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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 08:36
Un apéro à LyonUn apéro à Lyon

Citation lyonnaise

"Pour se laver la bouche, à l'apéro, le montagnieu ne sera pas excommunié systématiquement !" - "Bistrots de Lyon,histoires et légendes", de Bernard Frangin aux Editions du Progrès.

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 09:14
Paris 5e : retour à l'AOC, ça vous dit quelque chose ?
Paris 5e : retour à l'AOC, ça vous dit quelque chose ?
Paris 5e : retour à l'AOC, ça vous dit quelque chose ?
Paris 5e : retour à l'AOC, ça vous dit quelque chose ?
Paris 5e : retour à l'AOC, ça vous dit quelque chose ?
A deux pas de l'Institut du Monde Arabe (IMA), ce bistrot fleure bon le terroir et l'authenticité, vantant une cuisine dans laquelle un public de gourmets décontractés taille laguiole ou  thiers en main. La terrine maison posée sur la table, les sardines millésimées à l'huile de la Belle-Îloise à Quiberon, les charcuteries de Laborie à Parlan (Cantal), le jambon de truie des Pyrénées de Ramon Arrosagaraï, persillé à souhait, la caillette solognote au sanglier en saison, le poulet pattes noires de Barreau, l'andouillette AAAAA de Duval, les viandes de boeuf sélectionnées aux Boucheries nivernaises - d'où le sous-titrage "Bistrot carnivore" -, le boudin basque de Christian Parra, le confit de canard siglé IGP, le cochon fermier accouru de chez Desnoyer, le chèvre de Dominique Fabre, tout ici indique que le produit est roi et choisi avec un soin d'orfèvre.
 
 
Comment d'ailleurs pourrait-il en être autrement quand l'enseigne affiche tout simplement "AOC" ? Voilà en effet le credo quotidien de Sophie et Jean-Philippe Latron. A part cela, dans leur auberge au décor revu et corrigé façon années 50, avec sa rôtissoire, ses meubles cirés, ses objets chinés, ses médailles de bêtes primées dans les concours et sa collection de guides Michelin, vous tâterez aussi d'os à moelle à la fleur de sel avec le pain de l'ami Poujauran, de raie aux câpres, de carpaccio de tête de veau gribiche, de cassoulet, de saint-marcellin de la Mère Richard, de brebis de l'Abbaye de Belloc, de riz au lait façon Teurgoule et de moelleux au chocolat Valhrona.
 
 
En sus, de jolis crus à boire à la régalade comme le sancerre de Crochet, le saumur-champigny de Sébastien Bobinet, le morgon de Foillard, le côtes-du-Rhône de Saint-Cosme, le saint-joseph de Bernard Gripa, ou le côte-de-nuits de Chopin (servi, comme tous les bourgognes, dans le verre conçu par la maison Riedel). Voilà un bistrot qui ne galvaude pas son enseigne. Menu : 29 €. Carte : 45-70 €.
 
 
L'AOC - 14, rue des Fossés-Saint-Bernard. Téléphone : 01 43 54 22 52. Fermé dimanche. Jusqu'à 23 h. M° Cardinal-Lemoine ou Jussieu. Site : www.restoaoc.com
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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:12
Illy Caffè, ça vous dit quelque chose ? Illy Caffè, ça vous dit quelque chose ? Illy Caffè, ça vous dit quelque chose ?


C'est un véritable rituel en Italie. Il rythme la vie de tous les jours puisque, selon les statistiques, 83 % de la population en consomme et 75 % des Italiens en boivent tous les jours. Il est vrai que le café est idéal pour recharger ses batteries, pour stimuler l'organisme quelque peu fatigué. Ses vertus digestives sont également connues pour les fins de repas.Vous l'avez compris, l'espresso n'est pas considéré comme une boisson destinée à étancher la soif. Il se consomme à l'italienne, dans une petite tasse et en petite quantité, ristretto, c'est-à-dire "serrré" comme on le dit en France.

L'histoire du café en Italie ? Tout le monde s'accorde pour reconnaître que le plant de café est originaire d'Ethiopie, plus précisément de la région de Caffa. Il s'est ensuite répandu jusqu'à la péninsule arabe. Les grains furent alors exportés au Soudan, en Egypte et même jusqu'à Constantinople. Ce n'est que vers la moitié du 16e siècle que les marchands vénitiens l'importèrent en Italie. Dès le début du 17e siècle, le café était consommé dans toutes les grandes villes italiennes et, dès ce moment, on le préparait avec une méthode permettant d'obtenir un café ristretto et très aromatique.

C'est Francesco Floriano qui, en 1720, ouvre le premier établissement à café au nom de "Café de la Venise Triomphante". Deux variétés sont utilisées, l'arabica et le robusta qui, bien que se ressemblant lorsqu'elles sont grillées, sont en réalité bien différentes ne serait-ce que sur le plan génétique : la première possède 44 chromosomes contre seulement la moitié pour la seconde. La qualité des deux grains dépend du climat, équatorial ou tropical, et augmente en général quand ils sont cultivés en altitude et, en revanche, le gel est fatal aux deux espèces.


Pour faire un espresso, il faut utiliser un juste dosage des deux variétés, l'arabica apportant un délicat parfum, et le robusto harmonisant le tout, mais on peut aussi choisir exclusivement l'un ou l'autre. La préférence des torréfacteurs italiens va au café brésilien dont les zones de production sont considérées depuis longtemps comme les meilleures. La règle pour obtenir le meilleur espresso : 30 secondes d'extraction avec une eau à un peu moins de 90° centigrades et à 16 atmosphères de pression. L'extraction correcte donne une crème à la couleur homogène, sillonnée, dans le meilleur des cas, de stries plus sombres appelées "tigrurees". Une couleur noisette intense à reflets roussâtres et de petites bulles compactes indiquent un mélange principalement ou exclusivement composé d'arabica. En revanche, si la couleur tend au brun sombre avec des reflets allant sur le gris et que les "mailles" de la crème sont plus larges et plus compactes, le robusta est prédominant.


Et pour ce qui concerne les arômes obtenus, votre sens olfactif travaillera intensément, entre le pain grillé, le côté fleuri, chocolaté et fruité. Pour le déguster à Paris, la maison Illy, la célèbre marque de la ville aux cent cafés, Trieste, nous offre un lieu moderne et lumineux dans lequel elle propose son fameux espresso à boire ristretto, mais aussi le cappuccino, le macchiato et autres suggestions autour du café. Egalement en vente la fameuse collection de tasses dessinée par de nombreux designers italiens ou d'ailleurs. Et, en sus, pour s'informer, la presse quotidienne française et italienne est à disposition.

Bonne dégustation, après le bon appétit et la large soif !

Espressamente Illy - 13, rue Auber (Paris 9e), téléphone : 01 42 66 12 17. Fermé dimanche. M° Opéra.

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 15:59
Venise : pour une escapade hivernale, ça vous dirait quelque chose ?
Venise : pour une escapade hivernale, ça vous dirait quelque chose ?
Venise : pour une escapade hivernale, ça vous dirait quelque chose ?

Aujourd'hui, je vais essayer de vous parler de Venise. La Sérénissime dont Paul Morand disait à peu près que l'eau de ses canaux était encre divine. Qu'ajouter après cela ? Eh bien qu'il y a dans cette ville un palace mythique, comme nul autre pareil, le Cipriani. Il s'éveille début mars et s'endort fin octobre de chaque année. Celui-ci est comme le miroir moderne de la ville.


Sur la Giudecca, il paraît comme serti dans l'environnement prestigieux que forment le dôme de San Giovanni et l'église de San Giorgio. Il reflète la ville dans toute sa splendeur. Mais d'assez loin pour que sa magie ne soit point troublée par le va-et-vient des touristes. Le Cipriani a puisé dans l'art antique des artisans vénitiens d'aujourd'hui le raffinement de ses marbres, céramiques, tables, fauteuils, chambres et salles de bain qui sont d'ailleurs de véritables salles de séjour où il fait bon se prélasser. De leurs baignoires, il est permis d'admirer des plafonds en trompe-l'oeil. Les chromatismes, partout, sont ceux de Carpaccio, Titien ou Véronèse.


Ici, le directeur vous recommande, si quelque chose ne va pas, de vous plaindre : "Nous sommes là pour cela et vous nous rendez service. Ce sont les clients peu exigeants, ajoute-t-il, qui font les hôtels négligents". Au Cipriani, vous pouvez tranquillement rêver, dans votre chambre où vous avez un panorama unique sur la lagune, Venise et la basilique palladienne de San Giorgio, à Goldoni qui passerait en traghetto, à Donizetti à la veille de la première de Lucrèce Borgia à la Fenice aujourd'hui magnifiquement rénovée, relire "Mort à Venise" de Thomas Mann ou un album de Hugo Pratt dans lequel Corto Maltese part à la recherche de quelque trésor perdu.


Ou flâner avec un bateau-taxi, ou le vaporetto, rejoindre la piazza San Marco par la navette privée de l'hôtel. Evidemment, tout ceci a un coût. Mais dans la Cité des Doges, on peut aussi loger de façon plus modeste. Par exemple, à l'Hôtel Flora, dans un palais du XVIIe, tout proche de la place San Marco, derrière la calle XXVV Marzo, l'une des plus élégantes de Venise, tenu depuis 1967 par Diana et Alessandro Romanelli. Ce charmant hôtel de luxe (40 chambres, à partir de 130 €) reste dans un esprit familial, avec un petit-déjeuner servi dans un adorable jardin fleuri, sous les lauriers.

Allez-y avec la gourmandise aux lèvres, le nez en éveil, le palais en fête et le cœur au ventre. Et, bien sûr, avec bon appétit et large soif !


Cipriani - Isola della Giudecca, Fondamenta delle Zitelle, 10 - www.hotelcipriani.com
Hôtel Flora (San Marco) Calle dei Bergamaschi, 2283A - www.hotelflora.it

 

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 19:23
"La vigne et la maison" de Lamartine, ça vous dit quelque chose ?
"La vigne et la maison" de Lamartine, ça vous dit quelque chose ?

Une grille en fer forgé précède la maison d'enfance de Lamartine à Milly (Saône-et-Loire). C'est dans cette demeure du 18e que le poète passa son enfance auprès d'une mère tendre et affectionnée. Lamartine restera toute sa vie très attaché à Milly et à ses paysages de vignobles.

A 67 ans, en 1857, Lamartine revient à Milly, sa « terre natale » au temps heureux des vendanges. « Je me couchai sur l’herbe, à l’ombre de la maison de mon père, en regardant les fenêtres fermées, et je pensai aux jours d’autrefois. Ce fut ainsi que ce chant me monta du cœur aux lèvres et que j’en écrivis les strophes au crayon sur les marges d’un vieux Pétrarque. ». Cet ensemble est un dialogue entre deux aspects du poète : "Mo"i encore sensible au charme décadent de l’automne et" L’Âme" accablée par les deuils et le sentiment de solitude.

Sincérité, poésie intime, élévation spiritualiste de la pensée, variété du ton et du rythme et musique des vers font de "La Vigne et la maison" un chef-d’œuvre lyrique personnel et largement humain.

Aussi, c'est avec douleur que Lamartine vendit en 1860 la propriété familiale pour échapper à la ruine. Après la visite du jardin, on peut voir l'intérieur encore meublé de la maison, ainsi qu'un espace « livres et documents » évoquant son enfance, ses sources d'inspiration et son activité viticole. Extrait dans lequel une ode aux vendanges: 
 
"Ecoute le cri des vendanges
Qui monte du pressoir voisin,
Vois les sentiers rocheux des granges
Rougis par le sang du raisin."

"La vigne et la maison" (1857), Alphonse de Lamartine
 
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 16:41
Avoir la patate, ça vous dit quelque chose ?
Avoir la patate, ça vous dit quelque chose ?

Avoir la patate, être en forme, de bonne humeur. C'est un langage imaginé qui dérive de l'alimentation. Nous pouvez aussi remplacer patate par "frite", par "banane" ou, comme Alain Juppé, par avoir la "pêche"...quoique, cela ne lui a guère réussi.

Dès le début du XXe siècle, la "patate" est utilisée pour désigner la tête - peu avant, on disait même la "pomme de terre". Ce n'est que plus tard, au milieu au XXe siècle, que "avoir la frite" naît. Les Belges n'y sont sûrement pas pour rien, eux qui ne démentiront pas que la frite est née de la pomme de terre.

On citera, par exemple : "J'ai une sacrée frite aujourd'hui, je pourrai courir le marathon de New-York !" Ou encore « "J'aime filer la patate aux potes". C'est Michel Fugain qui parle, maigre et barbu comme un apôtre en ascèse.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 17:03
Le Béarn gastronomique, par C...
Le Béarn gastronomique, par C...

"Voici venir la saison où Biarritz va devenir l'un des centres des fêtes artistiques, un centre mondial distinctions mondaines et où des foules de touristes vont envahir le magnifique Béarn.
Ah ! le bon Roy Henri de Navarre a donc été bien inspiré en annexant le royaume de France ! Notre pays lui doit l'admirable province qui s'étend entre Pau et la côte basque et qui réunit le triple attrait de la mer, de la montagne et d'une campagne éclairée par la plus belle lumière et la plus limpide. Et le Béarn est, en même temps qu'un paradis du tourisme, un grand "pays de gueule", un de ceux où la bonne cuisine est une raison de vivre, où l'on mange "avec dilection et béatitude", où les plaisirs de table sont estimés à la juste valeur, où gentilhommes, propriétaires, châtelains, bourgeois, artisans et paysans fraternisent dans le culte de la Bonne Chère et savent tirer le meilleur parti de tous les produits de la terre, de la mer, de la montagne, des prés et des bois, puisqu'ils sont tous pêcheurs, chasseurs, laboureurs ou vignerons.

Le Béarn a enrichi la cuisine française de deux mets classiques et sublimes : l'admirable garbure, qui constitue à elle seule un repas complet, et notre poule au pot nationale et doublement royale, puisque notre Henri IV lui donna l'investiture et qu'elle est digne de la table des rois !

Tous les gourmets savent que le délicieux foie gras "au naturel" que l'on trouve en Béarn et dans le sud des Landes peut seul égaler le foie gras du Périgord et le foie gras en croûte de Strasbourg.

Le Béarn est un grand pays de venaison. On y chasse, entre autres gibiers, le sanglier, l'isard, le lièvre de montagne, la palombe et la grive de vignes.
 
Bornée à l'ouest par l'Atlantique, au nord par l'Adour et sillonnée par tout un réseau de gaves et de torrents, cette splendide région offre au gastronome les délices combinées du poisson de mer, des crustacés, des mollusques et des poissons d'eau douce : les truites et les anguilles de gaves y sont innombrables.

La charcuterie béarnaise, avec l'illustre jambon de Bayonne, les chérimous*, la puss, les graisserons, est de la plus grande classe.

La jonchée est un fromage de lait caillé pose sur un lit de joncs élevés en panier et qui dégage un arôme et un goût d'amandes d'une exquise fraîcheur.

A la magnificence somptueuse de la cuisine béarnaise vient s'allier le charme agreste, rustique et viril de la cuisine basquaise, avec sa charcuterie paysanne si originale, son tripotchkr (boudin de veau), ses loukinks (savoureuses petites saucisses à l'ail) et son fameux tioro, rival de la cotriade bretonne et de la chaudrée rochelaise, et l'une des plus meilleures soupes de poissons que l'on puisse déguster sur la côte océane.

Le Béarn est aussi un pays de grands vins : son plus noble cru, le jurançon, est de renommée universelle. Mais à l'ardeur du beau soleil qui chauffe et éclaire les coteaux palois, mûrissent d'autres crus fameux, comme le monein et le vicq bihl. Auprès de ces grands vins blanc ou rouges du Béarn, il faut citer les excellents vins du Pays Basque, le chaud irouléguy, si fruité, si doux à boire, et les vins de Lousassos et d'Ixtassou."

C'est sous la signature de Curnonsky, Prince élu des gastronomes, Président fondateur de l'Académie des gastronomes, Président du Comité de la Rédaction de la revue Cuisine et vins de France, que cet l'éditorial est paru dans le numéro n° 9 (3e année, septembre 1949) de Cuisine et des vins de France, une revue toujours éditée, aujourd'hui par le groupe Marie-Claire.

Le style un brin désuet et ampoulé - aussi quelques approximations et inexactitudes ici ou là - rythme le texte, il est bien celui de l'époque.

Bon appétit et large soif !    
 
* Pour des noms des plats j'ai laissé l'orthographe originelle de l'auteur.
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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 18:36
Michelin 2017 : "Le guide de la finance gastronomique"
Michelin 2017 : "Le guide de la finance gastronomique"
 
Michelin, pour notre Périco national (Légasse de son patronyme, le chroniqueur-rédacteur en chef de "Marianne"), c'est "Le guide de la finance gastronomique", de "la tyrannie de l'argent", comme il l'écrit dans son hebdomadaire préféré (24 février).
 
Lisons-le : "Le seul critère intangible qui préside à la destinée des étoiles du Guide Michelin est celui du fric. Dites "de bonne table", censées qualifier la performance culinaire, les étoiles ne sont accordées qu'aux restaurants les plus chers dans les quartiers les plus riches. L'éthique du cuisinier, l'origine des produits, le respect des saisons, ce qui fait aujourd'hui qu'un restaurateur n'est pas qu'un seul transformateur d'aliments mis en scène par un styliste, et servis par des porteurs d'assiette au garde-à-vous dans un décor signé par un artiste, on s'en fout ! Deux millions d'euros d'investissement : deux étoiles. Trois millions : trois étoiles."
 
On peut crier à la caricature peut-être, mais, ajoute-t-il, "c'est l'investisseur qui l'emporte et le banquier qui décide". A l'appui, il donne l'exemple d'un aubergiste du Cantal, curieusement sans le citer (NDLR - Mais, nous savons que c'est Bernard Puech au "Beauséjour" à Calvinet), qui a jadis perdu son étoile à cause d'un crédit refusé pour refaire sa salle à manger
.
Une situation qui traduit la configuration géographique du panorama des étoiles en France. Jugeons-en : sur 4.360 restaurants cités dans le Guide Michelin 2017, il y a 615 tables étoilées, dont 27 trois étoiles, 86 deux étoiles et 502 une étoile. Paris et ses environs, à eux seuls, n'enregistrent pas moins de 108 tables étoilées, 10 trois étoiles (9 dans les arrondissements les huppés de la capitale, 6e, 7e, 8e et 16e), 16 deux étoiles (8 dans les mêmes) et 82 une étoile (46 dans les mêmes), donc notamment 71 tables étoilées qui sont concentrées là où l'immobilier parisien se négocie à prix d'or.
 
Entre Bordeaux et Lyon, il y a 23 tables étoilées (un trois étoiles, 5 deux étoiles et 17 une étoile). A Courchevel, Megève et Saint-Tropez, des villages gaulois dans lesquels on recense à peine 10.000 habitants (bien sûr beaucoup plus en saison), on compte 13 tables étoilées (trois 3 étoiles, cinq 2 étoiles et cinq 1 étoile). A Monte-Carlo - où l'on abrite pas que les pauvres -, il y a 6 tables étoilées (un 3 étoiles, un 2 étoiles et quatre 1 étoile). En revanche, l'Allier, l'Eure-et-Loir, la Haute-Vienne et la  Lozère n'ont, par exemple, qu'une étoile dans chacun des quatre départements. Et sans même parler de la Creuse, des Deux-Sèvres, de la Nièvre et des Hautes-Pyrénées qui, parmi d'autres, n'ont aucune étoile à leur palmarès.  
 
Entre Paris et ses environs - qui ne prend même pas en compte l'Île-de-France -, les seules villes de Bordeaux et de Lyon, et les petites entités richement pourvues de Courchevel, Megève, Monte-Carlo et Saint-Tropez, il y a pas moins de 150 tables étoilées sur les 615 recensées dans l'hexagone, soit près de 25 % du total. De fait, sur cette situation géographique considérée, si on ne compte que les tables 3 étoiles et 2 étoiles, elles sont 45 tables étoilés sur 113 au total, soit près de 40 % !
 
Il vaut mieux donc être coté au CAC plutôt qu'au guide du Syndicat d'initiative, comme le note Périco Légasse. Alors que la France gastronomique est la recherche du locavore, du bon et du beau, et pas dans la quête compulsive de l'escalade amphigourique du luxe et du plus cher, le Michelin continue d'être à l'origine d'un guide qui, d'année sur année, déçoit. Notamment, en n'intégrant pas nombres tables qui mériteraient au moins d'y entrer, à défaut d'obtenir une première étoile (à venir mon article annuel sur "Les oubliés du Michelin"). En attendant, bien sûr, bon appétit et large soif !
 
Guide Michelin France 2017, en vente, 24,90 €.
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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 08:34
Un film avec Reda Kateb, Silmane Dazi et Mélanie Laurent
Un film avec Reda Kateb, Silmane Dazi et Mélanie Laurent

Un film avec Reda Kateb, Silmane Dazi et Mélanie Laurent

Avec "Les Derniers Parisiens",un film qui vient de sortir, je m'éloigne des chemins du boire et à manger, mais il reste dans le toutnestquelitresetratures. Pour faire un clin d'œil à ce quartier qui est le mien depuis 1972, entre Abbesses et Pigalle, entre la brasserie parisienne, La Mascotte - où je lève le coude avec Slimane Dazi, auquel je veux ici rendre hommage au talent d'acteur - et Les Noctambules où officiait chaque nuit l'orchestre de Pierre Carré, chanteur qui s'y est produit pendant 40 ans, et est apparu sur le film "Tournée générale ! Live à Pigalle" de la Mano Negra (1998). La critique après-ci - parce que j'ai pas encore vu le film - est extraite de la rubrique cinéma Cultureboix de franceinfo:
 
"Pigalle la Blanche

Place Blanche, à Paris, quartier Pigalle, la caméra subjective frôle les passants, se faufile, perçoit les sons, le suc de la rue : on sentirait presque les odeurs. Comme Nas qui retrouve son quartier après quelques mois de tôle. Reda Kateb, qui l’interprète, vieux pote d’Hamé et Ekoué depuis le lycée, est comme chez lui, et comme à chaque fois criant de vérité. Un de nos plus grands talents. Le film ne dérogera pas à cette ambiance, cette atmosphère urbaine, propre à ce quartier typique de Paris, sans jamais tomber dans la carte postale, mais en en percevant l’âme, à travers une chronique, où défile une faune locale, avec ses gueules, sa langue, sa gestuelle.

"Les Derniers Parisiens", ce sont ces ultimes survivants, derniers résidents, habitants des quartiers populaires que la conjoncture refoule de plus en plus vers l’extérieur de la capitale. Hamé et Ekoué les connaissent bien, puisqu’ils ont passé leur jeunesse dans le quartier. Aussi, quand le projet d’un premier film s’est dessiné, c’est tout naturellement vers eux qu’ils se sont tournés. On pense à "Neige" (1981) de Jean-Henri Roger et Juliet Berto, qui se déroulait dans le même quartier, avec un ton à la "Trainspotting" (1996) de Danny Boyle, pour la chronique d’une groupe de potes embarqués dans la galère avec comme objectif d’en sortir.
 
Le génie de la place Blanche
 
Le naturalisme des "Derniers Parisiens" ne plaque aucunement la forme d’un reportage ou d’un documentaire. La fiction est bien présente, dans la portraitisation de personnages extrêmement
bien dessinés, des rôles principaux au moindre troisième couteau. Jusqu’à ce "clodo" que l’on croise de loin en loin, sans dimension dramatique propre, qui personnaliserait le génie du quartier, en serait le fil rouge. L’intrigue, minimaliste, où un repris de justice (Reda Kateb) tente de se refaire en donnant une nouvelle dimension au bar tenu par son frère (magnifique Slimane Dazi, vu récemment dans "Chouf"), est prétexte à mettre face à face deux générations de fils d’immigrés, l’un fondu, "intégré" dans le paysage ambiant, l’autre plus ambitieux, désireux de tenir les rênes. L’affrontement fratricide est poignant, avec au centre Mélanie Laurent (toujours impressionnante de vérité), chargée de réinsérer Nas et maîtresse de son frère."
 
Merci encore à Jacky Bornet, de la rubrique cinéna Culturebox de franceinfo, :)=
 
Bande annonce
https://youtu.be/qQqibc9zS-M
 
Drame de Hamé Bourokba, Ekoué Labitey (France) - Avec : Reda Kateb, Slimane Dazi, Mélanie Laurent, Yassine Azzouz, Constantine Attia, Bakary Keita, Willy L'Barge, Lola Dewaere – Durée: 1h45 – Sortie : 22 février 2017
 
 
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 08:32
Guide Michelin Paris et ses environs 2017 : 92 nouvelles adresses (Environs de Paris, 9)
Guide Michelin Paris et ses environs 2017 : 92 nouvelles adresses (Environs de Paris, 9)

Suite et fin de la liste des nouvelles adresses du Guide Michelin Paris et ses environs 2017, avec celle des tables des Environs de Paris, 9 au total. Il y en avait eu 13 l'an passé.

- Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) -

Jean Chauvel est revenu ici, au 3 B (avenue du Général-Leclerc, 1 "Assiette") sur les traces de son enfance, vantant avec un chef breton la cuisine du produit, entre brasserie et restaurant.
 
- Cernay-la-Ville (Yvelines) -
 
Dans le cadre magique de l'abbaye cistercienne du 12e siècle, cette table, en adoptant le nom du lieu, l'Abbaye des Vaux de Cernay (route d'Auffargis, 1 "Assiette"), s'inscrit dans une cuisine de tradition.
 
- Chevreuse (Yvelines) -
 
Le chef, qui a fait de belles universités gourmandes, notamment avec Eric Fréchon au Bristol à Paris, propose une cuisine traditionnelle modernisée (rue de Rambouillet, 1 "Assiette").
 
- Maule (Yvelines) -
 
La chroniqueuse culinaire Babette de Rozière, au coeur du bourg, s'est installée à La Case de Babette (rue Vincent, 1 "Assiette"), livrant la cuisine tout ensoleillée de sa Guadeloupe natale, passant ainsi de la théorie à la praxis.
 
- Puteaux (Hauts-de-Seine) -
 
A deux pas de La Défense, une table 1 étoile pour L'Escargot 1903 (rue Charles-Lorilleux) qui est sorti de sa coquille. Avec un jeune chef expérimenté, pianotant sur la cuisine du marché et des saveurs ciselées, vous aussi pouvez profiter, dès les beaux jours, de la bucolique terrasse.
 
- Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) -
 
Après six ans à l'Hôtel de Matignon, le chef connaît son affaire dans ce 10 (rue des Louviers, 1 "Assiette"), signant une carte courte, épurée et moderne, privilégiant les produits du marché et des saisons.
 
- Suresnes (Hauts-de-Seine) -
 
A fleur des tours de La Défense, une ancienne brasserie est transformée façon appartement de famille : c'est Macaille (quai Galliéni, 1 "Assiette") qui livre une cuisine de saison tout en fraîcheur.
 
- Versailles (Yvelines) -
 
Ore (place d'Armes, Pavillon Dufour, 1 "Assiette"), c'est la bouche en latin. Le décor est exceptionnel, se nichant dans un pavillon du 17e du Château de Versailles aménagé pour le Roi Soleil. La cuisine d'Alain Ducasse est évidemment à la hauteur.
 
- Vincennes (Val-de-Marne) -
 
Son atmosphère intimiste convient bien à L'Hédoniste (rue de Montreuil, 1 "Assiette"), où deux
Bretons sont associés au plus grand bénéfice d'une cuisine du marché dans laquelle leurs origines ont une place.
 
Bon appétit bien sûr, et large soif !
 
"Guide Michelin Paris et ses environs 2017", en vente.
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  • : Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • Le blog de Tout n'est que litres et ratures par Roger Feuilly
  • : Au quotidien, la cuisine selon les saisons, les vins selon l'humeur, la littérature qui va avec, les bistrots et les restaurants, les boutiques qui nourrissent le corps et l'esprit, bref tous les plaisirs de bouche et de l'âme.
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  • Je suis chroniqueur gastronomique et auteur du Guide Le Feuilly. Je suis un des fondateurs du mouvement Slow Food en France dont je fus le Président dans les années 90. Mes livres les plus récents sont "A boire et à manger", "Le Feuilly 2010.
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