihr).

Sud-Est : Mickaël Feval et Pierre Reboul (Aix-en-Provence), Fanny Rey (St-Rémy-de-Provence), le Domaine du Colombier (Malataverne), les Explorateurs (Val Thorens), le Roc Alto (St-Véran), Le Saint-Martin (Vence), le W (Annonay). Skab (Nimes), Palégrié (Corrençon-en-Vercors), Château Blanchard (Chazelles-sur-Lyon), Aux Anges (Roanne), Jérémy Galvan et Miraflores (Lyon), la Palmeraie (La Croix-Valmer), le Jardin de Benjamin (Lorgues), L'Olivier à St Tropez et le Champ des Lunes (Lauris-Lourmarin).

Sud-Ouest : le Château de Mirambeau, l'Imaginaire (Terrasson-Lavilledieu), le Moulin de l'Abbaye (Brantôme), L'Aparté (Montrabe), le Skiff Club (la Teste-de-Buch), le Logis de la Cadène (St-Émilion), le Hittau (St-Vincent-de-Tyrosse), le Château de Mercuès, l'Atelier de Gaztelur (Arcangues) et l'Océan (St Jean de Luz).

Nord-Ouest : le 1912 (Trouville), Maximin Hellio (Deauville), Pertica (Vendôme), la Table de la Bergerie (Champ-sur-Layon), Fontevraud le Restaurant (Fontevraud), l'Auberge Tiegezh (Guer), Terre-Mer (Auray), Rodolphe (Rouen), Les Genêts (Brem-sur-Mer), la Robe (Montaigu).
 
A suivre. Bon appétit et large soif
!
Guide Michelin France 2017 - A paraître le 15 février.
Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 11:49
Guide Michelin France 2017 : un seul nouveau trois étoiles, Yannick Alleno à Courchevel
 
Le Guide Michelin France 2017 a livré son palmarès : c'est le cru plutôt riche a vu le jour, avec une table promue à 3 étoiles - Yannick Alleno au "1947" à Courchevel (il est déjà 3 étoiles au "Ledoyen" est à Paris) -, 12 avec 2 étoiles et 57 à 1 étoile.
 
Pour le millésime 2017, le Guide Michelin France, il recense 616 tables étoilées (de plus seize en 2016), dont 70 nouvelles et 52 supprimées, et 27 trois étoiles, 86 deux étoiles et 503 une étoile.
 
Pour les 2 étoiles, on retiendra "Le Clarence" de Christophe Pelé (Paris), "La Grenouillière" d'Alexandre Gauthier (Montreuil-sur-Mer), "Hôtellerie de Plaisance" de Ronan Kervarrec (Saint-Emilion), "La Grande Maison" de Bernard Magrez (Bordeaux), "Le Pressoir d'Argent" de Gordon Ramsay (Bordeaux), "Le Gindreaux" de Pascal Bardet (Saint-Médard près de Cahors), "Le Pré" de Xavier Beaudiment (Durtol près de Clermont-Ferrand), "Le Kintessence" de Jean-Rémi Caillon (Courchevel), "Le Montgomerie" de Gatien Demczyna (Courchevel), "La Maison des Bois" de Marc Veyrat (Manigod) et "Kei" de Kei Kobayashi (Paris).
 
Michelin France Guide 2017, parution le 15 février.
Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 08:03
Guide Michelin France 2017 : le George V, le premier hôtel au monde 5 étoiles
Guide Michelin France 2017 : le George V, le premier hôtel au monde 5 étoiles
Guide Michelin France 2017 : le George V, le premier hôtel au monde 5 étoiles
Guide Michelin France 2017 : le George V, le premier hôtel au monde 5 étoiles
 
Un petit scoop matinal pour la sortie du Guide Michelin France 2017, le" George V" à Paris (8e) sera le premier hôtel du monde 5 étoiles, avec ses trois restaurants, "Le Cinq" du Breton Christian Le Squer (trois étoiles en 2016), "Le George" de Simone Zanoni (nouvelle étoile en 2017) pour une cuisine de la Méditerranée et "L'Orangerie" de David Bizet (nouvelle étoile en 2017) autour des quatre saisons.
 
Dans le Guide Michelin France 2017, il y aura 616 étoiles, 70 nouvelles et 52 supprimées.
 
A suivre, à partir de 11 heures. Bon appétit et large soif !
Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 15:21
"Peyo l'Ami Jean" nous a quittés : à un Grand Basque la Patrie reconnaissante


C'était une figure du Pays Basque à Paris. "Peyo l'Ami Jean", Pierre Pagueguy, s'en est allé au paradis des restaurateurs à l'âge de 78 ans. En 2003, il avait cédé son emblématique bistrot de la rue Malar dans le 7e arrondissement, "L'Ami Jean", à Stéphane Jego, un ancien second de Yves Camdeborde à "La Régalade" (Paris14e). Depuis, il passait sa retraite chez lui, au Pays Basque.


Pierre Pagueguy, originaire de Saint-Esteben, était monté à la capitale alors qu'il avait quatorze ans. Ensuite, il fait de son antre, proche de l'Assemblée nationale et des anciens studios de la télévision de Cognacq-Jay, une institution basque parisienne. Sa table était fréquentée par un public d'hommes politiques, d'agriculteurs qui venaient au Salon chaque année, de rugbymen, de journalistes, d'artistes et d'artisans du goût de sa chère cuisine basque élargie aux deux côtés des Pyrénées.


Le grand Roger Couderc -- "Allez les petits", le "seizième" homme de l'équipe de France de rugby -- y tenait ses agapes, comme d'autres, tel Georges de Caunes, qui sacrifiait au rite de sa paella, des députés régionaux de tous bords politiques, Jean-Pierre Destrade et Michel Inchauspé, François Bayrou ou Jean Espilondo, l'ancien champion de pelote basque Pierre Lissar, le pilier international du XV de France Pascal Ondarts comme les "gros pardessus" de la Fédération, Albert Ferrasse et Guy Basquet, le chanteur Michel Etcheverry, jusqu'à un grand public basque qui envahissait la rue, toutes bandas déployées, comme lors de la finale de l'année 1982, perdue par l'Aviron Bayonnais face à Agen.

Les obsèques se sont déroulées lundi 30 janvier en la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne dans une nef bondée, où l'on reconnaissait Stéphane Jego, Pierre Cachau, ancien bistrotier basque proche de l'Hôtel Drouot de Paris, le boulanger Jean-Luc Poujauran, Michel Etcheverry, Jean-Louis Calméjane, ancien journaliste de la défunte ORTF et de France Télévision, et Pierre Tourlier, le chauffeur de François Mitterrand.


Et, bien sûr, l'un de ses plus fidèles clients parisiens, le cardinal basque Roger Etchegaray, âgé de 94 ans, natif d'Espelette, avait tenu à envoyer à la famille de "Peyo l'Ami Jean" un message d'hommage…

Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 17:17
Guide Michelin 2017, avant-première !
 
En avant prendre connnaissance du palmarès du Michelin 2017, je nous livre le portrait quand brosse la rédaction, elle-même. Où on constate que le locavorisme prend sa place, des légumes du jardin sont dans les cocottes, que le terroir n'est pas qu'un prétexte, des producteurs locaux sont reconnus partout, que des chef venus d'ailleurs s'intégrèrent de plus en plus dans le hexagone. Cela annonce-t-il la "révolution" du Michelin à travers cette édition 2017 ? Lisons d'ici après :
 
 "Locavorisme : une lame de fond

Cette année, toute une génération de jeunes chefs, épaulés par leurs aînés, confirme une tendance double : celle du retour au produit, et de la prééminence du goût sur le visuel. Les deux vont de pair. Moins de nuages, de mousses évanescentes ; place au terroir, à l’identité affirmée. On ne va pas au restaurant pour faire des photos mais pour manger. Une nouvelle ligne a envahi les ardoises des tables : « Les légumes de mon jardin ». Priorité au locavorisme, à savoir les circuits courts, et les partenariats avec les producteurs locaux, qui font vivre leur terre, parfois une région toute entière. Les inspecteurs du guide MICHELIN ont assisté cette année à un amusant retournement : les cartes ont raccourci au profit d’énoncés parfois minimalistes tandis que la mise en avant du producteur, sur la carte et en salle, n’a cessé de prendre de l’importance. Comme si les chefs, à leur tour, retournaient la politesse à ceux sans lesquels leur talent ne pourrait s’exprimer : les paysans, petits producteurs, pêcheurs, maraîchers, éleveurs, fromagers… Naturellement, le guide MICHELIN 2017 est le reflet de cette évolution !
 
La cuisine, championne du monde de la diversité… et de l’intégration

Il est des évidences qu’il est parfois bon de rappeler : parce qu’elle récompense le travail, l’envie et la détermination, la cuisine est un formidable vecteur d’intégration. Le guide MICHELIN 2017 en est la preuve, puisqu’il célèbre, encore davantage que les années précédentes, des professionnels de toutes nationalités. Aujourd’hui, à Paris comme en province, à la tête de brigades souvent prestigieuses, officient des chefs pakistanais, tunisien, péruvien, argentin, coréen, israélien, grec, chinois, britannique, australien, allemand, arménien, africain du Sud, brésilien, etc. – sans compter les chefs japonais, dont l’adaptabilité et la légendaire précision se confirment chaque année. Il n’existe pas en France de plus puissant vecteur de diversité et d’intégration que la cuisine. Chacun y arrive chargé de son histoire personnelle, de celle de son pays d’origine, qu’il réinvente, adapte, confronte, conteste, surpasse, épice, découpe en lamelle, ou propose dans sa vérité brute. La cuisine française, c’est Marianne qui sourit. Et la France qui reprend des couleurs."

"Guide Michelin 2017" - Palmarès publié le jeudi 9 février, parution le 15 février.
Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 12:14
"Une maison sans odeur de nourriture est un lieu inhabité"
 
Elle est anthropologue et historienne : elle s'appelle Lilia Zaouali et raconte les odeurs de la maison dans "A boire et à manger"*.
 
"Un mélange de chat et de bois ciré embaume l'escalier du vieil immeuble parisien. Je monte les cinq étages en retenant ma respiration, j'arrive à bout de souffle. Je sonne et j'attends face au judas. La porte s'ouvre enfin et je suis entraînée dans une fumée de viande et de beurre brûlée. Je suis conduite dans le salon et installée dans un fauteuil confortable et sous un enchevêtrement de poutres en bois. De grands lampadaires diffusent un faible éclairage...
 
L'odeur du steak qui grésillait dans la poêle m'a poursuivi durant tout le voyage de retour en métro, de la Bastille jusqu'à ma chambre de bonne à Passy. La fumée du rôt, dirait Rabelais.
C'est curieux que ce souvenir se soit imprimé de façon si précise dans ma mémoire, j'y repense avec amusement et cela me rappelle ces innombrables histoires drôles que mon père nous racontait quand nous étions petits et qui nous faisaient mourir de rire. La scène se déroule dans un souk à Bagdad, un homme s'arrête devant une rôtisserie, il renifle, il respire le fumet de viande avec délectation, se lèche les babines et s'apprête enfin à s'en aller. A ce point, le rôtisseur lui tend la facture, le prix de l'odeur de la viande ! Je me dis alors que je l'ai échappé belle ! Je suis tombée chez des gens bien généreux.
 
Ce n'était certes pas la viande cuite dans du beurre qui était la cause de mon émotion, ce n'est pas mon plat préféré. C'était tout autre chose, l'odeur de la cuisine domestique, évocation de la maison et la famille, la protection, la sécurité, le temps où je trouvais le repas prêt et servi quand je rentrais de l'école. On s'attablait tous en même temps, ma soeur, mes trois frères et nos camarades qui habitaient trop loin de l'école et que ma mère nourrissait tous les jours à midi.
 
Les soirs d'hiver, nous étions accueillis par les vapeurs du potage aux poireaux, aux pommes de terre et aux carottes, ou du bouillon de viande au céleri. En tout cas, le dîner était forcément un plat chaud et liquide mais qui se faisait attendre. Je rentrais toujours de l'école affamée. L'odeur d'un plat qui mijote est le propre d'une maison accueillante."
 
D'où la conclusion de Lilia Zaouali qui est devenue le titre de cette chronique, "Une maison sans odeur de nourriture est un lieu inhabité". Bon appétit bien sûr et, aussi, large soif !
 
"A boire et à manger", sous la direction de Roger Feuilly, votre serviteur, et Périco Légasse, rédacteur en chef à "Marianne", Editions Labor-PAC, novembre 2006). 
Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans A boire et à manger
commenter cet article
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 09:24
Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de La Reynière, un gastronome au pays des Lumières
 
Il a incarné pendant plus d'un demi-siècle l'esprit des Lumières et la flamboyance à la française. Son nom, Grimod de La Reynière. Jean Haechler, spécialiste du XVIIIe siècle, lui rend hommage à travers une biographie enlevée et riche de documents d'époque.
 
Balthazar était célèbre pour ses festins somptueux autant qu'extravagants et sa table était un des salons qui font le siècle, un haut lieu de la vie intellectuelle, fréquentée qu'elle était par Beaumarchais, Rétif de La Bretonne et bien d'autres personnages de l'époque.
 
Grimod de La Reynière fut ainsi l'ancêtre de tous les dégustateurs et écrivains gastronomiques. En quelque sorte le premier gourmet moderne. En professionnel aussi, assouvissant son penchant de façon quasiment gratuite, et même d'en retirer des bénéfices. Son coup de génie ? Créer un "jury dégustateur" qui se réunissait à son domicile de la rue des Champs-Elysées - où fournisseurs, pâtissiers et traiteurs envoyaient les produits de leur négoce ou de leur art - ou au célèbre "Rocher de Cancale" raconté par Balzac et où officiait le célèbre Baleine.
 
Au début du XIXème siècle, Balthazar eut une autre idée de génie. Il fut le fondateur de la presse gastronomique et des guides de même fonction. C'est ainsi qu'il crée "L'Almanach des gourmands" qui parût huit fois de 1803 à 1812. Il y donnait un "itinéraire nutritif" dans lequel il passait en revue les commerces d'alimentation et les restaurants de Paris, distribuant compliments ou mauvaises notes. En quelque sorte, l'ancêtre du Guide Michelin : les cuisiniers et les commerçants de bouche vivaient alors le même état d'esprit qui, aujourd'hui, saisit les chefs au moment de la parution du guide rouge.
 
La biographie de Jean Haechler nous entraîne à la table de Grimod de La Reynière et du savoir-vivre qu'il y distille. Carême, cuisinier aussi mégalomane que le fût Balthazar, parle de lui ainsi : "La Reynière ne fut pour rien dans les rapides progrès que la cuisine moderne a faits depuis la renaissance de l'art".  Mais, ce qui restera néanmoins de l'homme, c'est qu'il a su stimuler l'imagination du public, comme le note Jean-François Revel dans "Un festin en paroles" (Editions Jean-Jacques Pauvert) : "Comme tous les critiques gastronomiques, il eut pour fonction de constituer une rhétorique culinaire, créant dans les esprits cette anticipation gustative qui, de simple aliment qu'il était, fait de chaque plat un discours dans une assiette. Condition sans laquelle l'armée des gastronomes prodigues ne saurait être mobilisée. Dans son "Manuel des amphytrions", La Reynière impose définitivement le nouveau type de service, celui que nous connaissons, mettant fin à la vieille méthode des buffets successifs qui consistait à disposer simultanément plusieurs plats sur la table". Ainsi était née la méthode de servir plat à plat que Grimod de La Reynière considérait comme le raffinement de l'art de bien vivre, avec le moyen de manger chaud, chaque plat étant alors "un centre unique auquel viennent aboutir tous les appétits".
 
Jean Haechler, à travers cette biographie, nous indique ainsi que le personnage a été un maître de la sensibilité gastronomique de l'époque. Son livre est à déguster avec bon appétit et large soif !
 
"Balthazar Grimod de La Reynière, un gastronome à la table des Lumières (novembre 2016, Séguier, éditeur de curiosités, 280 pages, 21 €)
Repost 0
Published by toutnestquelitresetratures - dans Littérature
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • : Au quotidien, la cuisine selon les saisons, les vins selon l'humeur, la littérature qui va avec, les bistrots et les restaurants, les boutiques qui nourrissent le corps et l'esprit, bref tous les plaisirs de bouche et de l'âme.
  • Contact

Profil

  • toutnestquelitresetratures
  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.
  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.

Recherche

Pages

Catégories